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Anastasie Kouadio Assassy, responsable d’une structure agricole répond au journaliste émérite Sosthèn Doh

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3 Questions à

Que faut-il au domaine du vivrier en Côte d’Ivoire notamment à Toumodi pour que vos productions soient vraiment très améliorées?
On parle beaucoup du vivrier en Côte d’Ivoire, il y a des subventions, de l’argent, on entend que tel organisme international a donné de l’argent pour bonifier le secteur du vivrier, mais on ne voit pas, cela n’arrive pas. Et donc pour que nous ayons de bonnes productions, de jolis légumes, il faudrait qu’on aie de bons intrants, de bonnes semences. Dans notre région du Bélier, nous avons tous les projets ici, mais on ne voit pas, on entend parler; mais on n’a jamais vu, on ne sait pas où cela va. Quand on parle d’intrants, on ne parle plus des produits chimiques, ce sont des produits bio, parce que les produits chimiques, c’est ce qui nous rend malade. De nos jours, tout le monde est malade, mais c’est par rapport aux produits chimiques qu’on met sur les légumes que nous consommons, ça se stock sur les légumes et quand nous mangeons, ça va se stocker dans notre corps. et les bons intrants que nous utilisons, c’est les produits bio, et ces produits bio coûtent extrêmement chers.
Vous êtes une citoyenne de votre pays, quel votre commentaire sur la situation socio-politique?
Moi je ne suis pas politicienne, et je ne songe même pas faire la politique. Je suis une responsable agricole. mais votre question est bienvenue. Pour qu’il y ait vraiment la paix en Côte d’Ivoire ou bien une vraie réconciliation dans notre pays, il faut qu’on trouve vraiment les vraies victimes des différentes crises, parce qu’aujourd’hui les vraies victimes, elles sont là avec la bouche fermée, elles ne disent rien. On trouve des gens en bordure des routes, on leur tend des micro, et puis ils bavardent. En tout cas, c’est ce que je vois, je ne veux aucunement pas offensé qui que ce soit. C’est ce qui se passe en Côte d’Ivoire, les vraies victimes sont là et on ne les voit pas. Et pour qu’on retrouve la paix, il faudrait que le ministre de la réconciliation rentre au fin fond du pays, trouver les vraies victimes pour échanger avec elles. Moi même qui vous parle, j’ai été victime, j’ai été traumatisée parce que lors de la crise post électorale, j’ai quitté ma maison, mon village pour aller me réfugier dans un autre village. On ne sait pas au juste où on va avec cette histoire de réconciliation et de paix. Il faut des actes beaucoup plus concrets pour aboutir à la réconciliation afin que la Côte d’Ivoire redevienne comme avant, c’est à dire un havre réel de paix.
Vous êtes une femme, quel est votre avis sur l’autonomisation de la femme. Est-ce qu’en réalité,la femme ivoirienne est sur la route de l’autonomisation.
Je pense que la femme africaine se bat, la femme ivoirienne se bat pour avoir une place dans la société. Moi personnellement je me bats pour avoir ma place. Ces notions d’autonomisation, d’émancipation, tous ces vocables là, je ne vois pas les réalisations autour de moi. Nous on se bat de notre manière pour gagner notre vie. Nous faisons le vivrier, et c’est ce vivrier là qui m’a permis d’avoir cette maison que j’ai. Et c’est ce vivrier là qui permet que je m’occupe de mes enfants et tout. Tout ce que l’on dit à longueur de journée, je ne vois pas cela se ressentir concrètement sur la vie des unes et des autres.

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