En marge de la visite du président du Sénat aux populations de Toumodikro, la rédaction de infocentrale.net a tendu son micro à Tanoh-Niangoin Frédéric, conseiller spécial du village de Toumodikro certes, mais surtout en sa qualité de président de L’Ong Alerte-Conflit présent, à Toumodikro son village, au moment des faits. Il a déclaré ce qui suit.
Nous vous livrons l’intégralité des propos du leader de la société civile. » Les tristes événements que Toumodikro a vécus les samedi 31 Octobre et Dimanche 1er novembre 2020 sont liés à l’élection du président de la République. Ils résultent de deux mots d’ordre croisés, celui du Boycotte actif lancé par l’Opposition par la voix du Professeur Guikahué Maurice et celui de la protection du vote à tout prix lancé par le parti au Pouvoir, par la voix du Ministre Adjoumani Kobenan Kouassi. Objectivement parlant, c’est la mise en œuvre de ces deux mots d’ordre croisés qui a été le déclencheur du conflit électoral à Toumodi. De notre point de vue, si le boycott actif d’une élection est un acte anti-démocratique que nous n’approuvons pas, la privatisation de la sécurisation de ce vote par la parti au Pouvoir qui a engagé ses jeunes dans l’arène en leur demandant de protéger le vote à tout prix aux lieu et place des forces régaliennes que sont la Police, la gendarmerie et l’armée, a été une mauvaise chose. Les fautes sont donc partagées, quoiqu’il en soit, ce qui est arrivé est dû à l’inculture politique et démocratique des uns et des autres.
Toutefois ce que nous avons toujours du mal à comprendre est que cette crise à l’origine essentiellement politique s’est muée automatiquement en conflit intercommunautaire entre des populations autochtones et allogènes qui vivent ensemble depuis plus d’un siècle un brassage à nul autre pareille en Côte d’Ivoire. Nous avons observé que l’agression sur la paisible population de Toumodikro par les ‘’jeunes malinké’’ comme on les a appelés s’est faite sans discernement. A Toumodikro ces jours là, que vous soyez Rdr, Rhdp, Pdci, Fpi, Pit, Udpci ou je sais quoi encore, on vous agressait, détruisait votre maison et y pillait tout par ce que vous êtes baoulé, ça été des dérives communautaristes très graves. La responsabilité des gouvernants est de créer le brassage et la symbiose entre les populations par l’éducation à la Tolérance interethnique, à la Tolérance religieuse et à la Tolérance Politique.
Il n’y a pas d’autres voix pour parvenir au vivre ensemble tant proclamé par tous. Ce que nous avons noté et apprécié c’est l’état d’esprit des populations de Toumodi en général et celle agressée du village de Toumodikro en particulier, qui sont toutes prêtes à pardonner et à revivre ensemble avec leurs hôtes parce qu’elles disent assumer leur destin de carrefour d’accueil et de brassage. Le moins qu’on puisse dire c’est que cette visite en personne de Ahoussou K. Jeannot président d’une institution républicaine, le sénat, a rassuré la population de Toumodikro qui se sentait banalisée par l’Etat de Côte-d’Ivoire. Ce sont des vérités qu’on ne pouvait s’empêcher de dire’’.
Propos recueillis et retranscrits par DO