Toumodi-Journée de la Paix/Le président de l’Ong ALERTE CONCFLIT affirme que les déclarations de bonne intention ne suffisent pas pour faire jaillir la paix
La célébration de la journée de la Paix le lundi 15 novembre a été un prétexte pour le président de l’Ong ALERTE CONFLIT pour se prononcer sur la notion de la paix.
Reprenant une assertion du ministre de la réconciliation et de la cohésion nationale Kouadio Konan Bertin qui soutenait que » la 25ème journée de la paix doit se faire sous le sceau de la vérité » Frédéric Tanoh-Niangoin a affirmé que les déclarations de bonne intention ne suffisent pas pour faire jaillir la paix. C’était lors d’un entretien avec la presse au siège de l’Ong le jour même de la commémoration de ladite journée
La Côte d’Ivoire a célébré le lundi 15 novembre 2021 la journée nationale de la Paix dont les activités officielles de la commémoration de la 25ème édition ont été lancées à la Fondation Félix Houphouet Boigny pour la recherche de la Paix de Yamoussoukro le jeudi 11 novembre 2021. Quels sens peut-on donner à cette célébration que le ministre en charge de la réconciliation et de la cohésion nationale Kouadio Konan Bertin dit KKB a bien voulu placer sous le sceau de la vérité?
Pour donner un sens aujourd’hui à la célébration de la Paix à laquelle est dédiée chaque année toute une journée officielle, de surcroît déclarée chômée et payée, il faudrait d’abord connaître les raisons profondes de l’Institution en 1996 de cette journée nationale par le président Henri Konan Bédié, évaluer en toute objectivité l’impact socio-politique des 24 précédentes années d’activités liées à ces journées et apprécier ensuite les approches et orientations nouvelles à l’occasion des festivités de cette année. Souvenons nous en effet que c’est au lendemain des soubresauts de l’après Félix Houphouet Boigny consécutifs au boycott actif de triste mémoire de l’élection présidentielle du 22 octobre 1995, lancé par le front républicain formé du tandem FPI-RDR, principales formations politiques de l’opposition de l’époque, que le décret numéro 96-205 du 07 mars 1996 a été pris par le président Henri Konan Bédié pour instituer la journée nationale de la paix. L’objectif visé par le président Bédié était donc clair. Il s’agissait d’inscrire durablement la culture de la paix en chaque citoyen ivoirien à travers des manifestations collectives annuelles, afin d’enraciner en tous un ensemble de valeurs que sont, la démocratie, le respect des droits de l’Homme, du droit, la non violence et la tolérance sous toutes ses formes, notamment, la tolérance politique, la tolérance inter ethnique, la tolérance religieuse, le tout couronné par un Etat de droit dont la résultante est la bonne gouvernance véritable. Malheureusement les objectifs visés par la création de cette journée nationale annuelle de la paix sont véritablement contrariés par tous les gouvernants sans exception depuis plusieurs décennies, du fait de l’insuffisance de démocratie, de respect des droits de l’Homme et surtout de l’absence d’un Etat de droit véritable. Autrement dit, comment comprendre qu’entre diverses célébrations de journées nationales de la paix depuis 1996, la Côte d’Ivoire ait pu enregistrer, entre autres, un coup d’Etat en 1999, une rébellion armée en 2002, une guerre post électorale en 2011 et un boycott actif en 2020 initié par l’opposition politique dont le PDCI lui-même auteur de l’instauration de la journée nationale de la paix? Qu’est-ce qui n’a pas marché? C’est donc à raison que, tirant les leçons des objectifs non encore atteints, malgré les célébrations annuelles successives des 24 précédentes journées nationales de la paix que le ministre Kouadio Konan Bertin dit KKB en charge de la réconciliation et la cohésion nationale a déclaré à Yamoussoukro le 11 novembre 2021 que: » La 25ème journée de la paix doit se faire sous le sceau de la vérité. » En termes clairs nous disons avec lui que les déclarations de bonne intention ne suffissent pas pour faire jaillir la paix, qu’on ne peut construire qu’avec les outils que sont le respect de la constitution, le respect des principes élémentaires des droits de l’Homme, la justice et l’équité, le respect des libertés publiques, la liberté d’expression, le droit pour tous, le dialogue social etc.. Il faut donc ici et maintenant changer de paradigme en mettant l’accent sur la formation tous azimuts à la culture de la paix, à la citoyenneté et à l’Etat de droit. En attendant que cela se fasse, reconnaissons que la forme actuelle de la célébration de la journée de la paix devra être revue et corrigée.
DO