Coup d’État en cours en Guinée-Bissau, ceci après que le Président de la République ait procédé à un remaniement gouvernemental sans le consentement du Premier ministre.
Pendant ce temps, le Président de la République Umaro Sissoco Embaló et le chef du gouvernement Nuno Gomes Nabiam et les membres du gouvernement qui se trouvaient en session extraordinaire de la réunion du conseil des ministres se tiennent dans la salle Francisco João Mendes « Tchico Té » du palais du gouvernement à Bissau.
Derrière cette situation, des rumeurs font état d’une tentative de nomination du général Sandji Fati au poste de chef d’état-major des forces armées, bien qu’il soit en réserve et qu’il détienne actuellement le portefeuille du ministère de la défense.
Des informations en coulisses font état du décès du chef d’état-major des forces armées, le général Biaguê Nantan, en Espagne, une information qui n’a pas encore été confirmée par des sources officielles.
Certaines agences de presse, telles que WD et Lusa, indiquent :
Un groupe d’hommes armés, sans uniforme militaire, a tiré des coups de bazooka et des rafales de mitraillette en forçant l’entrée du siège du gouvernement, où le Président de la République présidait la réunion du Conseil des ministres.
Le président de la Guinée-Bissau, qui présidait une réunion du Conseil des ministres, a été entendu tirant des coups de bazooka et des rafales de mitrailleuse au Palais du gouvernement, mardi (01.02.02). Sur les réseaux sociaux, on fait état de plusieurs morts et blessés.
Des sources au bureau du président ont confirmé que le chef de l’État, Umaro Sissoco Embaló, et le premier ministre, Nuno Gomes Nabiam, se trouvaient à l’intérieur du bâtiment. Le personnel du Palais du gouvernement et les journalistes ont été conduits vers la porte arrière du bâtiment. Il leur était interdit d’utiliser des téléphones portables.
Les soldats ont installé des barrières dans un périmètre de 500 mètres autour du palais du gouvernement. Selon des témoins cités par l’agence de presse Lusa, une brigade d’intervention et plusieurs éléments des forces militaires et de sécurité se trouvent également près du Palais de justice.
Le chef d’état-major des forces armées, Biaguê Nan Tam, est à Barcelone depuis plusieurs jours pour suivre un traitement médical.
Les communications et les principales routes de Bissau ont été coupées. Les stations de radio ont fermé leurs portes pour des raisons de sécurité.
Dans un communiqué, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a déjà condamné la « tentative de coup d’État » en Guinée-Bissau et tenu les militaires responsables de l’intégrité physique du président de la République et des membres du gouvernement de Nuno Gomes Nabiam.
minute aprés minute :
Une source de l’hôpital Simão Mendes indique à Lusa qu’au moins quatre personnes ont été blessées suite aux violences à Bissau.
Le chef de la diplomatie portugaise, Augusto Santos Silva, a quant à lui condamné les « mouvements armés » qui ont lieu à Bissau : « Il y a des mouvements armés à Bissau qui sont dirigés contre les autorités légitimes de la Guinée-Bissau, le président et le gouvernement, et le Portugal condamne toute tentative, par la violence, d’empêcher le fonctionnement normal des organes de souveraineté de la Guinée-Bissau, conformément à la constitution », a déclaré M. Santos Silva à l’agence de presse Lusa.
L’ambassade du Portugal à Bissau demande aux Portugais de rester chez eux. Dans une déclaration, l’ambassade a prévenu que « compte tenu des récents événements », les citoyens portugais ne devaient pas sortir dans la rue. Elle leur recommande également « d’attendre des informations complémentaires ».
Le radiodiffuseur public rapporte que la fusillade a endommagé le palais du gouvernement et que les « envahisseurs » ont retenu les représentants du gouvernement.
Christ Kemondé en collaboration avec Braima Nhamadjo de CAP Guinée Bissau