La précampagne a installé dans tous les états majors une atmosphère quelque peu tendue, car malgré la confiance affichée de certains candidats, nul ne peut prédire l’issue d’une compétition électorale. Aussi, avons-nous interrogé Frédéric Tanoh-Nianhgoin membre actif de la société civile, président de l’Ong Alerte-conflit pour donner son point de vue sur la question.
» Les élections Régionales et Municipales couplées arrivent à grands pas et dans environ six semaines nous irons aux Urnes. Dans la Région du Bélier l’affrontement entre le PDCI, ses alliés et le RHDP, groupement de Partis Politiques, s’annonce âpre au regard de l’effervescence constatée dans chaque camp, des intentions affichées et des propos désobligeants entendus ça et là.
Vous êtes cadre de Toumodi, donc de la Région du Bélier. Quelles analyses pouvez-vous faire, de tout ce qui se trame autour de ces élections Régionales et Municipales que certains qualifient de test avant la Présidentielle de 2025 ? «
» Avant de livrer mes analyses sur ce qui se trame autour des élections dans les collectivités territoriales que sont les Régions et les Communes, il est primordiale de rappeler que la création de ces deux entités locales obéit à un principe essentiel, celui de se substituer à l’État pour impulser elles- mêmes leur développement dans des domaines spécifiques connus, par le biais d’un transfert de compétences et de moyens de l’État mis à la disposition de celles-ci à travers le mécanisme d’une dotation Budgétaire légale et de droit qui relève du principe de subsidiarité.
Cela dit, le Pouvoir central ne peut et ne doit se mettre en compétition avec les Collectivités Territoriales qui sont gérées par ses gouvernés, au point de les contraindre à l’aumône pour ce qui leur est légalement dû, en terme de fonds à mettre à leur disposition pour le développement.
C’est donc une aberration de vouloir à tout prix lier au scrutin Présidentiel de 2025 le destin d’un élu local dont l’un des deux principaux objectifs définis par la décentralisation est le développement local avec obligation de moyen qui veut dire en clair que l’État de Côte d’Ivoire est tenu de mettre à la disposition de chaque collectivité territoriale des subventions tirées, entre autres, des recettes Municipales et fiscales, sans aucune condition d’appartenance Politique de l’Élu local.
Tout intellectuel objectif a donc le devoir moral et l’honnêteté de l’expliquer aux Populations afin d’éviter les spéculations auxquelles s’adonnent à cœur joie certains hommes Politiques qui, par manque d’ambition ou de programme personnel à proposer, refusent d’assumer la décentralisation en se mettant résolument à la remorque des actions de développement du Président de la République pourtant élu par tous les Ivoiriens en vue de conduire la destinée de la Côte d’Ivoire toute entière, sans parti pris. Pour ce qui se trame autour des élections Régionales et Municipales, mes analyses et prises de positions vont se focaliser sur la Commune de Toumodi qui a besoin d’un regard particulier du fait du conflit socio-Politique dramatique survenu pendant l’élection Présidentielle d’octobre 2020. Les enjeux dans cette Commune me paraissent donc primordiaux et il faut les expliquer aux populations, en cette période de grandes intrigues et de manipulation de l’esprit, parce qu’il faut consolider la Paix obtenue à Toumodi grâce à la médiation des hommes de bonne volonté et renforcer la Cohésion sociale entre les autochtones baoulé et les allochtones malinké poussés à l’affrontement par les hommes Politiques de tous bords qui devraient tous faire amende honorable, sans exception.
Toumodi n’a pas besoin aujourd’hui d’affrontements fratricides mais d’un développement concerté qui nécessite pour ses cadres de fumer le calumet de la Paix en se mettant au-dessus des considérations partisanes afin de s’accorder mutuellement le Pardon salutaire. Ce dont il s’agit donc aujourd’hui et dans le contexte politique actuel c’est de voir l’intérêt général de notre belle Commune qualifiée malencontreusement de village, par dépit et non de celui des Partis politiques.
Toumodi érigée en Commune au forceps grâce au Président Auguste Denise, connait un développement progressif impulsé de 1980 à 1990 par le Ministre d’État Camille ALLIALI Disciple de Félix Houphouët-Boigny.
Chacun des Maires qui se sont succédé à la tête de cette Commune de 1990 à 2023, après le pionnier Camille ALLIALI, a apporté sa pierre à l’édifice, comme cela se fait dans toutes les collectivités territoriales du monde. Il faut donc rendre Hommage au Doyen Camille ALLIALI, à Raphael KOUADIO-TIACOH, au Professeur Christophe YAO-DJE, à Madame André Simone DULOUT épouse TCHINA et à Monsieur KONÉ Idrissa pour les efforts déployés par chacun d’eux à la tête de notre Commune, malgré les maigres moyens mis à leur disposition par l’État de Côte d’Ivoire. Nous connaissons tous les missions actuelles d’un Maire et les dotations budgétaires qui l’accompagnent et nous savons aussi que les tâches de ramassage des ordures incombent depuis 2017 à l’Agence Nationale de Gestion des Déchets (ANAGED) créée par décret n°2017-692 au 25 octobre 2017 et dirigée par Madame Sarrahan Teinin OUATTARA et que tous les Maires de l’intérieur du Pays sont impuissants devant cette Autorité de Régulation de la filière des déchets placée sous la tutelle du Ministère de l’hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité. Nous avons écouté quelques unes des déclarations du Maire KONÉ Idrissa tenues dans un lieu informel et nous ne les avons pas appréciées.
Nous comprenons donc la levée subséquente de boucliers des uns et des autres à divers meetings et même la colère rouge de notre frère le Ministre Amédée KOUAKOU qui a même décrété dans la foulée la fin des Ambitions de son frère le Maire KONÉ Idrissa. Nous invitons les uns et les autres à faire preuve de dépassement, de tolérance et de Pardon pour aller à l’essentiel qui est la Paix sans laquelle aucun développement n’est possible. La réalité qui se présente à Toumodi dans la quête de Paix durable et de Cohésion sociale est donc de soutenir la reconduction du Maire KONÉ Idrissa à la tête de la commune de Toumodi pour un autre et dernier mandat de 5 ans, le temps de consolider la Paix des braves obtenue des protagonistes et de sceller définitivement la réconciliation.
Les motivations de cette démarche sont simples et les raisons fondamentales.
Le Maire KONÉ Idrissa est un homme mitoyen entre la communauté Baoulé de Toumodi dont résulte sa génitrice et la communauté Malinké du Nord dont est issu son géniteur. Il a œuvré efficacement à la réconciliation entre les deux communautés dont il partage les cultures et pratique les us et coutumes. Il a déjà fait la Paix avec son frère N’DAKPLI Ange et a rallié à sa liste l’équipe de son autre frère Barôme Aristide qui a été l’une des pièces maitresses de la réconciliation, à travers ses parents Djimini, premiers hôtes des autochtones de Toumodi depuis 1895. Le Maire KONÉ Idrissa est donc un choix de raison qui conduit également une liste très inclusive. Pour le reste, l’élection du Maire est l’affaire des électeurs et des mandataires notamment les populations qui apprécient ou sanctionnent un Mandat. Cela ne relève donc pas d’une décision péremptoire d’un membre de Gouvernement. «
Alassane Digbeu