Le professeur en sociologie Dedy Sery a participé au lancement de la cérémonie des activités de l’institut des arts sciences et culture Bhété (INASCUB), le jeudi 4 août 2023 au centre culturel de Guiberoua.
À cette cérémonie, il a fait un exposé sur les grands traits du fondement de la civilisation culturelle du peuple Bhété dans le domaine de la religion et de la démocratie. Pour Dedy Sery, les Bhété disent que l’homme est fils de Dieu. Mais Dieu a mis entre lui et nous, des intermédiaires et nos ancêtres immédiats après Dieu, c’est Gbahi. Ainsi, Gbahi a mis au monde Kopê et Zido deux enfants des descendants de Dieu qui ont enfanté Djekpa et Gbabouho.
Le Bhété affirment que, Pêho représente la vie et Gbabouho la mort. Si l’on interprète l’anthropologie Bhété, ce sont ces deux entités qui forment la civilisation dans le mouvement de naissance et de mort. « La mort est naturelle au même titre que la vie. Mais de façon extraordinairement Africain, les Bhété ont lutté contre la mort. Peu importe sa longévité car la mort n’est rien , mais c’est le comment de la mort qui pose problème » A soutenu professeur Dedy Sery. De façon simpliste, le Bhété a nié la mort en laissant des traces par le travail, l’éducation, la justice. Il faut donc lever son statut mortifère. La spiritualité est un moyen de nier la mort. C’est pour cela que les Bhété tiennent beaucoup à la solidarité, la liberté et à la vérité. Le courage, l’hospitalité, toutes ses valeurs sont des aspects dominants de la culture Bhété. C’est pourquoi, la société Bhété a une particularité connue ou reconnue de tous à travers leur différence ; à savoir, son attachement à la vérité. Il y a aussi la dimension éthique et esthétique avec l’apparition du « Bagnon » qui est le bel homme pas seulement au plan physique mais c’est le » Calos Cacados » des Grecs. D’aucuns disent que les Bhété adorent la danse et la chanson, alors que ce sont des médicaments et c’est par l’art que la société créé ce qu’on appelle « la fluidité sociale ».
Le mythe de la démocratie en pays Bhété
Au commencement comme dans toutes les sociétés, la démocratie n’existait pas. C’était la tyrannie et l’autocratie qui régnaient, et le premier chef des Bhété s’appelait Trikeu. Un véritable tyran dans ses faits et gestes. Il a imposé aux chanteurs et danseurs de le célébrer à tout moment. À chaque manifestation, seul Trikeu était vénéré or c’est le peuple Gnazabouo qui l’a sauvé. Il fallait donc mettre fin à cette litanie parce que les habitants de Gnazabouo se demandaient pourquoi est ce que faut il se mettre à la merci du chef Trikeu ? Si jamais il n’accepte pas qu’il soit aussi dépendant de son peuple, on va mettre fin purement et simplement à sa vie. Cette résolution a été prise et transmise à Trikeu qui a vu ses intérêts menacés. Le chef abdique à l’instant et revient à la raison. Désormais, « j’autorise qu’on dise Trikeu grâce à qui le peuple vit mais aussi qui vit grâce au peuple ». Ainsi nait la démocratie en pays Bhété.
Parfait Doukrou