Touré Fah, membre du bureau politique du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), a mis en lumière les problèmes persistants au sein du parti dans la région du Haut-Sassandra et la campagne de dénigrement à son encontre.
Dans une interview accordée à la presse ce jeudi 07 mars 2024, le délégué permanent de la délégation Daloa Est n’a pas hésité à dénoncer les comportements néfastes de certains cadres, pointant du doigt leur manque d’action et de l’attribution de titres basée sur des considérations ethniques.
Selon lui, certains cadres ne remplissent pas leurs obligations tandis que d’autres se voient octroyer des titres en fonction de leur origine ethnique, une pratique qu’il condamne fermement.
Il a souligné l’importance de l’engagement volontaire en politique et critiqué ceux qui jouent un double jeu, rappelant l’engagement ancestral de sa famille envers le Pdci-Rda.
« Mes parents, depuis le temps du Président Félix Houphouët-Boigny, ont adhéré au Pdci-Rda et leurs progénitures, que nous sommes, continuent dans ce même élan de militantisme. À la différence de ceux que nous connaissons qui ne font que jouer au double jeu, car on ne devient pas militant, mais on naît militant », a-t-il fait savoir.
Le militant expérimenté, actif depuis le Mouvement des Élèves et Étudiants de Côte d’Ivoire (Meeci), réfute les allégations de trahison qui lui sont faites, affirmant son attachement indéfectible au parti malgré les changements politiques survenus par le passé.
« Il y a des mauvaises langues qui m’attribuent de fausses informations. À ceux-là, je leur tends une épée. Le professeur Alphonse Djédjé Mady, le Dr Véi Bernard, le Professeur Maurice Kacou Guikahué connaissent et ils savent que je n’ai jamais trahi le Pdci-Rda. Si je devrais suivre ceux qui me vilipendent lorsque le président Gbagbo est venu au pouvoir, où ils ont tangué vers le FPI, je pouvais en faire autrement aujourd’hui. Mais militer, c’est une culture et je possède cette culture de non-trahison, comme les autres le font à Daloa », a-t-il mis en avant.
Il a exprimé sa frustration face aux attaques dont il est l’objet en raison de son soutien à certains membres du parti, déplorant le manque d’exemplarité de certains cadres.
« Je suis plus proche de Mme la Vice-présidente Léopoldine Tiézan Coffie, aujourd’hui nommée Haut Conseiller du district Sassandra-Marahoué. C’est quand même dommage que des gens censés être des exemples sur qui nous, jeunes, pouvons-nous appuyer pour avancer dans le parti, se comportent ainsi. Le cas le plus flagrant a été que mon aîné Djibril Coulibaly et moi devrions être décorés, malheureusement ces pontes ont refusé de porter nos noms sur la liste des récipiendaires. Et curieusement, tous ceux qui ont été décorés ont pris le chemin du Rhdp. J’ai été très frustré », a-t-il exprimé.
Et d’ajouter : « Si j’avais cédé aux critiques et aux pressions lors de l’arrivée au pouvoir du président Gbagbo, où certains ont changé d’allégeance pour rejoindre le FPI, j’aurais pu agir différemment aujourd’hui. Cependant, pour moi, le militantisme politique est ancré dans ma culture et je reste fidèle à mes convictions de loyauté envers le PDCI-RDA », a-t-il souligné.
En tant que membre du bureau politique, Touré Fah a mis en lumière les lacunes qui ont contribué à la débâcle électorale du Pdci-Rda dans le Haut-Sassandra, pointant du doigt le manque d’inclusion des communautés malinké et akan dans le processus de sélection des candidats.
« À l’époque, les réunions se tenaient chez feu le ministre d’Etat Séri Gnoléba où toutes les composantes y participaient. Mais sous le ministre Britto, et pour faire le choix des candidats, ni la communauté malinké, encore moins la communauté akan (baoulé), n’est associée. Or, ce sont ces deux entités qui drainent le plus d’électeurs. Voici les signes de la débâcle du Pdci-Rda aux différentes élections dans le Haut-Sassandra », a-t-il souligné.
Il a également contesté la nomination d’un délégué intérimaire pour diriger la délégation Daloa Est, affirmant son maintien en fonction jusqu’à ce qu’une décision officielle soit prise par la direction du parti.
Malgré ces défis, Touré a exprimé son optimisme quant à l’avenir du Pdci-Rda avec l’avènement du Président Thiam.
Il a salué l’énergie et le leadership du nouveau dirigeant tout en soulignant la nécessité de raviver la flamme militante au sein du parti.
Il a conclu en espérant que le Pdci-Rda retrouvera sa place de premier plan sur la scène politique, sous la direction du Président Thiam.