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Sassandra: Être enseignant dans le Gboklè, un métier de plus en plus difficile

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Dans la région du Gboklè, en Côte d’Ivoire, la réalité quotidienne des enseignants, notamment des instituteurs, est devenue un véritable calvaire. Les témoignages poignants de ceux qui s’efforcent d’instruire dans ces conditions sont alarmants. « Maître va, Maître vient », ou encore « Chez nous ici, l’étranger n’a jamais raison », sont des phrases que les instituteurs entendent souvent, symbolisant le climat d’hostilité et de rejet auxquels ils font face.

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Pourtant, ces agents de l’État n’ont qu’un seul but : accomplir leur devoir d’éduquer les enfants de la région. Cependant, à chaque retour de congé ou de vacances, ils retrouvent leurs domiciles saccagés, vidés de leurs biens. Ces actes de vandalisme ne sont pas isolés et reflètent un problème beaucoup plus profond.

La question se pose alors : est-il interdit pour un enseignant vivant à Sassandra de voyager ? N’a-t-il pas le droit de rejoindre sa famille, de prendre du repos comme tout citoyen ? La situation est d’autant plus préoccupante que ces comportements sont tolérés, voire soutenus par certains habitants de la région, qui assurent que « si tu me convoques à la justice ou à la gendarmerie, c’est toi qui va perdre ».

Lors de la dernière réunion de rentrée, Madame la ministre de l’Éducation nationale a exhorté les enseignants à demeurer responsables afin de garantir une école de qualité. Elle l’a résumé dans la devise qui doit couronner l’année scolaire 2024-2025  » Soyons des citoyens responsables pour une ecole de qualité « . Mais cette injonction devrait aussi s’adresser aux parents d’élèves et aux autorités locales, notamment dans la région du Gboklè. Deux semaines après la rentrée officielle, dans de nombreuses écoles rurales, les cours de plusieurs écoles de cette localités sont encore envahies par les broussailles, signe d’un manque d’engagement collectif pour l’éducation.

La question qui hante l’esprit de plusieurs est simple : que font les cadres locaux pour améliorer les conditions de travail des enseignants ? Pourquoi de tels actes d’agression et de vandalisme semblent-ils se dérouler en toute impunité ? Tout laisse à croire que ces actions bénéficient d’un soutien implicite, voire explicite, qui permet à certains habitants d’agir en toute sérénité.

Il est urgent que des solutions soient trouvées. Aussi motivés soient-ils, les enseignants ne peuvent être productifs dans de telles conditions. Il en va de la réussite scolaire des enfants, de l’avenir de la région et du pays tout entier. Les autorités locales, les parents et les responsables politiques doivent unir leurs efforts pour offrir à ces éducateurs les conditions de travail qu’ils méritent. L’éducation est un pilier fondamental de la société et mérite d’être protégée à tout prix.

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