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Côte d’Ivoire / d’intégration des peuples, comment Dissa Nafon donne l’exemple

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Dans son bureau du Collège privé Dissa Binao, situé à Duékoué, Dissa Nafon Karim, également connu sous le nom de Dissa Binao, a partagé les clés de son succès. Selon lui, son ascension sociale est le fruit d’une intégration réussie auprès de ses tuteurs Guéré. C’était à l’occasion de la présentation de ses établissements à la presse, le mercredi 26 septembre 2024.

Arrivé dans les années 1960 dans le village de Binao, situé dans la sous-préfecture de Guéhîébly (département de Duékoué, région du Guémon), pour cultiver la terre, Dissa Nafon Karim a su se frayer un chemin vers la prospérité. Aujourd’hui, il est à la tête de quatre collèges privés, répartis dans la région du Guémon et au-delà, et est reconnu comme un grand planteur. En 2018-2019, il a été sacré meilleur producteur national de cacao, et en 2020, il a décroché le titre de meilleur producteur national de cacao d’excellence.

Lors de l’entretien avec infocentrale.net, il a attribué son succès à l’harmonie avec ses tuteurs Guéré :
« Depuis 2018, j’ai commencé à me reconvertir dans l’éducation. Les premiers bâtiments de mes écoles ont vu le jour à Duékoué, suivis de ceux d’Ouattaradougou, puis de Binao et de V14. Je dirais à tous les planteurs allogènes et allochtones qu’il est essentiel de rester reconnaissants envers nos tuteurs Guéré. Ils sont nos dieux, nos seconds pères. Il ne faut jamais se retourner contre eux. Les Guéré ont un bon cœur, alors pourquoi ne pas leur être reconnaissant ? Nous venons ici en quête de bien-être et de réussite, et nous fondons des familles. Si nous nous comportons mal, ce sont nos enfants qui en paieront le prix une fois que nous ne serons plus là. Un migrant doit savoir se faire discret, respecter ses tuteurs, et ne jamais s’impliquer dans leurs conflits ou leurs affaires politiques. Il faut observer leurs principes sociaux, car ils sont les fondements d’une coexistence pacifique. Partager leurs joies et leurs peines renforce la confiance mutuelle. Ce que j’ai aujourd’hui, je le dois à mes tuteurs. S’ils ne m’avaient pas tout donné, je ne serais pas là où je suis aujourd’hui. »

Ce témoignage dépasse le simple récit personnel : il représente une véritable leçon d’intégration sociale. Il mérite d’être entendu et compris, notamment par les populations allogènes vivant dans les villages, hameaux et villes de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Ces paroles pourraient contribuer à prévenir les conflits fonciers et les affrontements interethniques qui minent parfois la région.

Axel Gonkanou, pour infocentrale.net

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