Lors d’une conférence de presse organisée par l’Association Nationale des Producteurs de Café-Cacao de Côte d’Ivoire (ANAPROCI) le 21 octobre 2024 à Yamoussoukro, la question de la Couverture Maladie Universelle (CMU) a suscité un vif débat. Sous la présidence de M. Kanga Koffi, les producteurs ont exprimé leur mécontentement face à la mise en œuvre de ce système de santé dans les zones rurales, jugé inadapté à leurs réalités.
M. Kanga Koffi a dénoncé l’absence de concertation entre le gouvernement et les producteurs concernant l’implémentation de la CMU dans les zones de production. Il a pointé du doigt le manque criant d’infrastructures sanitaires dans les régions rurales, rendant l’accès aux soins difficile, voire impossible pour de nombreuses familles de producteurs.
« Comment pouvons-nous parler de couverture maladie lorsque les infrastructures de base, comme des centres de santé bien équipés, sont inexistantes dans nos zones de production ? », s’est-il interrogé. Ce manque de structures de santé prive des milliers de producteurs de soins, alors que ces derniers sont exposés à des conditions de travail éprouvantes.
Avec 1 080 000 producteurs recensés, chacun à la tête d’une famille de cinq personnes en moyenne, M. Kanga estime qu’environ 60 milliards de francs CFA par an seraient nécessaires pour garantir une couverture médicale efficace. Cependant, les 12 milliards de francs CFA alloués par le gouvernement à ce projet ne suffisent pas pour couvrir ces besoins croissants.
Face à cette situation, l’ANAPROCI exige une révision complète du projet de la CMU, prenant en compte les spécificités des zones rurales, où les distances et l’absence de routes praticables compliquent l’accès aux centres de santé. M. Kanga a également plaidé pour une meilleure prise en compte des besoins réels des producteurs, essentiels à l’économie nationale, mais vivant dans des conditions précaires.
Il a conclu en appelant le gouvernement à ouvrir un dialogue inclusif avec les producteurs pour élaborer un plan de santé adapté aux zones de production. « Nous ne voulons pas d’un système qui existe uniquement sur le papier. Nos producteurs méritent une véritable couverture maladie, qui leur garantisse un accès à des soins de qualité », a-t-il insisté.
Natacha kouakou