La récente grève des élèves du lycée moderne de Duékoué, qui se déroule depuis le 101novembre, a fait grand bruit dans les médias. Ce mouvement de protestation, déclenché par des élèves exaspérés, a suscité de nombreuses réactions, souvent négatives, au point que les autorités éducatives semblent désemparées face à la situation. Les autorités politiques et certains élus locaux se sont également sentis interpellés, mais plutôt que de chercher une solution durable à ce problème criant, certains responsables politiques ont choisi la voie des accusations.
Quelles sont les origines de cette grève ?
Après deux mois de cours, les élèves du lycée, qui est le plus grand établissement de la région du Guémon, continuent de subir le manque crucial de table-bancs. Cette carence entraîne une surcharge d’élèves par classe, ce qui compromet sérieusement leur capacité à suivre et assimiler les leçons. Ce problème est d’autant plus alarmant pour les classes d’examen, où la réussite des élèves dépend de bonnes conditions d’apprentissage. Selon des sources concordantes, le problème a été signalé aux autorités compétentes, en particulier au conseil régional, dès la rentrée scolaire, voire depuis l’année précédente. Mais malgré ces multiples alertes, rien n’a été fait pour améliorer la situation. Épuisés par cette inaction, les élèves ont décidé de descendre dans la rue pour faire entendre leur voix.
Accusations politiques : une tentative de déstabilisation ?
Avant même la fin de cette affaire, Constant Lao Doh, président d’un mouvement de soutien au président du PDCI-RDA Tidjane Thiam, a tenu un point de presse le 14 novembre 2024. Il a dénoncé ce qu’il appelle une tentative de délation orchestrée par un proche du président du conseil régional du Guémon, Célestin Serey Doh. « J’ai les preuves de cette accusation. Un certain Hyppolite m’a accusé, sur les réseaux sociaux, d’être l’instigateur de cette grève. Or, je ne suis en rien impliqué dans cette affaire, qui concerne uniquement les lycées et leurs responsables », a déclaré Constant Lao Doh. Pour se défendre, il a déposé une plainte avec des captures des messages incriminants. « Que gagnerais-je dans une grève d’élèves ? Mon objectif est de faire avancer le PDCI en 2025 en mobilisant un maximum d’électeurs, surtout les jeunes », a-t-il ajouté.
Les vraies raisons derrière ces accusations ?
Selon Constant Lao Doh, cette attaque contre lui n’est qu’une manœuvre de diversion. « Les cadres RHDP sont désemparés devant notre mobilisation. Depuis le début de l’enrôlement, nous avons réussi à motiver des centaines de jeunes à s’inscrire pour soutenir notre parti, en prévision des élections de 2025. Cela semble déranger nos adversaires politiques », a-t-il affirmé. Le président du mouvement AODOEBOH (Allons installer Tidjane Thiam au palais présidentiel) a également présenté des preuves de cette tentative de discrédit.
Il conclut en appelant les responsables RHDP à cesser de transposer les querelles politiques dans des dossiers qui concernent l’éducation des jeunes, et à plutôt se concentrer sur des solutions concrètes pour les élèves de Duékoué.
AXEL GONKANOU, pour infocentrale.net