Environ vingt journalistes basés à Yamoussoukro, capitale politique et administrative de la Côte d’Ivoire, ont pris part à un séminaire de formation, le jeudi 28 novembre 2024. Ce séminaire portait sur le thème : « Genre, égalité et sécurité des femmes journalistes et professionnels des médias ».
Organisée par l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) en collaboration avec l’Union Nationale des Journalistes Norvégiens ( NORSK JOURNALISLAG), cette session avait pour objectif de renforcer les connaissances des journalistes, en particulier des femmes, sur les notions de genre, d’égalité et d’équité. Il s’agissait également de les outiller pour surmonter les obstacles socioculturels et s’affirmer dans leurs rédactions et dans l’espace médiatique.
Lors des discussions animées par Mlle Kouadio Rosemonde et Mme Koffi Assétou, des statistiques ont été présentées, mettant en lumière les disparités entre hommes et femmes dans les sphères de décision.
Dans le domaine politique, la situation reste critique. Depuis 47 ans, la participation des femmes ivoiriennes aux instances décisionnelles peine à atteindre 22,58 %. En 2023, sur les 201 mairies du pays, seulement 16 sont dirigées par des femmes, soit 8 %. À l’Assemblée nationale, les femmes représentent 12 % des députés, soit 32 élues sur 254. Les conseils régionaux ne comptent que deux présidentes, et au sein du gouvernement actuel, seulement six ministres sur 33 membres sont des femmes, soit 18,75 %.
Dans les médias, le constat est tout aussi alarmant. Très peu de femmes occupent des postes de directrices de publication ou de rédactrices en chef, reflétant les inégalités structurelles et le manque d’opportunités pour les femmes dans ce secteur clé.
Pour remédier à ces déséquilibres, les intervenantes ont structuré leurs recommandations autour de trois axes majeurs. Elles ont d’abord insisté sur la nécessité de définir et de comprendre les notions de genre, d’égalité et d’équité afin de les intégrer dans les pratiques journalistiques. Elles ont ensuite identifié les obstacles, notamment les pesanteurs socioculturelles, les discriminations systémiques et le manque de formation. Enfin, elles ont proposé des solutions concrètes comme la mise en place de politiques inclusives, des formations continues et une sensibilisation accrue dans les rédactions.
Mlle Kouadio a rappelé que « le genre vise à corriger les inégalités sociales et ne se limite pas à des différences biologiques. L’égalité repose sur un équilibre dans la répartition des responsabilités, tandis que l’équité prend en compte les besoins spécifiques de chacun pour répondre efficacement aux défis de la société ».
Le séminaire s’est conclu sur un appel à l’action, exhortant les journalistes à promouvoir des valeurs d’inclusion et d’égalité dans leurs productions et dans leur environnement professionnel. Les participants ont également été invités à devenir des acteurs du changement en défendant les droits des femmes et en œuvrant pour une société plus juste et équitable.
Christ Kémondé