Un climat d’indignation et de colère s’est installé à Bingerville depuis l’arrestation d’un suspect pris en flagrant délit d’enlèvement d’enfants par la population, le 2 janvier 2025 aux environsde 16h. L’homme aurait tenté de ravir deux fillettes, D. L.N. (3 ans) et Y. D. G (10 ans), dans des circonstances alarmantes. Cependant, la gestion de cette affaire par les autorités soulève de vives inquiétudes, notamment quant à une éventuelle libération du suspect sans poursuite judiciaire appropriée.
Selon les témoignages recueillis, le suspect aurait approché les enfants devant une boutique, les distrayant avec des jeux avant de les entraîner à l’écart. Alertée par une riveraine qui l’a surpris en train de les violenter, la population est intervenue, empêchant ainsi un drame imminent. Arrêté par les habitants et remis à la police, il est accusé de tentative d’enlèvement, de viol et d’assassinat, trois crimes graves passibles de lourdes peines en droit pénal. Pourtant, des informations circulent selon lesquelles le suspect pourrait être libéré en raison de supposés troubles mentaux.
Interrogé sur la situation, le Commissaire de Police de Bingerville a expliqué que, sur ordre du Procureur, le suspect a été conduit à l’hôpital psychiatrique pour un examen médical. Toutefois, cette démarche suscite des interrogations. Pourquoi privilégier un éventuel diagnostic psychiatrique avant même un interrogatoire ou la transmission de l’affaire au parquet, alors que l’homme a montré un comportement cohérent et déterminé lors de ses actes criminels. Les témoins affirment qu’il a élaboré un plan précis pour attirer et isoler ses victimes, des détails qui ne plaident pas en faveur d’une perte de lucidité.
Les riverains redoutent que cet examen médical ne serve d’alibi pour détourner l’attention des populations et des acteurs des droits humains sur la gravité des faits, permettant ainsi au suspect de recouvrer la liberté sans passer par une instruction judiciaire adéquate. En cas de reconnaissance d’un trouble mental, le suspect pourrait être relâché ou interné, évitant ainsi un procès pénal. Or, en droit pénal, toute tentative de crime est assimilée à un crime accompli et dout nécessiter par ailleurs une double instruction, qui semble pour l’heure ici compromise.
Cette affaire met en lumière des pratiques administratives qui soulèvent en Côte d’ivoire de graves questions : pourquoi accorder la priorité à un éventuel diagnostic psychiatrique sans approfondir les enquêtes ? Les autorités chercheraient-elles à minimiser la gravité des faits pour protéger le suspect ou ses éventuels complices ?
La suite de cette affaire, dans nos prochaines publications, la Commission Nationale des Droits de l’homme de Côte d’ivoire étant saisie.