Ce jeudi 23 janvier 2025, Yamoussoukro a accueilli une rencontre majeure dans le cadre de la rentrée judiciaire 2025. Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Sansan Kambilé, accompagné de l’ensemble des départements ministériels et des acteurs de la justice, s’est exprimé depuis l’Institut national de formation judiciaire (INFJ) pour tracer les grandes lignes de cette nouvelle année judiciaire.
Dans son discours inaugural, Sansan Kambilé a souligné la priorité accordée à la modernisation du système judiciaire ivoirien. En ligne de mire, l’adoption de technologies numériques pour une justice plus accessible, transparente et efficace. Parmi les projets annoncés figurent la sécurisation et la digitalisation des actes de justice, avec des tests prévus dans les juridictions de Yopougon et Dabou pour la délivrance des certificats de nationalité. Le système intégré de gestion des procédures judiciaires, quant à lui, sera expérimenté dans des juridictions pilotes comme Saint-Pédro et Bingerville avant son déploiement national. Ces initiatives s’accompagneront de formations renforcées pour permettre aux acteurs judiciaires de maîtriser les nouveaux outils.
Le ministre a insisté sur la nécessité d’une justice indépendante, notamment à l’approche de l’élection présidentielle de 2025. Il a appelé les magistrats et les autres acteurs à préserver leur impartialité, rappelant que toute perception de partialité pourrait nuire à la crédibilité du système judiciaire. Sansan Kambilé a également exhorté les procureurs à communiquer davantage pour éviter la propagation de rumeurs et à assurer une transparence accrue dans leurs procédures.
Dans un contexte marqué par des controverses impliquant des magistrats, le ministre a fermement rappelé l’importance de la loyauté et de la réserve. « Les doléances doivent être traitées dans le respect des principes fondamentaux, sans ingérence extérieure », a-t-il déclaré. En outre, le ministre a mis l’accent sur le bien-être des professionnels de la justice. Il a encouragé une plus large adhésion aux dispositifs d’assurance maladie, notamment le programme Temis destiné aux magistrats, afin de garantir leur santé mentale et physique.
Un moment fort de cette réunion a été la remise des prix d’excellence aux meilleurs élèves de l’Institut national de formation judiciaire (INFJ) de Yamoussoukro. Sansan Kambilé a salué leur excellence académique et leur engagement, soulignant qu’ils incarnent l’avenir prometteur du système judiciaire ivoirien. Les lauréats, issus des différentes écoles de l’INFJ, ont été félicités pour leurs résultats brillants, un exemple pour l’ensemble des acteurs en formation.
Face aux revendications syndicales, le ministre a appelé à une résolution des différends au sein de la « famille judiciaire », tout en réaffirmant l’ouverture du gouvernement au dialogue. « Le droit de grève ne saurait justifier l’interruption de la continuité du service public de la justice », a-t-il rappelé, réaffirmant son rôle dans le maintien d’un service judiciaire fonctionnel.
En conclusion, Sansan Kambilé a réaffirmé l’engagement de son ministère à améliorer les conditions de travail des acteurs judiciaires, en les appelant à s’investir pleinement pour une année marquée par « l’éthique, l’efficacité et le respect des valeurs fondamentales ».
Avec ces annonces et orientations, la rentrée judiciaire 2025 s’annonce placée sous le signe de la modernité, de l’équité et de la responsabilité partagée, dans l’objectif de renforcer la confiance des citoyens envers leur justice.