La Côte d’Ivoire vient de franchir un jalon décisif dans sa politique de préservation de la biodiversité. Sous l’égide de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), quatre aires protégées ont fait l’objet d’une évaluation approfondie, conduite grâce à l’outil IMET(Integrated Management Effectiveness Tool), dans le cadre du programme BIOPAMA. Une initiative qui illustre l’engagement croissant du pays en faveur d’une gestion plus efficiente, transparente et durable de son patrimoine naturel.
Du 12 au 22 mai 2025, deux quatres sessions d’évaluation se sont tenues successivement à Yamoussoukro et à Abidjan, ciblant respectivement le Parc national de la Marahoué, la Réserve d’Abokouamékro, le Parc national du Banco et la Réserve naturelle partielle d’Aghien. Ces campagnes, soutenues par l’UICN à travers le programme BIOPAMA, une initiative du Groupe d’États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) financée par le Fonds Européen de Développement de l’Union, visaient à mesurer l’efficacité de la gestion de ces sites, mais également à accompagner les gestionnaires dans une dynamique de renforcement des capacités et de transformation institutionnelle.
Conçu pour répondre aux besoins des gestionnaires sur le terrain, l’outil IMET (Integrated Management Effectiveness Tool) incarne une évolution majeure dans l’approche de la gouvernance des aires protégées. Loin d’une simple grille d’évaluation, il s’agit d’un véritable cadre d’analyse stratégique, favorisant une prise de décision fondée sur des données fiables, des indicateurs mesurables et une participation inclusive des parties prenantes.
« L’UICN nous offre ici un instrument structurant, qui permet non seulement de faire un état des lieux précis, mais aussi de projeter des scénarios d’amélioration alignés sur les standards internationaux, notamment ceux de la Liste Verte », souligne un des coachs seniors mobilisés pour la mission.
La portée de cette initiative dépasse le strict cadre national. Elle s’inscrit dans une ambition régionale promue par l’UICN, à travers l’Observatoire pour la biodiversité et les aires protégées d’Afrique de l’Ouest (OBAPAO). Les résultats des évaluations IMET seront intégrés dans le Système Régional d’Information de Référence (RRIS), contribuant ainsi à une meilleure coordination des efforts de conservation à l’échelle ouest-africaine.
Au-delà de l’amélioration interne des processus de gestion, l’un des objectifs affichés est l’accession des sites évalués aux critères de la Liste Verte des Aires Protégées et Conservées de l’UICN. Véritable label d’excellence, cette reconnaissance internationale valorise les sites dont la gouvernance, la performance écologique et l’ancrage social répondent aux plus hauts standards.
Les campagnes IMET ont permis de produire, pour chacun des sites concernés, un rapport d’évaluation détaillé, un état des lieux partagé avec les communautés riveraines, ainsi qu’une note stratégique à l’attention des décideurs nationaux. Ces livrables serviront de socles à l’actualisation des plans d’aménagement et à la mobilisation de nouveaux financements.
À travers cette initiative, l’UICN confirme son rôle de chef de file en matière de conservation fondée sur la science, la concertation et le renforcement institutionnel. En accompagnant la Côte d’Ivoire dans ce processus rigoureux et inclusif, elle contribue à jeter les bases d’une gouvernance écologique résiliente, capable de répondre aux défis contemporains de la biodiversité. Un modèle inspirant pour le continent.