La capitale politique et administrative de la Côte d’Ivoire a accueilli un atelier national d’élaboration et de validation de la politique nationale en faveur des personnes handicapées ce lundi 2 juin 2025 . Organisé par la Direction de la promotion des personnes handicapées du Ministère de l’Emploi et de la Protection sociale, cet atelier a bénéficié du soutien technique et financier de l’Organisation Internationale du Travail (OIT).
L’objectif principal de cette rencontre est de doter la Côte d’Ivoire d’un document stratégique et opérationnel permettant de mieux garantir les droits des personnes handicapées et de favoriser leur pleine inclusion dans la société. La direction en charge de ce processus est pilotée par Silué Katiama Mariame, cheffe de la Direction de la promotion des personnes handicapées.
Lors de la cérémonie d’ouverture, Silué Katiama Mariame, représentant Mme Mariam Sylvie Kouadio, directrice de la Promotion des personnes handicapées, a souligné l’importance de cette initiative :
« Cette politique vise à garantir l’égalité des chances pour tous, à renforcer l’accessibilité à l’éducation, à la santé, à l’emploi, et aux infrastructures. Mais surtout, à restituer aux personnes handicapées leurs droits fondamentaux. »
Les participants ont salué les avancées législatives, notamment la loi n°98-594 du 10 novembre 1998 relative aux personnes handicapées, ainsi que la ratification par la Côte d’Ivoire de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées. Toutefois, plusieurs intervenants ont noté le décalage persistant entre les textes et la réalité.
Mme N’Guessan née Adjoua, représentant la Directrice générale de la protection sociale, a rappelé que malgré les textes en vigueur, de nombreuses personnes handicapées continuent de vivre en marge de la société :
« Pourquoi voyons-nous encore tant de personnes handicapées mendier dans les rues ? Ce ne sont pas des êtres à part. Ce sont nos frères, nos sœurs, nos enfants. »
Elle a insisté sur la nécessité d’une véritable prise de conscience collective.
« Cette politique nationale doit traduire dans les faits les droits que la loi et les conventions internationales garantissent déjà. Il ne s’agit pas seulement d’un devoir moral, mais d’un choix stratégique pour un développement durable et équitable. »
L’atelier a également mis en lumière les obstacles structurels auxquels font face les personnes handicapées : absence de rampes d’accès, infrastructures inadaptées, faible accès à l’éducation et à l’emploi. En commissions, les participants ont travaillé à enrichir le projet de politique en cours d’élaboration, à partir de l’analyse des textes existants et des réalités du terrain.
Un dispositif de suivi-évaluation est prévu pour accompagner la mise en œuvre de la politique et mesurer l’impact des actions.
« Le suivi sera notre boussole. Il nous permettra de savoir si nous atteignons nos objectifs, et d’ajuster nos actions en conséquence », a précisé Mme Kouadio.
La forte participation des personnes handicapées elles-mêmes a été saluée par l’ensemble des parties prenantes. Leur présence et leur voix ont permis d’ancrer la politique dans les besoins réels de la communauté.
« Rien ne peut se faire sans les personnes handicapées elles-mêmes. Elles seules peuvent exprimer ce qu’elles vivent, ce qu’elles attendent, ce dont elles ont besoin », a rappelé Mme Kouadio.
Cet atelier constitue ainsi une étape cruciale vers une Côte d’Ivoire plus inclusive, plus équitable et plus solidaire, où chaque citoyen, quel que soit son handicap, peut contribuer pleinement au développement national.