Alors que l’élection présidentielle d’octobre 2025 se profile à l’horizon, la Commission Électorale Indépendante (CEI) multiplie les actions d’information sur le processus de parrainage citoyen. Mais à Daloa, où une rencontre s’est tenue le jeudi 19 juin, les échanges ont révélé des inquiétudes persistantes au sein des acteurs politiques et de la société civile.
Dans la salle de conférence de la préfecture de Daloa, cadres de partis politiques, responsables d’associations, chefs coutumiers, jeunes et femmes ont répondu nombreux à l’appel de la CEI. Objectif de la séance : expliquer les règles du parrainage citoyen, désormais exigé pour toute candidature à la magistrature suprême.
Traoré Méfoua, commissaire central à la CEI et superviseur des régions du Haut-Sassandra et de la Marahoué, a conduit les échanges. Il a exposé le mode opératoire du parrainage, qui repose sur une collecte de signatures d’électeurs dans au moins 17 régions ou districts autonomes, à raison de 1 % des électeurs dans chaque zone.
Les collectes se feront à l’aide de tablettes biométriques fournies par la CEI, une innovation censée garantir la transparence et l’authenticité des parrainages.
Des expériences passées qui suscitent la méfiance
Mais très vite, la présentation a laissé place à une série de questions. Et dans la salle, c’est surtout la fiabilité du matériel électronique qui cristallise les inquiétudes.
« Nous avons déjà vu les tablettes en action, et ce n’est pas toujours convaincant. Que fera la CEI si le système plante en plein recueil ? », s’est interrogé un représentant du PDCI-RDA.
Un militant du PPA-CI a renchéri : « Lors des enrôlements, des agents mal formés ont mal saisi les données, parfois hors délais. Peut-on vraiment faire confiance à ce dispositif ? »
Ces interventions traduisent une méfiance encore palpable, malgré les efforts de la CEI pour instaurer un climat de confiance.
La CEI tente de rassurer
En réponse, Traoré Méfoua a reconnu les défis techniques mais a voulu se montrer rassurant.
« Nous avons pris des dispositions. Les collecteurs mandatés recevront une formation avant de recevoir les équipements. En cas de défaillance, un plan B est prévu : le recours au format papier, encadré strictement », a-t-il déclaré.
Il a également rappelé que le parrainage ne remplace pas le vote : « Donner son parrainage, ce n’est pas voter pour le candidat. C’est simplement lui permettre d’être en lice. »
Le commissaire a enfin exhorté les populations à réserver un bon accueil aux collecteurs et à éviter toute forme de manipulation.
Une opération encadrée par des chiffres précis
L’opération de collecte des parrainages démarrera officiellement le 1er juillet 2025 et s’achèvera le 26 août 2025. Dans le Haut-Sassandra, où l’on dénombre 392 124 électeurs inscrits, chaque candidat devra obtenir au minimum 3 922 signatures valides pour que cette région soit comptabilisée dans son quota.
En attendant, la CEI poursuivra sa campagne de sensibilisation dans les autres régions concernées. Mais à Daloa, cette première rencontre a laissé transparaître une réalité : pour réussir ce pari du parrainage citoyen, la confiance reste encore à consolider.
Natacha kouakou