Les sciences sociales, notamment la sociologie et la géographie, ont été mises en avant comme des leviers essentiels pour assurer le succès du programme One Health « Une seule santé » lors d’un atelier organisé le mardi 15 juillet 2025 à Bouaké. Cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet Préparer l’Afrique et l’Europe à faire face à de nouveaux vecteurs porteurs de maladies, favorisés par les effets du réchauffement climatique et l’intensification des échanges mondiaux. L’atelier s’est tenu dans les locaux du Centre d’entomologie médicale et vétérinaire (CEMV), sur le campus 2 de l’université Alassane Ouattara. Il visait à explorer l’apport des sciences sociales dans la compréhension de l’impact du programme One Health sur les populations, les animaux et leur environnement. Plusieurs personnalités politiques, administratives et communautaires ont pris part à cette rencontre, témoignant ainsi de leur soutien à la mise en œuvre du programme.
Prenant la parole, le Dr Touré Mahama, maître de conférences et directeur du CEMV, a expliqué la portée de cet atelier et les résultats attendus. « Cet atelier vise à démontrer la valeur ajoutée des sciences sociales dans le domaine de la recherche médicale. Elles permettent d’identifier les facteurs de succès ou d’échec dans la mise en œuvre des programmes de santé. ».
De son côté, le Dr Koné Bognan Valentin, docteur en sociologie et chercheur associé au Centre Suisse de Recherches Scientifiques (CSRS), a insisté sur l’importance stratégique des sciences sociales pour l’approche One Health : « Cet atelier met en lumière la contribution des sciences sociales à l’évaluation des interventions sanitaires. Elles permettent d’identifier les facteurs comportementaux qui influencent les problématiques de santé, malgré les avancées biomédicales. Ces facteurs incluent des dimensions économiques, comme le coût des soins, mais aussi des facteurs communautaires, tels que les croyances et les perceptions locales. Les sciences sociales sont donc indispensables à la réussite de ce projet », a-t-il affirmé.
Enfin, le professeur Bonfoh Bassirou, concepteur du programme One Health, a rappelé l’urgence de repenser les systèmes de santé à l’aune des crises sanitaires actuelles : « Il ne se passe plus une année sans l’émergence d’une nouvelle maladie. Or, près de 70 % d’entre elles proviennent des animaux et de l’environnement. Cela montre bien que l’homme, l’animal et l’environnement sont interconnectés. Il est donc inefficace d’aborder les questions de santé uniquement sous l’angle médical humain. Il faut une approche intégrée, impliquant les vétérinaires, les médecins et les environnementalistes. Cette collaboration permettra de mieux anticiper les risques, de partager les ressources et d’agir efficacement avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il conseillé.