Le Comité Intersyndical des Jeunes de Côte d’Ivoire, avec le soutien du Bureau International du Travail (BIT), a organisé un atelier stratégique sur le thème : « Jeunesse, emploi décent et syndicalisme en Côte d’Ivoire ». Cette rencontre tenue du 18 au 19 juillet 2025 à Yamoussoukro réuni une vingtaine de jeunes syndicalistes issus de différentes centrales, des hauts responsables syndicaux, des experts du BIT ainsi que des représentants des médias.
L’objectif était clair : renforcer l’engagement et la participation active des jeunes dans la transformation du mouvement syndical ivoirien en instaurant un cadre structuré de dialogue, de renforcement des capacités et de formulation de réformes adaptées aux réalités qu’ils vivent. Les échanges ont permis de sensibiliser les jeunes sur leur rôle stratégique dans le renouveau syndical, de partager des expériences, d’identifier ensemble les freins à leur implication et de formuler des recommandations concrètes en faveur d’une meilleure intégration dans la gouvernance et les processus décisionnels.
Dans son intervention d’ouverture, Yomi Jean Roch, président du Comité Intersyndical des Jeunes, a salué l’appui constant du BIT et souligné les nombreux défis auxquels la jeunesse reste confrontée : chômage, précarité, développement de l’économie informelle, inadéquation entre formation et emploi. Il a exhorté les jeunes à saisir cette opportunité pour contribuer activement à la transformation du syndicalisme ivoirien. « Cet atelier doit marquer le point de départ d’une transformation profonde. Nous devons renforcer nos capacités en négociation, en leadership et en gestion des conflits, et créer un cadre qui garantisse la participation effective des jeunes dans les instances de décision », a-t-il déclaré.
Coulibaly Adamo, représentant des centrales syndicales, a, pour sa part, lancé un appel à la responsabilité des jeunes. Il les a exhortés à s’impliquer pleinement dans la vie syndicale en misant sur l’apprentissage, la formation continue et la rigueur auprès des aînés. « La jeunesse, c’est l’avenir, mais il faut accepter d’apprendre, d’être encadré, et de s’armer de patience et de concentration », a-t-il rappelé.
Le Bureau International du Travail, représenté par Katia Paredes Moreno, spécialiste principale des Activités des Travailleurs (ACTRAV), a, de son côté, réaffirmé son engagement à accompagner la jeunesse syndicale. Elle a insisté sur l’impérieuse nécessité d’ouvrir davantage les organisations syndicales aux jeunes, rappelant qu’ils représentent plus de 75 % de la population active, tout en demeurant sous-représentés dans les espaces décisionnels, y compris syndicaux. « Cet atelier vise à renforcer l’engagement des jeunes dans les structures syndicales et à créer des espaces de dialogue intergénérationnel. Le syndicalisme ne peut se réinventer sans la jeunesse », a-t-elle affirmé. Elle a salué la mobilisation des participants et encouragé la mise en place d’un cadre durable capable de porter haut les aspirations de la jeunesse.
Au terme de ces deux journées d’échanges, les participants ont convenu de l’urgence de revitaliser le syndicalisme ivoirien à travers une plus grande inclusion des jeunes, la promotion de l’emploi décent et l’adaptation des syndicats aux réalités contemporaines du marché du travail. Ils se sont engagés à porter des propositions concrètes pour bâtir un syndicalisme plus moderne, plus inclusif et plus représentatif. Les jeunes leaders ont réaffirmé leur volonté d’assurer le suivi des recommandations issues de cet atelier afin de devenir de véritables ambassadeurs du renouveau syndical en Côte d’Ivoire.