La région de la Nawa a célébré ce week-end une étape majeure dans la lutte contre le travail des enfants. Dans le cadre du programme ENACTE – « Ensemble pour agir sur les causes profondes du travail des enfants dans la Nawa » –, 32 adolescents à risque ou victimes de travail des enfants ont bénéficié d’une formation professionnelle à Méagui. Cette initiative est conduite par l’OIT, l’UNICEF et l’OIM, avec le soutien financier de l’Union européenne et de la Coopération suisse, en partenariat avec le Comité National de Surveillance (CNS) et le Comité Interministériel (CIM).
Pendant six mois, ces jeunes ont été formés en maraîchage, agriculture et mécanique moto grâce à une collaboration étroite entre l’OIT, la Direction de l’Apprentissage et de l’Insertion Professionnelle (DAIP) du METFPA et la coopérative locale.
Présent à la cérémonie de clôture, Konan Sylvain, coordonnateur du programme ENACTE dans la Nawa, a salué « un bilan très satisfaisant ». Sur les 32 jeunes inscrits, 30 ont achevé leur parcours, soit un taux d’achèvement de 93 %, et tous ont obtenu leur certificat. Mieux encore, 77 % sont déjà en phase d’insertion professionnelle.
Pour lui, au-delà de la formation, le véritable enjeu était de tester « un écosystème d’apprentissage de qualité » dans la localité de Méagui. Cet écosystème, affirme-t-il, est désormais fonctionnel et constitue une base solide pour accueillir d’autres apprentis et renforcer les opportunités d’insertion. Fort de ces résultats, le METFPA prévoit l’implantation de Pôles de Formation par Apprentissage (PFA) à Buyo, Guéyo et Okrouyo. Ces structures délocalisées, adaptées aux zones rurales dépourvues de centres de formation, permettront de rapprocher les opportunités d’apprentissage des jeunes des zones reculées. « Avec cette approche, nous entendons offrir une chance réelle à davantage d’enfants et d’adolescents de se former à un métier, de sortir de la vulnérabilité et d’accéder à un travail décent », a ajouté Konan Sylvain.
Représentant le préfet de Méagui, N’Guessan Kouakou, Secrétaire général de la préfecture, a exprimé la gratitude de l’administration pour ce projet qui offre « une seconde chance » aux enfants sortis prématurément du système scolaire. « Beaucoup d’enfants n’arrivent pas au bout de leur cursus pour des raisons diverses. Sans accompagnement, ils deviennent des cas sociaux. Ce programme leur permet de rebondir, d’apprendre un métier et de devenir utiles à la société. C’est ainsi que les nations se développent : par la formation professionnelle », a-t-il souligné.
Il a encouragé les jeunes à persévérer et a appelé à un suivi rapproché afin de garantir leur installation et leur réussite. Pour lui, « leur succès est celui de tout le monde : des bailleurs, du ministère et des communautés. Nous devons donc les accompagner jusqu’au bout ». Cet atelier de bilan ouvre la voie à la consolidation du modèle d’apprentissage expérimenté à Méagui et à son extension à d’autres localités de la Nawa. ENACTE entend poursuivre la construction d’un environnement protecteur pour les enfants, en combinant formation, accompagnement social et insertion professionnelle.
Quant aux apprenants, leur porte-parole a exprimé la gratitude de ses camarades pour l’opportunité reçue :« Merci à tous ceux qui ont cru en nous. Beaucoup avaient perdu espoir après l’école, mais cette formation nous a redonné confiance et offert un métier pour aider nos familles. »
Il a souligné l’impact du programme sur leur vision du travail :« Au-delà des techniques apprises, nous avons gagné en discipline et en rigueur. C’est une vraie seconde chance, et nous ferons tout pour être utiles à nos communautés. »
Avec un dispositif renforcé grâce aux futurs Pôles de Formation par Apprentissage, la région de la Nawa pourrait devenir un modèle national de lutte contre le travail des enfants grâce à l’apprentissage et au travail décent.