À Abidjan, dans les couloirs feutrés de la gouvernance publique, certaines batailles se mènent loin des projecteurs mais pèsent lourd dans l’architecture d’un État moderne. La lutte contre la corruption en fait partie. Et en Côte d’Ivoire, l’un des visages de ce combat institutionnel reste celui de Épiphane Zoro Bi Ballo, à la tête de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG).
Jeudi 5 mars 2026, au siège de l’institution à Cocody, le président de la HABG a dressé devant la presse le bilan des activités de l’institution pour l’année 2025 tout en esquissant les perspectives pour 2026. L’exercice, désormais attendu, s’inscrit dans une logique de redevabilité qui traduit la volonté des autorités ivoiriennes d’ancrer durablement la culture de la transparence dans la gestion publique.
Parmi les indicateurs scrutés, celui de la déclaration de patrimoine demeure l’un des baromètres essentiels de l’intégrité publique. Sur ce terrain, la HABG affiche des résultats significatifs. Au 31 décembre 2025, l’institution a enregistré 9 844 déclarations de patrimoine de prise de fonction ou de début de mandat, sur un total de 10 858 déclarations attendues, soit un taux de déclaration de 90,66 %.
Ce chiffre reste globalement stable comparé à 2024, où le taux atteignait 90,99 %. La légère variation s’explique notamment par l’élargissement du périmètre des personnes assujetties. 456 nouveaux assujettis ont été identifiés à la suite d’un recensement, portant ainsi à 10 858 le nombre total de responsables publics concernés.
Mais la stratégie de la HABG ne se limite pas à la contrainte administrative. Elle repose aussi sur un pari pédagogique. Il s’agit celui de former les acteurs publics et privés aux principes de la bonne gouvernance. En avril 2025, l’institution a ainsi lancé à Yamoussoukro l’Académie de la Bonne Gouvernance et du Leadership Anti-Corruption, en présence du Vice-président de la République, Tiémoko Meyliet Koné. Depuis son lancement, trois sessions de formation ont été organisées et ont permis de former 350 auditeurs nationaux et régionaux. Une initiative qui vise à créer, à moyen terme, une masse critique d’acteurs publics sensibilisés aux enjeux d’intégrité.
Pour consolider ces acquis, la HABG entend accélérer plusieurs chantiers structurants en 2026. Parmi les priorités annoncées figurent la digitalisation du processus de déclaration de patrimoine, le renforcement des mécanismes de contrôle, la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, le renforcement des capacités des agents publics, du secteur privé et des organisations de la société civile etc.