Le 12 mars 2026, la Côte d’Ivoire a appris le décès de Guillaume Houphouët-Boigny, fils du premier Président ivoirien, Félix Houphouët-Boigny. Il s’est éteint à l’âge de 88 ans et sera inhumé chez sa maman à Adaou.
En effet, selon le programme des obsèques, son inhumation est prévue à Adaou, dans la région d’Abengourou, dans la stricte intimité familiale. Un choix qui suscite de nombreuses interrogations et alimente le débat autour des pratiques coutumières akan, notamment sur la question du matriarcat et du patriarcat en pays baoulé.
Face à la polémique, Nanan Boigny N’Dri III, garant des us et coutumes de la famille Houphouët-Boigny et chef de canton des Akouè, apporte un éclairage précis sur la tradition
« Ceux qui se posent cette question ne savent pas vraiment de quoi ils parlent. Dans la tradition akan, de type matriarcal, l’individu appartient à sa lignée maternelle de son vivant. Mais après la mort, le corps revient à la famille paternelle. L’inhumation doit donc se faire dans le village du père. »
Il précise également que :
« Pour que M. Guillaume Houphouët-Boigny soit inhumé à Adaou, sa famille maternelle a dû formuler une demande auprès de sa famille paternelle, qui a donné son accord. »
Cette pratique n’est pas nouvelle au sein de la famille. Le cas de Félix Houphouët-Boigny lui-même en est une illustration.
Par son père, il était originaire de N’Zipli, tandis qu’il appartenait au groupe des Akouè par sa mère, dont le village est Yamoussoukro (anciennement N’Gokro). Le village paternel, quant à lui, est Groyakro, situé dans la région de Didiévi.
Ainsi, pour que le premier Président ivoirien soit inhumé à Yamoussoukro, une autorisation avait également été sollicitée et obtenue auprès de sa famille paternelle.
Au regard de ces éléments, l’inhumation de Guillaume Houphouët-Boigny à Adaou ne constitue pas une entorse à la tradition, mais plutôt une application des règles coutumières akan, où l’équilibre entre lignées maternelle et paternelle demeure fondamental, même après la mort.