Une forte délégation conduite sur instruction de Nanan Boigny N’Dri III s’est rendue à Abidjan le dimanche 22 mars pour présenter les condoléances à la famille endeuillée, illustrant la solidarité de toute la ville de Yamoussoukro.
Le décès de Guillaume Houphouët-Boigny, survenu le 12 mars 2026 à l’âge de 88 ans, a plongé la grande famille Houphouët-Boigny ainsi que les populations de Yamoussoukro dans une profonde tristesse.
Face à cette disparition, Nanan Boigny N’Dri III, chef de canton des Akouè et Ministre, Gouverneur du District autonome de Yamoussoukro, s’est immédiatement impliqué dans l’organisation des obsèques, à la fois en tant que membre de la famille et autorité traditionnelle.
Informé de la nouvelle, il s’est sans délai rendu auprès de la famille pour en vérifier la véracité. Après confirmation, il a décidé de rester sur place afin de participer activement aux différentes réunions préparatoires.
« La famille m’a informé en tant que membre. Je suis chef, donc je me suis immédiatement déplacé pour vérifier l’information. Après confirmation, je suis resté sur place et je participe depuis aux réunions pour la préparation des funérailles », a-t-il confié.
Dans le cadre du programme des obsèques, marqué notamment par la journée de présentation des condoléances du dimanche 22 mars 2026, une importante délégation de 110 personnes a quitté Yamoussoukro pour Abidjan.
Constituée sur instruction de Nanan Boigny N’Dri III, cette délégation se voulait apolitique et représentative de toutes les composantes sociales de la ville. Elle comprenait des chefs traditionnels de Yamoussoukro (Akouè et Nananfouè), des chefs Baoulé résidant dans la ville, des représentants de communautés allochtones et allogènes, le personnel du District autonome, des associations de femmes et de jeunes, ainsi que des guides religieux, avec à leur tête l’imam de la grande mosquée de Yamoussoukro.
« Cette délégation a été constituée pour refléter la diversité de notre société et montrer que ce deuil concerne toute la communauté », a souligné Kouadio Raphaël, directeur de cabinet du District autonome de Yamoussoukro.
À Yamoussoukro, la mobilisation a été remarquable. Tous ont exprimé leur volonté d’être aux côtés du chef de canton en ces moments difficiles. Cette dynamique collective traduit l’attachement de la ville aux valeurs de solidarité, de respect des traditions et d’unité.
Par ailleurs, des précisions ont été apportées sur les conditions de l’inhumation du défunt. Selon Thiam Augustin, toutes les démarches ont été entreprises dans le strict respect des us et coutumes, ainsi que des dernières volontés du disparu.
Conformément à la tradition, une délégation de chefs a été envoyée pour annoncer officiellement le décès à la famille maternelle. Celle-ci a ensuite dépêché une mission pour réclamer le corps, une requête acceptée par la famille paternelle.
Il a ainsi été décidé que Guillaume Houphouët-Boigny sera inhumé à Adaou, dans le département d’Abengourou, village de sa mère, où il reposera à ses côtés, perpétuant une tradition familiale.
« Ce n’est pas une première. Le président Félix Houphouët-Boigny lui-même a été inhumé dans le village de sa mère. Aujourd’hui, c’est la même chose », a précisé Nanan Boigny N’Dri III.
Au-delà des hommages, ce décès ravive le sentiment d’une perte progressive au sein de la grande famille Houphouët-Boigny. Guillaume était le dernier fils biologique de Félix Houphouët-Boigny. Il ne reste désormais qu’une seule fille parmi les enfants directs.
« Nous sommes en train de perdre une partie importante de notre histoire. La famille se réduit progressivement. Il reste très peu d’enfants directs », a confié Nanan avec émotion.
Les obsèques se poursuivront dans les jours à venir avec une messe de requiem, suivie de l’inhumation qui se déroulera dans la stricte intimité familiale. Nanan Boigny N’Dri III a annoncé qu’il prendra part à cette ultime étape, accompagné de quelques chefs.
À travers cette mobilisation exceptionnelle, Yamoussoukro démontre une fois de plus son attachement aux valeurs de solidarité, de respect des traditions et d’unité face à l’épreuve.
Ce deuil, au-delà de la famille, touche toute une communauté et marque une page importante de l’histoire locale.