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Cacao : 291 milliards annoncés, mais les stocks toujours bloqués, les révélations de Koné Moussa

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La crise dans la filière café-cacao ivoirienne continue de susciter incompréhension et indignation. À l’occasion d’une grande rencontre avec les producteurs à Duékoué, le président du Syndicat National Agricole pour le Progrès en Côte d’Ivoire (SYNAPCI), Koné Moussa, a fait des révélations troublantes sur la gestion des ressources annoncées pour soutenir le secteur.

Cette mobilisation, point culminant d’une tournée entamée le 25 mars à Méo, dans le département de Toulépleu, a réuni des milliers de producteurs venus des principales zones cacaoyères de l’Ouest. Tous dénoncent une situation qu’ils jugent incohérente : des financements annoncés, mais aucun impact concret sur le terrain.

Au cœur des débats, le décaissement de 291 milliards de francs CFA annoncé par le gouvernement pour permettre l’enlèvement des stocks résiduels de la grande campagne au prix de 2 800 F/kg. Une décision saluée par Koné Moussa, qui a tenu à exprimer sa reconnaissance au Président de la République, Alassane Ouattara, pour cette initiative.

Mais très vite, le ton a changé.

« On nous annonce 291 milliards pour enlever les stocks, mais sur le terrain, rien ne bouge. Les produits sont toujours dans les mains des producteurs. L’enlèvement est bloqué », a révélé le président du SYNAPCI, sous les regards attentifs des planteurs.

Selon lui, un flou persiste autour des montants réellement mobilisés. Il évoque notamment une contradiction avec les 280 milliards de francs CFA annoncés par le Conseil café-cacao, renforçant ainsi le sentiment de confusion et de manque de transparence.

« Il y a un problème de cohérence. Où va cet argent ? Pourquoi les producteurs continuent-ils de souffrir alors que les fonds sont annoncés ? », s’est-il interrogé.

Au-delà des chiffres, Koné Moussa met en lumière un dysfonctionnement plus profond du système. Il rappelle que le cacao a été vendu de manière anticipée dans le cadre du mécanisme de stabilisation, et que les recettes ont déjà été encaissées.

« Le cacao a été vendu, l’argent a été pris, mais les producteurs ont encore leurs fèves en main. À qui a-t-on vendu ce cacao ? Et pourquoi personne ne vient les enlever ? », a-t-il insisté.

Pour le SYNAPCI, cette situation est inacceptable. Le syndicat, qui revendique 868 000 membres, estime que les producteurs sont aujourd’hui victimes d’une mauvaise gestion du système censé garantir leurs revenus, notamment le fonds de stabilisation évalué à 170 milliards de francs CFA.

Face à ce qu’il considère comme une injustice, Koné Moussa a annoncé une position ferme :
« Nos stocks doivent être achetés à 2 800 F. Tant que cela ne sera pas fait, aucun cacao ne quittera nos localités pour Abidjan. »

Un mot d’ordre qui sonne comme un avertissement et qui pourrait avoir des répercussions importantes sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

Malgré la fermeté de ses propos, le président du SYNAPCI se veut mesuré.
« Nous sommes pacifiques. Nous avons confiance au gouvernement, mais nous n’avons plus confiance aux gestionnaires actuels. Il faut revoir la gestion de la filière », a-t-il déclaré.

Dans les rangs des producteurs, l’inquiétude est grandissante. Beaucoup peinent à écouler leurs récoltes tandis que le prix bord champ chute à 1 200 F/kg, un niveau unanimement rejeté.

Les témoignages recueillis sur place traduisent une détresse sociale réelle. Entre difficultés à subvenir aux besoins familiaux et incertitudes sur l’avenir, les planteurs appellent à des mesures urgentes et concrètes.

À Duékoué, les révélations de Koné Moussa ont jeté une lumière crue sur les zones d’ombre de la gestion de la filière cacao. Entre annonces financières et réalité du terrain, le fossé semble se creuser davantage.

Désormais, les producteurs attendent des réponses claires. Car pour eux, une question demeure essentielle : que sont devenus les milliards annoncés, pendant que leurs stocks restent bloqués ?

Natacha kouakou

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