Le Directeur de la Lutte contre le Travail des Enfants (DLTE), Docteur N’Guettia Kouakou Kra Martin, a plaidé pour un renforcement du dispositif national de lutte contre le travail des enfants, en mettant l’accent sur la cartographie des risques et la traçabilité des produits agricoles, notamment dans les régions de la Nawa et du Cavally.
S’exprimant lors d’une rencontre avec les acteurs concernés, le responsable a souligné que la lutte contre le travail des enfants passe d’abord par l’attaque des causes profondes du phénomène.
« Tout le monde connaît les causes du travail des enfants. Attaquer ces causes, c’est véritablement éliminer le phénomène », a-t-il indiqué.
Le Directeur de la DLTE a expliqué que l’objectif principal consiste à réaliser une cartographie des zones à risques afin d’identifier les localités où le travail des enfants est plus présent. Cette approche permettra à l’État ivoirien de prendre des décisions basées sur des données objectives.
Selon lui, cette cartographie repose sur l’exploitation de données publiques et l’analyse des réalités locales, avec pour finalité d’orienter efficacement les interventions.
« Il s’agit de permettre à l’État d’avoir des éléments objectifs pour attaquer les causes profondes du travail des enfants », a-t-il précisé.
Le second objectif du dispositif concerne la conformité aux normes internationales, notamment celles de l’Union européenne en matière de traçabilité des produits agricoles. Le Docteur N’Guettia Kouakou Kra Martin a expliqué que les exportations ivoiriennes, notamment les produits de rente, doivent désormais prouver leur origine et démontrer que les zones de production ne présentent pas de risques élevés de travail des enfants.
« Lorsque nos produits arrivent en Europe, on nous demande d’où ils proviennent et si la zone est à risque. Nous devons être capables de prouver le niveau de risque et les mesures mises en place pour le réduire », a-t-il expliqué.
Toutefois, le responsable a reconnu qu’il est difficile pour un pays en développement d’atteindre le risque zéro.
« Nous ne pouvons pas garantir zéro travail des enfants, mais nous pouvons mettre en place un dispositif de veille pour identifier et traiter le phénomène », a-t-il affirmé.
Le Directeur de la DLTE a également insisté sur la nécessité d’une mobilisation de tous les acteurs, notamment les autorités administratives, les collectivités, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs du secteur agricole. Il a salué l’implication du corps préfectoral et l’engagement des différents partenaires, tout en soulignant la nécessité de renforcer les moyens financiers pour assurer l’efficacité du dispositif.
« Nous avons les outils, nous avons l’engagement des acteurs. Mais il faut maintenant les moyens pour passer à l’action et réduire progressivement les zones à risque élevé », a-t-il déclaré.
Selon le responsable, l’enjeu consiste désormais à démontrer, année après année, une amélioration des indicateurs. Ainsi, les zones identifiées comme à risque élevé devront progressivement évoluer vers des niveaux de risque modéré puis faible, afin de rassurer les partenaires internationaux.
« Ce qu’ils vont regarder, c’est l’évolution. Si le risque reste élevé plusieurs années, cela signifie que nous n’avons pas suffisamment agi », a-t-il averti.
Pour conclure, le Directeur de la Lutte contre le Travail des Enfants a lancé un plaidoyer en faveur d’un soutien accru au dispositif, estimant que cette initiative contribuera à renforcer la compétitivité des produits ivoiriens sur le marché international.
« Nous sommes tous embarqués dans ce défi. Ce travail est important pour l’économie ivoirienne et pour l’avenir de nos enfants », a-t-il conclu.