À Yamoussoukro, certaines déclarations publiques viennent d’être sèchement rattrapées par la réalité du terrain. La visite de reconnaissance effectuée par le nouveau chef du village de Nanan, Nanan Kouamé Brou Aubertel, auprès de Nanan Boigny N’Dri III, chef du canton Akouè, n’est pas un simple geste protocolaire. elle sonne comme une réponse claire, directe et sans détour aux tentatives de récupération politique observées ces derniers jours.
Fraîchement intronisé, le chef de Nanan, accompagné de sa délégation, a tenu à exprimer sa profonde gratitude à Augustin Thiam, unanimement reconnu comme l’artisan majeur du retour de la paix dans ce village longtemps secoué par une crise de chefferie. Son implication ne relève pas du symbole. médiation sur la durée, engagement personnel et contribution financière sur fonds propres à la cérémonie d’intronisation.
Et dans la tradition Akan, les actes parlent plus fort que les discours. Les présents remis à Augustin Thiam, hautement symboliques, consacrent une reconnaissance enracinée dans les usages coutumiers, loin des mises en scène politiques.
Cette séquence vient frontalement contredire la communication du député Yaya Ouattara, qui s’était attribué, via une publication sur les réseaux sociaux, un rôle central au nom du ministre Souleymane Diarrassouba. Une sortie qui, à l’épreuve des faits, apparaît aujourd’hui comme une tentative de repositionnement politique, en décalage avec la réalité du processus ayant conduit à cette intronisation.
Car l’histoire de la chefferie de Nanan ne s’écrit pas en un jour. Elle est le fruit de plus de deux décennies d’efforts, de négociations et d’engagements constants. C’est ce qu’a rappelé Nanan Boigny N’Dri III, saluant une « paix construite patiemment », bien au-delà des postures circonstancielles. « Ce que nous vivons aujourd’hui est le fruit de plus de 20 ans de travail », a-t-il insisté.
Lucide, il a également relativisé l’importance de l’appui financier apporté. « L’argent peut se donner, mais la paix n’a pas de prix, même dans 50 ans ». Un message fort, qui replace les priorités là où elles doivent être. dans la stabilité sociale et la cohésion durable.
Dans la même veine, Augustin Thiam a appelé à la responsabilité collective. « Nous venons de loin. Cette paix est une étape, mais le défi est de la préserver et de la consolider ». Un discours d’homme de terrain, loin des effets d’annonce.
En définitive, cette visite de reconnaissance agit comme un révélateur. À Yamoussoukro, la chefferie traditionnelle vient de rappeler une vérité essentielle. la légitimité ne se décrète pas sur Facebook, elle se construit dans la durée, dans l’engagement et dans les actes.
Gnin Guétin