À peine rentré de Singapour, où il a participé à la 10e édition du World Cities Summit, grand rendez-vous international consacré au développement urbain durable et aux villes du futur, le Ministre, Gouverneur du District Autonome de Yamoussoukro, le Dr Augustin Thiam, a honoré son engagement en prenant part ce samedi 20 juin 2026 au 8e Congrès ordinaire électif du Syndicat national des professionnels de la presse de Côte d’Ivoire (SYNAPPCI), dont il assurait le parrainage.
Placé autour du thème : « Quel dialogue social pour la réorientation du combat syndical, en vue de l’amélioration des conditions de vie et de travail des professionnels des médias dans un secteur sinistré et en perpétuelle mutation ? », ce congrès a réuni les principaux acteurs du monde des médias pour réfléchir aux défis actuels de la profession et élire une nouvelle équipe dirigeante.
Ancien journaliste au prestigieux magazine Jeune Afrique à Paris pendant cinq années et diplômé du Centre de Formation à la Profession de Journaliste (CFPJ) de la rue du Louvre, Augustin Thiam connaît les réalités du métier pour l’avoir lui-même exercé. C’est donc avec une sensibilité particulière qu’il a abordé les préoccupations des professionnels des médias.
Dès l’ouverture des travaux, plusieurs intervenants ont salué sa présence malgré un agenda chargé. Le président du comité d’organisation, Koffi Kouamé, a exprimé sa reconnaissance au Ministre, Gouverneur pour son soutien au syndicat et son engagement en faveur de la presse.
Le représentant du Secrétaire général sortant du SYNAPPCI, Lan Soré, a quant à lui rappelé les nombreux défis auxquels font face les acteurs des médias, tout en remerciant le parrain du congrès pour son accompagnement constant.
Dans une intervention particulièrement remarquée, le Dr Augustin Thiam a dressé un état des lieux lucide de l’environnement médiatique contemporain.
Selon lui, les progrès technologiques ont profondément transformé la circulation de l’information, permettant aux citoyens d’accéder instantanément à une multitude de contenus. Cependant, derrière cette révolution numérique se cache une réalité plus préoccupante : la fragilisation croissante des entreprises de presse et des professionnels qui les animent.
Lex journaliste de Jeune Afrique a relevé la baisse des revenus publicitaires, la concurrence des plateformes numériques, l’influence grandissante des réseaux sociaux, la prolifération de la désinformation ainsi que l’évolution permanente des technologies de la communication.
« Les entreprises de presse font face à des contraintes techniques, financières et économiques croissantes », a-t-il souligné, estimant que ces difficultés ont des répercussions directes sur les travailleurs du secteur.
Précarité de l’emploi, faibles rémunérations, conditions de travail parfois difficiles et nécessité permanente de formation figurent parmi les principales préoccupations évoquées par l’ancien journaliste.
Profitant de cette tribune, Augustin Thiam a rappelé les fondamentaux du métier de journaliste. Selon lui, la profession repose sur des missions essentielles : collecter, vérifier, analyser et diffuser une information fiable au service des citoyens.
Il a insisté sur les principes qui fondent la crédibilité des médias : le respect de la vérité, la protection des sources, l’indépendance éditoriale, le refus des pressions politiques ou économiques ainsi que le respect de la dignité humaine et de l’intérêt général.
Face aux mutations actuelles, il a invité les professionnels des médias à demeurer fidèles à ces valeurs afin de préserver la confiance du public.
« La critique constructive n’est pas une marque d’hostilité. Elle constitue au contraire une opportunité d’amélioration et de perfectionnement », a-t-il déclaré.
Pour le Ministre, Gouverneur, la réponse aux difficultés du secteur passe inévitablement par un dialogue social renforcé entre les employeurs, les syndicats, les pouvoirs publics et l’ensemble des acteurs des médias.
Il estime que le combat syndical doit évoluer pour s’adapter aux nouvelles réalités du secteur sans pour autant renoncer aux revendications légitimes des travailleurs.
« Il ne s’agit plus seulement de revendiquer, mais également de proposer et de construire des solutions durables », a-t-il affirmé.
Renforcement de la protection sociale, amélioration des conditions de travail, promotion de la formation continue et accompagnement de la transition numérique figurent parmi les pistes évoquées pour bâtir un secteur plus résilient et plus équitable.
En conclusion de son allocution, Augustin Thiam a réaffirmé son ouverture à accompagner les professionnels des médias dans leur quête d’un environnement plus favorable à l’exercice de leur mission.
« Je suis disposé à vous écouter, à m’entretenir avec vous et à vous apporter mon aide sous les formes qu’il nous appartiendra, vous et moi, de définir », a-t-il assuré.
Par ces mots, le Ministre, Gouverneur a réitéré son attachement à une presse forte, crédible et responsable, avant de procéder à l’ouverture officielle du 8e Congrès ordinaire électif du SYNAPPCI.
Au-delà du renouvellement des instances dirigeantes du syndicat, cette rencontre aura surtout permis de mettre en lumière l’urgence d’une réflexion collective sur l’avenir de la presse ivoirienne, confrontée à des défis sans précédent mais également porteuse d’importantes opportunités dans un monde en constante mutation.