La lutte contre l’orpaillage illégal a été au cœur d’une importante réunion tenue, mercredi 26 août 2026, à la Préfecture de Méagui. Initiée par la Préfecture, cette rencontre avait pour objectif de faire le point sur l’ampleur du phénomène dans le département et d’échanger sur les mesures à renforcer pour mieux lutter contre cette activité clandestine.
À cette occasion, la Direction départementale des Mines a été invitée à présenter l’état des lieux de l’orpaillage illégal dans le département de Méagui, notamment à partir des données recueillies par les services techniques.
La séance était présidée par M. Paha Thimoté, préfet du département de Méagui, en présence notamment de M. Animan Adjé Jean, sous-préfet de Gnanmangui, et de Mme Béhi Nathalie, sous-préfète de Oupoyo.
La rencontre a réuni les chefs de villages et de communautés, les représentants des organisations de jeunes et de femmes, ainsi que plusieurs services techniques de l’État, dont ceux du ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie et des Eaux et Forêts.
Selon les données présentées, 45 sites d’orpaillage illégal géoréférencés ont été recensés dans la région de la Nawa sur la période de juillet 2024 à août 2026. Le département de Méagui compte à lui seul 10 sites, au même niveau que le département de Soubré, tandis que le département de Buyo en concentre 20.
Une présence importante est notamment signalée dans plusieurs zones de la région, notamment dans les sous-préfectures de Dapéoua, Gnanmangui et Grand-Zattry.
Les échanges ont également porté sur les risques liés à l’exploitation aurifère clandestine à proximité des cours d’eau, notamment le fleuve Sassandra et la rivière Lobo.
Selon les informations présentées, certaines activités d’orpaillage illégal sont menées à proximité ou directement dans les cours d’eau, avec notamment l’utilisation de dragues. Des détecteurs de métaux, broyeuses et autres équipements artisanaux sont également utilisés sur certains sites.
Ces pratiques font craindre une dégradation progressive des ressources naturelles et une perturbation des écosystèmes, avec des conséquences possibles sur les activités agricoles et la qualité des ressources en eau.
Face à cette situation, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la surveillance des zones concernées et la coordination entre les différents services compétents.
La poursuite de l’identification et de la cartographie des sites clandestins, la mise à jour régulière des données ainsi que le renforcement des opérations conjointes figurent parmi les pistes évoquées. Le suivi des sites déjà déguerpis constitue également un enjeu majeur afin d’éviter leur réoccupation par les orpailleurs clandestins.
Au-delà des opérations de contrôle, les participants ont souligné l’importance de la sensibilisation des populations sur les conséquences environnementales et sociales de l’orpaillage illégal.
La promotion d’activités économiques alternatives, notamment l’agriculture durable, l’agroforesterie et les activités génératrices de revenus, pourrait également contribuer à réduire l’attractivité de l’exploitation clandestine de l’or.
La collaboration entre l’administration, les chefs traditionnels, les collectivités territoriales, les organisations communautaires et les populations locales apparaît ainsi comme un élément essentiel du dispositif de lutte.
À travers cette rencontre, la Préfecture de Méagui entend maintenir la mobilisation des différents acteurs face au phénomène de l’orpaillage illégal. La présentation de la Direction départementale des Mines aura permis aux participants de mieux cerner l’ampleur du phénomène et les principaux défis auxquels le département est confronté.
La préservation des cours d’eau, des terres agricoles et des espaces forestiers demeure ainsi un enjeu majeur. La lutte contre l’orpaillage illégal nécessite une action collective, durable et coordonnée entre les services de l’État, les autorités locales, les chefs communautaires et les populations.