Une affaire foncière opposant l’entreprise ESTP à Touré Ahmed Bouah prend une nouvelle dimension. La société affirme avoir engagé 1,79 milliard de francs CFA dans un projet immobilier portant sur un terrain de 346 hectares à Ayamé-Adjamé 4 Croix, avant de découvrir, selon ses responsables, que les droits revendiqués sur le site étaient contestés.
Le dossier a été porté sur la place publique jeudi 3 septembre 2026, à l’occasion d’une conférence de presse animée par Mme Ouattara Ahoua, partenaire financier de l’ESTP, en présence de Mory Soumahoro, directeur général de l’entreprise.
Selon les explications fournies lors de cette rencontre, l’ESTP aurait été sollicitée dans le cadre d’un projet immobilier présenté comme reposant sur un foncier de 346 hectares. La société affirme avoir mobilisé d’importants moyens financiers pour réaliser des travaux sur le site, sur la base de documents et d’engagements qui lui auraient été présentés par Touré Ahmed Bouah.
C’est après le démarrage des opérations que les responsables de l’entreprise disent avoir découvert des éléments remettant en cause la propriété ou les droits de leur interlocuteur sur le terrain. Ils soutiennent notamment que le même site aurait déjà fait l’objet de transactions avec deux autres entreprises.
Pour Mme Ouattara Ahoua, le préjudice financier subi par l’ESTP et ses partenaires s’élève à environ 1,79 milliard de francs CFA. Elle estime que cette situation nécessite désormais que toute la lumière soit faite sur les documents, les transactions et les responsabilités dans cette affaire.
Le différend ne se limiterait toutefois pas au volet financier. Les responsables de l’ESTP ont également fait état d’un incident survenu récemment sur le site, au cours duquel des employés et des ouvrages de l’entreprise auraient été pris pour cible. Ils dénoncent, dans ce contexte, la manière dont certaines interventions des forces de l’ordre auraient été conduites.
Ces accusations, qui restent à établir par les autorités compétentes, ajoutent une dimension sécuritaire à un dossier déjà marqué par un important contentieux foncier et financier.
Face à cette situation, l’ESTP affirme avoir choisi la voie judiciaire. Une plainte aurait été déposée le 17 août 2026 auprès du Pôle pénal économique et financier pour des faits qualifiés par les plaignants de faux, usage de faux et escroquerie, pour un montant de 1,79 milliard de francs CFA.
Au-delà du cas particulier de l’ESTP, cette affaire relance le débat sur la sécurisation des investissements immobiliers et la fiabilité des transactions foncières en Côte d’Ivoire. Pour les responsables de l’entreprise, la multiplication de tels litiges pourrait fragiliser la confiance des investisseurs, notamment ceux établis à l’étranger.
Mme Ouattara Ahoua en appelle ainsi aux autorités ivoiriennes afin que le différend soit examiné avec toute la rigueur nécessaire. Elle dit espérer que la justice permettra d’établir les faits, d’identifier les responsabilités et, le cas échéant, de permettre aux victimes d’obtenir réparation.
À ce stade, les accusations formulées contre Touré Ahmed Bouah relèvent des déclarations de l’ESTP et devront être confrontées aux éléments du dossier judiciaire ainsi qu’aux éventuelles explications de l’intéressé.