Economie

CACAO : PRÈS D’UN MILLION DE PRODUCTEURS MENACENT DE TOUT BLOQUER APRÈS LE 16 SEPTEMBRE

Published

on

Vivre du cacao devient de plus en plus difficile pour de nombreux producteurs. Entre les frais de scolarité des enfants, les dépenses quotidiennes du ménage, les charges liées à l’entretien des plantations et les difficultés de commercialisation, les producteurs disent ne plus parvenir à joindre les deux bouts. Au cœur de leurs préoccupations : le prix de 1 200 FCFA le kilogramme, qu’ils jugent insuffisant au regard de leurs charges.

« Notre préoccupation majeure aujourd’hui, c’est le prix de 1 200 francs. Ce prix peut nous tuer », a lancé un producteur lors de la grande concertation du Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAPCI), dimanche 13 septembre 2026, à Daloa.

La colère est d’autant plus forte que le kilogramme de cacao avait atteint 2 800 FCFA lors de la campagne précédente. Pour les producteurs, cette différence pèse lourdement sur leur quotidien.

« Pourquoi la Côte d’Ivoire, qui est le premier producteur mondial, donne 1 200 francs ? », s’est interrogé un autre participant.

La base appelle à ne plus vendre

Face à cette situation, plusieurs représentants des producteurs ont appelé à une mobilisation collective. Certains ont notamment proposé de ne plus vendre le cacao tant que leurs revendications ne seront pas prises en compte.

« Si nous ne pouvons pas faire réellement grève, nous ne pourrons pas défendre nos intérêts », a déclaré un participant.

Les difficultés liées aux cartes de producteurs, au recensement, aux paiements et à la commercialisation ont également été évoquées au cours de la rencontre. Des participants affirment que certains producteurs rencontrent des obstacles pour accéder normalement à la commercialisation de leurs productions.

Koné Moussa durcit le ton

Après avoir écouté les différentes interventions des coordinateurs, délégués de sections et représentants des comités de base, Koné Moussa a pris la parole pour préciser la position du SYNAPCI.

Le responsable syndical a confirmé les principales revendications portées par la base : une réponse sur le prix de 1 200 FCFA, le règlement des difficultés liées aux paiements et à la commercialisation, mais aussi la démission du directeur général du Conseil du Café-Cacao.

Koné Moussa affirme par ailleurs que le SYNAPCI dispose d’une base de données de 868 000 producteurs identifiés, soit près d’un million de producteurs.

Le syndicat entend s’appuyer sur cette base pour accentuer la pression sur les autorités.

Le 16 septembre, date butoir

Le SYNAPCI affirme avoir adressé un préavis de grève au ministre de l’Agriculture. Mais pour Koné Moussa, une échéance est désormais fixée.

« Notre ultimatum, c’est à partir du mercredi 16. S’il n’y a rien de fait à partir du mercredi 16, nous allons aviser », a-t-il déclaré.

Le 16 septembre 2026 constitue donc la date butoir de l’ultimatum. À défaut de réponses jugées satisfaisantes après cette échéance, le SYNAPCI annonce une grève illimitée.

Une menace pour la commercialisation

Si l’appel à la mobilisation est effectivement suivi, les conséquences pourraient dépasser les seuls producteurs. La décision de ne pas commercialiser le cacao pourrait perturber la collecte, l’achat, le transport et l’évacuation des fèves, avec des répercussions sur l’ensemble de la chaîne.

La perspective d’une grève illimitée fait ainsi peser une pression supplémentaire sur une filière stratégique pour l’économie ivoirienne.

Le gouvernement face à l’urgence

À quelques jours de l’échéance, l’urgence est désormais, pour les autorités, de trouver des réponses aux préoccupations exprimées par les producteurs.

Prix du cacao, paiements, commercialisation, cartes de producteurs et gouvernance de la filière : les dossiers sont posés.

À Daloa, le SYNAPCI a clairement affiché sa détermination. Si aucune réponse jugée satisfaisante n’est apportée après le 16 septembre, près d’un million de producteurs revendiqués par l’organisation pourraient être appelés à entrer dans une grève illimitée.

Le compte à rebours est donc lancé.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Actualité

Copyright © 2021 - 2026 infocentrale.net. Tous droits réservés.