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Anyama : Mory Soumahoro et les propriétaires d’Ahoubo contestent les 629 hectares revendiqués par Touré Ahmed Bouah

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Le différend foncier opposant le groupe SOPHIA SA, dirigé par Touré Ahmed Bouah, à plusieurs acteurs du secteur de l’aménagement foncier à Anyama-Ahoubo connaît un nouvel épisode. Mercredi 23 septembre 2026, Mory Soumahoro, directeur général de ESTP, ainsi que des propriétaires terriens d’Ahoubo, ont publiquement contesté plusieurs affirmations rapportées dans l’hebdomadaire « Allô Police », notamment celles relatives à une parcelle de 629 hectares.

Dans son numéro 866 du lundi 21 septembre 2026, « Allô Police » avait relayé la version de Touré Ahmed Bouah dans le cadre de ce différend. Une publication que Mory Soumahoro conteste vivement.

Selon le directeur général de ESTP, l’auteur de l’article, Hamilton Dago, ne l’aurait pas contacté avant la publication afin de recueillir sa version des faits. Il estime ainsi que les règles du contradictoire n’auraient pas été respectées.

« En publiant les déclarations de Touré Ahmed Bouah sans me contacter, le journal n’a pas respecté les règles élémentaires du journalisme », a déclaré Mory Soumahoro, qui conteste également la présentation du différend autour d’une superficie de 629 hectares.

Sur ce point, il affirme que ses relations contractuelles avec le PDG de SOPHIA SA portaient sur une superficie différente. « Moi et Touré Ahmed Bouah n’avons jamais parlé de 629 hectares. L’ACD qu’il m’a donné concerne 346 hectares », a-t-il soutenu, précisant que cette parcelle aurait, selon lui, été vendue à des entreprises publiques.

Mory Soumahoro conteste par ailleurs tout lien entre ses activités à Ahoubo et le site qu’il affirme avoir reçu de SOPHIA SA à Anyama 4 Croix.

« Le site d’Ahoubo est différent de celui que SOPHIA SA m’a confié à Anyama 4 Croix. À Ahoubo, je ne travaille pas au nom de Touré Ahmed Bouah. Je travaille au nom de la famille Affou Mambo », a-t-il expliqué.

Il affirme également être reconnu dans le cadre de cette activité par la chefferie locale, qui lui aurait délivré une attestation.

Présent lors de la rencontre, Affou Mambo Thomas, présenté comme propriétaire terrien à Anyama-Ahoubo, a également apporté sa version du différend.

Selon lui, plusieurs discussions auraient eu lieu avec Touré Ahmed Bouah au sujet de leurs terres. Il affirme toutefois que les familles concernées n’auraient pas perçu les sommes qu’elles attendaient dans le cadre de ces discussions.

« Après plusieurs réunions avec Touré Ahmed Bouah, nous avons convenu qu’il prenne nos terres. Cependant, il n’a jamais payé l’argent qu’il devait verser aux familles », a-t-il déclaré.

Affou Mambo Thomas soutient également que c’est la famille elle-même qui aurait sollicité Mory Soumahoro pour l’aménagement d’une partie des terres.

« C’est nous qui avons sollicité Soumahoro pour qu’il travaille avec nous. Nous lui avons confié les cinq hectares de terres qu’il nous reste pour qu’il les aménage. Si nous avions cédé nos terres à Touré Ahmed Bouah, nous n’aurions plus fait appel à Mory Soumahoro », a-t-il expliqué.

Le Chef Djoman, chef de quartier à Anyama-Ahoubo, a, pour sa part, contesté les affirmations relatives à l’existence de droits fonciers détenus par Touré Ahmed Bouah dans cette zone.

Il affirme notamment que le chef sortant du village, Asso Asso Jean Firmin, n’aurait jamais délivré de document foncier à Touré Ahmed Bouah concernant Ahoubo.

« Il n’a pas 1 m² de terre à Ahoubo », a déclaré le Chef Djoman, avant de contester également la superficie de 629 hectares avancée dans le cadre du différend.

Selon lui, cette superficie engloberait notamment le village lui-même. « Les 629 hectares dont il parle vont du Cafop au village qui y est inclus. Pensez-vous qu’on va vendre notre village à Touré Ahmed Bouah ? », a-t-il interrogé.

Au terme de cette sortie, Mory Soumahoro et les propriétaires terriens d’Ahoubo maintiennent donc une version différente de celle présentée par Touré Ahmed Bouah dans « Allô Police ».

Au cœur du différend se trouvent notamment la superficie réellement concernée, la nature des droits revendiqués sur les terres d’Ahoubo, les éventuels accords conclus avec les familles propriétaires ainsi que les documents susceptibles d’établir les droits de chacune des parties.

Les protagonistes sont désormais appelés à produire les pièces permettant de clarifier le dossier. Les populations d’Anyama-Ahoubo indiquent, de leur côté, attendre depuis plusieurs mois des éléments documentaires permettant d’établir les droits revendiqués sur les 629 hectares.

En attendant, les différentes versions continuent de s’opposer. La publication d’« Allô Police » a ainsi provoqué une nouvelle réaction de Mory Soumahoro et des propriétaires terriens, qui souhaitent que leur version des faits soit également portée à la connaissance de l’opinion.

Touré Ahmed Bouah et « Allô Police » conservent la possibilité d’apporter leur réponse et de produire les documents qu’ils estiment nécessaires à l’établissement de leur position.

Christ Kemondé

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