Armer les conseillers agricoles pour répondre précisément aux attentes des producteurs de café est tout l’enjeu de la session de formation de quatre jours qui réunit, du 4 au 8 octobre 2026, 52 techniciens supérieurs spécialistes des cultures pérennes (TSCP) de l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER). Conduite par les experts du Centre National de Recherche agronomique (CNRA), ce programme intensif explore les leviers modernes de la filière café en pleine mutation.
La plaidoirie de Ehougban Vincent, coordonnateur du projet café-cacao à l’ANADER
Au cœur du calendrier : la maîtrise des nouvelles variétés, le perfectionnement des techniques culturales, le traitement des maladies végétales ainsi que l’optimisation des étapes de récolte et de post-récolte. Une initiative cruciale pour Ehougban Vincent, coordonnateur du projet café-cacao à l’ANADER, qui a plaidé pour la multiplication de ces sessions afin de maintenir les agents de terrain en phase constante avec les avancées de la recherche.
Le technicien, pont de l’innovation
Pour Dr N’Guessan Kouamé François, directeur régional sud-ouest du CNRA basé à Gagnoa, la science n’a de valeur que si elle est appliquée. « Une innovation scientifique ne peut avoir un véritable impact que lorsqu’elle est effectivement transférée, diffusée, bien comprise et adoptée par les producteurs sur le terrain », a-t-il rappelé. Selon lui, les agents de l’ANADER constituent le maillon indispensable, les « principaux relais » capables de traduire les théories des laboratoires en pratiques agricoles rentables.
Le défi de la qualité : « Du champ jusqu’à la tasse »
Au-delà des volumes à générer, la recherche met un accent particulier sur la valeur marchande du produit. Le Dr Gba Kossia Manzan Carine épouse Okoman, chercheuse au CNRA et formatrice, s’est montrée intransigeante sur les standards de cueillette : « La qualité, c’est du champ jusqu’à la tasse. Si je récolte du café qui n’est pas mûr, il est clair qu’il ne sera pas de bonne qualité. C’est toute une chaîne à suivre. », a-t-elle conseillé.
L’Arabusta : l’arme de la Côte d’Ivoire pour reconquérir le marché mondial
Pour s’imposer face à la concurrence internationale, la Côte d’Ivoire ne compte plus seulement sur son traditionnel Robusta. La formation fait la part belle à l’Arabusta, une variété hybride introduite par la recherche ivoirienne. Alliant la force du Robusta local à l’élégance aromatique de l’Arabica (cultivé en Éthiopie ou au Kenya), cette variété représente l’arme commerciale de la Côte d’Ivoire pour conquérir les segments les plus exigeants du marché mondial. Une mutation technique majeure que les 52 agents auront la charge de vulgariser dès leur retour sur le terrain. Soulignons que la production nationale du café en Côte d’Ivoire ces dernières années oscille entre 100.000 et 114.000 tonnes par an.