L’heure est à l’action à Gagnoa. En marge d’une grande concertation avec les forces vives de la commune le mercredi 14 octobre 2026, le député-maire Yssouf Diabaté s’est prêté au traditionnel exercice de la conférence de presse. Objectif : présenter la stratégie de la municipalité pour pallier les conséquences des récentes inondations qui ont lourdement impacté plusieurs sous-quartiers de la cité du Fromager.
Libérer les voies d’eau et reloger les sinistrés
Pour le premier magistrat, la priorité absolue reste la mise en sécurité des populations et la restauration du réseau d’évacuation des eaux. La première mesure forte annoncée concerne le relogement temporaire des ménages sinistrés du quartier Dar-es-Salam. Ce déplacement stratégique doit permettre le déploiement immédiat des services techniques.
La seconde phase, qui débutera dès la fin des consultations populaires, consistera en un curage massif des réseaux d’égouts obstrués. Pour mener à bien ce chantier d’envergure, la mairie a misé sur deux leviers majeurs : l’acquisition de machines lourdes et appropriées, spécifiquement dédiées à ces travaux de salubrité, le renforcement des équipes, grâce au recrutement immédiat de 20 jeunes dynamiques de la commune pour un contrat de trois mois.
Ces interventions, prévues pour durer environ six mois, cibleront en priorité les points critiques de la ville : les secteurs du cinéma Yacouba Sylla, d’Ezzédine, du collège Siriki Koné, ainsi que les quartiers Dar-es-Salam et Delbo 2.
Face aux rumeurs, le maire contre-attaque
Yssouf Diabaté a profité de cette tribune pour répondre sans détour aux vifs débats qui ont agité les réseaux sociaux la semaine dernière. Il a formellement rejeté l’idée que le remblayage des bas-fonds soit à l’origine de la montée des eaux, s’appuyant sur des faits concrets. « Les zones remblayées, notamment les voies menant au quartier Soleil et celle Barouhio à Guessihio n’ont enregistré aucune montée d’eau », a-t-il argué. Pour lui, le diagnostic est purement comportemental : « Nous sommes conscients que ce sont les ordures jetées dans les caniveaux qui ont bloqué l’évacuation. Et nous allons prendre nos responsabilités. », a-t-il rassuré.
Accusé par certains détracteurs d’avoir cédé des portions de bas-fonds à des opérateurs économiques, le maire s’est montré intraitable : « Depuis que je suis à Gagnoa, je n’ai jamais vendu un seul centimètre de bas-fonds, pour la simple raison que je ne suis pas propriétaire terrien. » Il a rappelé que la gestion coutumière des terres relève exclusivement des propriétaires terriens, sous la stricte assistance technique du ministère de la Construction et de l’Urbanisme.
Cap sur le civisme et la fermeté
Pour clore son intervention, le maire a tenu à rassurer ses administrés sur la viabilité des travaux en cours, exécutés sous la supervision d’ingénieurs qualifiés pour garantir des résultats durables.
Toutefois, Yssouf Diabaté a prévenu qu’aucun aménagement ne sera efficace sans un changement radical de comportement de la part des usagers. Appelant au civisme de chacun, il a annoncé la création imminente d’une brigade de salubrité. Cette nouvelle unité aura pour mission de veiller quotidiennement à l’entretien, à l’assainissement et au respect du domaine public à travers toute la ville.