L’arrêté ministériel , signé par les ministres ,du commerce , de l’agriculture, des finances et du budget , et qui stipule l’interdiction d’exporter certains produits vivriers , a eu des effets collatéraux désastreux à Man, capitale de la région du Tonkpi .
En effet ,64 femmes commerçantes de produits vivriers , issues des sociétés coopératives SCOOPS-VIT et « Serve Nourricière » , sont dans la désolation totale , après qu’un arrêté ministériel qui interdit l’exportation de certains produits vivriers , leur soit » tombé sur la tête » , avec pour conséquence le pourrissement de 647 040 tonnes de bananes plantain ,ainsi que autres marchandises périssables .
Il faut le dire , depuis le 15 janvier 2024, cet arrêté ministériel pris avec pour effet imédiat , interdit l’exportation des produits suivants : les tubercules et racines ( manioc ,ignames ) , les céréales ( mais ,riz , mil ,sorgho, fonio) ,les oléagineux ( graines de palme ), fruits et légumes ( banane plantain ,piment aubergine, tomate, gombo), les produits divers ( attieké, semoule de. manioc, cosette de manioc , pâte de manioc , poudre de gombo, poudre de piment , poudre de maïs).
Qu’est ce qui explique donc que cette quantité très importante de banane a pourri ?
» Un matin un arrêté nous est tombé sur notre tête . Nous avions déjà fait nos provisions pour les différents pays limitrophes ,notamment le Mali et les autres pays voisins . Des camions remorques pleins de bananes étaient en route pour le Mali . On n’avait pas été averti , et une fois à la frontière à Tengrela , nos chargements de bananes ont été stoppés par la douane . Espérant que l’Etat , assouplisse cette mesure à certains niveau , çà n’a pas été fait . Nos bananes ont donc pourri , après plusieurs jours passés à la frontière » a fait savoir Tia Philomène épouse Glao, président de SCOOPS-VIT.
Pour sa part , la secrétaire de la société coopérative » terre nourricière « , L’y Fatou, s’est exprimé en ces termes : » Nous avions fait de grandes commandes de bananes dans le bord champ , quand c’est arrivé , on ne pouvait plus l’ exporter . Donc il y a eu un surplus de banane sur marché que nous n’avons pas pu évacuer . Conséquence , une grande quantité a pourri, si nous n’avons pas brader . »
Approché, le directeur régional de l’Office de Commercialisation des Produits vivriers ( OCPV) , Okoma Koffi Honoré , a fait savoir que le gouvernement a déjà pris acte de la situation . Sans oublier que, en tant que le premier responsable de l’antenne de l’OCPV de Man, il a déjà formulé un plaidoyer à sa hiérarchie, le 18 janvier 2024, en faveur de ces commerçantes confrontées à ce malheureux incident , afin que leurs chargements respectifs puissent regagner le Mali.
Malheureusement , c’est une semaine après que la missive du DR de l’OCPV a pu avoir une bonne suite . C’était déjà tard , car la banane était en décomposition .
Dans l’ensemble , ce sont au total 647 047 tonnes de banane plantain ,sans compter les produits divers qui pourront pas être vendus , et qui constituent un préjudice en numéraire de 80 880 000 francs CFA.
Par la voie de toutes les femmes du vivriers confrontées à cette triste situation , madame Glao s’est tournée vers la Première Dame , Dominique afin qu’elle vienne au secours des femmes de la filière banane de Man. Grenier du vivrier de Côté d’Ivoire . » Nous ne sommes pas contre la décision du gouvernement ,mais nous demandons tout simplement de permettre à nos mamans de continuer leur activités génératrices de revenus . Il faut le dire , les 64 femmes sont endettées ou ruinées . Vraiment aidez nous . » a plaidé madame Glao.