Les villageois de Galéa qui sont à quelques encablures du barrage ont exprimé bruyamment leur colère aux responsables de CI-Energie. La voie d’accès au site a été obstruée par les manifestants qui réclament le payement de leurs indemnités qui tardent depuis près de six ans.
Ce lundi 13 mai 2024 sera gravé dans la mémoire collective des habitants de la cité de la Nawa. Il régnait ce matin une ambiance électronique sur la voie d’accès au barrage de Gri-Popoli, sur la coupole de CI-Energie. Les populations de Galéa 1 et 2, ont manifesté leur mécontentement en bloquant la voie d’accès au site avec des troncs d’arbres qui a occasionné en embouteillage. Des pancartes hostiles à CI-Energie brandis par des manifestants réclamant leur dû. Les forces de l’ordre appelés à la rescousse n’ont pu les contenir à cause leur détermination inébranlable.
Selon certaines indiscrétions, depuis 2018, date de la construction du barrage, les populations déguerpies sur ce site n’ont pas jusqu’à ce jour reçu leurs indemnités alors que les responsables de CI-Energie étaient venus en prospection pour la validation de leur argent. Napo Clé Claude, l’un des manifestants du village de Galéa déplore cette situation » Nous sommes quatre villages qui ont été impactés. Depuis 2018, CI-Energie est venu faire les expertises sur l’eau. Ils ont fait la mise en eau et nous n’avons pas accès à nos champs. Qu’ils viennent payer notre argent ou rien. On a signé les documents avec le Bnect à Soubré où CI-Energie a envoyé des huissiers de justice pour venir faire le contrôle de ceux qui devraient avoir leur argent. Cela fait six ans que nous ne recevons rien ». Or, il s’avérait que les villages de Baleyo, de Balehiri et de Soubouo, ont été indemnisés au grand dam de Galéa. Ce qui n’est pas du goût de Meh Adjé Benjamin, chef du village de Galéa qui pointe du doigt les autorités de CI-Energie avec qui des accords ont été conclus pour la revendication de 19 ha de terre à indemniser. Certains villages impactés par la construction du barrage ont reçu leurs indemnités sauf Galéa. En 2019, ces mêmes habitants ont fait un sit-in et par la suite des documents ont été signés dans le but d’être indemnisés. Malheureusement rien n’y fit. Pour abaisser les tensions et éviter les affrontements, Kouamé Bi Kalou Clément, préfet de la région de la Nawa a rencontré les manifestants et les chefs de village dans le but de trouver une solution idoine. Toutefois, il n’a pas apprécié le déroulement de cette manifestation qui a tout de même eu des répercussions sur les structures de l’État. Il l’es a invité à recourir à la justice » Nous sommes dans un pays de droit. Lorsque vous fermez les voies, c’est aller contre le droit. La loi offre des possibilités pour revendiquer ces droits. Si vous pensez que des gens n’ont pas été indemnisés, c’est votre droit de saisir la justice. Mais dès lors que vous partez bloqué les voies, vous vous mettez en porte à faux contre l’État. C’est une défiance à l’État de Côte d’Ivoire. Soyons donc dans le sens du plaidoyer » A-t-il soutenu.
Quant à Kouassi Kouakou Martin, directeur en charge des opérations et de maintenance de CI-Energie, il déplore cette situation et rassure que tous les impactés auront leur pécule. » C’est une situation assez triste du fait que la voie qui a accès au barrage soit bloquée par la population manifestant leur mécontentement pour des problèmes d’incompréhension. Ils soulignent les superficies qui ont été impactées, et non indemnisées. Alors qu’il n’en ait rien. En réalité, toute la population impactée a été identifiée. Une grosse partie des indemnisations a été faite. Le reste est en cour d’exécution. Le sujet a été porté au gouverneur qui a écouté toutes les parties. Ce qui ressort est que les décrets qui couvrent le projet ont été présentés. Au niveau de la direction de CI-Energie, toutes les dispositions ont été prises pour indemniser les ayant droit «