Dans l’immense mosaïque des défis que doivent affronter les jeunes en quête d’emploi en Côte d’Ivoire, se dessine une épreuve supplémentaire: les péripéties des concours. Imaginez-vous, un jeune plein d’ambition dans un coin reculé du pays, qui rêve de devenir enseignant, policier, gendarme, énarque…etc. Son destin semble tracé vers la grande métropole d’Abidjan, où se jouent les concours tant convoités. Mais voilà, le chemin vers la réussite est semé d’embûches, de frais et de kilomètres à parcourir.
Nos vaillants candidats, souvent démunis de moyens financiers, se retrouvent face à un dilemme cornélien. Comment réussir à franchir les portes de la réussite quand il faut d’abord franchir les portes de la ville tentaculaire d’Abidjan ? Les frais de concours, déjà exorbitants, s’accompagnent désormais des frais de déplacement, d’hébergement, de restauration, et autres imprévus qui se cachent derrière chaque coin de rue. Les pauvres, ces oubliés de la fortune, semblent condamnés à rester aux portes de l’emploi, éloignés par la distance et les coûts.
Pourtant, la solution est peut-être plus proche que nous ne le pensions. Pourquoi ne pas envisager une décentralisation audacieuse des concours? Bouaké, Yamoussoukro, Daloa, Man, Korhogo, San Pedro, Dimbokro, Bondoukou… ces villes regorgent de potentiel, de jeunes talents prêts à éclore si seulement on leur en donnait l’opportunité. Les Directions Régionales, ces gardiennes des territoires oubliés, pourraient-elles prendre en charge cette noble responsabilité? Imaginez un instant, des concours organisés dans la quiétude de des villes de l’intérieur du pays. Les candidats pourraient enfin se sentir chez eux, sans avoir à craindre les longues distances et les dangers de la route.
Certes, la route vers la décentralisation des concours sera semée d’embûches. Les infrastructures devront être améliorées, les procédures réorganisées, les mentalités changées. Mais n’est-ce pas là le prix à payer pour offrir à tous les mêmes chances de réussite? Les pauvres ont-ils moins de droit que les autres à accéder à un avenir meilleur?
Dans cette tragi-comédie de l’emploi en Côte d’Ivoire, il est temps d’écrire un nouveau chapitre. Un chapitre où l’opportunité ne se mesure plus à la distance parcourue, mais à la motivation et au talent des candidats. Un chapitre où les villes de l’intérieur brillent d’un nouvel éclat, devenant les foyers de l’excellence et de l’opportunité.
La souffrance des jeunes en quête d’emploi ne doit pas être prise à la légère. Leur avenir, et par extension celui de notre pays, dépend de notre capacité à leur offrir des opportunités équitables et accessibles. La décentralisation des concours pourrait bien être la clé pour ouvrir les portes de la réussite à tous, sans distinction de lieu de naissance ou de situation financière.
Il est temps d’agir. Réclamons ensemble un changement, une réforme audacieuse qui permettra à tous les jeunes de notre pays de rêver plus grand, de viser plus haut. Car oui, les pauvres ont aussi le droit de réussir un jour.
François M’BRA II