Édito

Chronique/ Yamoussoukro: Le drame du jeune grouilleur

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À Sahabo, dans la commune de Yamoussoukro, capitale politique et administrative ivoirienne vit Vianney .Un vrai héros du quotidien, ce jeune grouilleur s’est s’investit à fond dans l’entrepreneuriat agricole. Tous les jours, il se levait à l’aube, le sourire aux lèvres, prêt à récolter les fruits – et légumes – de son travail acharné. Tomates juteuses, piments piquants, concombres croquants et aubergines bien dodues : Vianney avait tout pour séduire les clients du marché Mofaitai.

Cependant, ce 18 août 2024, le destin lui avait préparé une surprise de taille, et pas dans le bon sens. Alors qu’il vantait ses produits frais avec l’enthousiasme d’un vendeur de voitures d’occasion (mais avec beaucoup plus de fraîcheur, évidemment), il a été fauché par une balle perdue. Oui, vous avez bien entendu, une balle perdue ! On pourrait presque penser qu’il s’agissait d’un scénario de film d’action, mais là, c’était la réalité.

Imaginez la scène : Vianney en pleine démonstration de la qualité de ses tomates, s’exclame : « Regardez comme elles sont rouges ! » Puis, paf ! « Mon dos ! » C’est là que l’histoire prend un tournant tragique. Les passants, au lieu d’admirer les merveilles du marché, se sont retrouvés en mode panique, comme des poules sans tête. Vianney, quant à lui, gît par terre, le nez saignant, dans une mare de sang qui aurait fait pâlir d’envie les plus grands artistes modernes.

Admis au Centre Hospitalier Régional (CHR )de Yamoussoukro, il espérait recevoir des soins rapides. Mais voilà, le système de santé, parfois capricieux, lui a joué un tour. « Pas de traitement, pas de chance ! »
C’est alors qu’il a été transféré au Centre Hospitalier Universitaire de Bouaké, où il a subi une opération chirurgicale pour extraire cette « fameuse » balle. On peut dire que Vianney a eu plus de chance que certains, mais tout de même, une balle perdue dans un marché, ça fait réfléchir.

Alors, d’où est partie cette balle assassine ? où était caché le tireur ? Peut-être était-il là, au milieu des courgettes, caché derrière un étal de mangues, en train de se dire : « Tiens, je vais faire un carton aujourd’hui ! » La situation est presque trop cocasse pour être vraie, mais elle révèle une réalité beaucoup plus sombre : l’insécurité à Yakro. Qui aurait cru qu’un marché, lieu de convivialité et de joie, pouvait se transformer en champ de bataille ?

À ce stade, il serait peut-être temps de se poser les vraies questions : qu’est-ce qui pousse les gens à tirer dans un marché ? Est-ce l’absence de tomates dans leur assiette ou un coup de feu mal placé dans une querelle de voisinage ? Les mystères de l’insécurité à Yakro méritent une enquête digne d’un roman policier.

En attendant, Vianney , lui, a eu la chance de survivre. Il retournera très bientôt à son champ. Il est bien décidé à continuer son aventure entrepreneuriale, même si, à l’avenir, il compte vendre ses produits avec un gilet pare-balles.

Alors, chers lecteurs, la prochaine fois que vous irez au marché, gardez l’œil ouvert. Et surtout, n’oubliez pas : si une tomate vous tombe sur le pied, il vaut mieux en rire que de se demander si elle a été visée par un tireur embusqué !

Prompte rétablissement, cher frère !

François M’BRA II

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