Yamoussoukro a accueille depuis le mardi 1 octobre 2024, un atelier visant à valider la politique nationale de migration de la main-d’œuvre. Cet événement, qui a rassemblé des ministères techniques, des organisations d’employeurs, de travailleurs, des structures étatiques, des représentants de la société civile et des partenaires techniques et financiers, avait pour objectif de partager et valider les résultats de l’analyse situationnelle réalisée sur la migration de la main-d’œuvre, ainsi que d’examiner la faisabilité des recommandations proposées.
L’Organisation Internationale du Travail (OIT), à travers ses projets JLMP-ACTION, AGRIDOM et FAIR 3, soutient depuis décembre 2022 le Ministère de l’Emploi et de la Protection Sociale dans l’élaboration de cette politique. L’objectif principal est de fournir un document de référence pour la gestion des migrations en Côte d’Ivoire, en accord avec les priorités nationales telles que le Plan National de Développement (PND) et la Politique Nationale de l’Emploi (PNE).
Le Directeur Général de l’Emploi, Franck Dogoh Madou, a officiellement ouvert les travaux, rappelant l’importance de cette initiative : « À l’heure où les questions de migration de main-d’œuvre s’inscrivent dans les agendas internationaux, leur intégration dans nos plans nationaux est indispensable. Cette politique nationale permettra de définir les stratégies prioritaires pour une gestion cohérente de la migration en Côte d’Ivoire ».
Selon Ouattara Kolo, de l’Observatoire de l’Emploi et des Métiers, la Côte d’Ivoire reste un carrefour migratoire majeur en Afrique de l’Ouest, attirant de nombreux migrants malgré les crises politiques et économiques passées. Le pays est marqué par une forte immigration intra-africaine, en particulier dans le secteur informel, notamment l’agriculture et les services domestiques. Cependant, il connaît également une émigration croissante de ses ressortissants à la recherche de meilleures opportunités à l’étranger.
La gestion de la migration en Côte d’Ivoire reste encore fragmentée malgré les efforts déployés par le gouvernement. Une politique nationale de migration de la main-d’œuvre pourrait offrir une réponse cohérente aux nombreux défis actuels, notamment la protection des droits des travailleurs migrants et la régulation des flux migratoires. Cette politique vise à renforcer la coopération sous régionale pour une gestion plus efficace des migrations.
L’élaboration de cette politique repose sur une large consultation des acteurs concernés. Le processus a été amorcé par une analyse situationnelle dont les résultats ont été présentés lors d’une session en ligne le 9 septembre 2024. Cet atelier de validation à Yamoussoukro constitue une étape cruciale avant l’adoption officielle de la politique nationale.
La représentante de l’Union africaine, Bolly Odette, ainsi que Jean-Marie Kagabo, spécialiste senior de l’OIT, ont rappelé que cette initiative marque un tournant décisif pour la Côte d’Ivoire dans la gestion de sa migration de main-d’œuvre, répondant aux besoins urgents de protection des travailleurs et d’intégration des questions migratoires dans les plans de développement.