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Bouaké : Dr Traoré Siaka analyse les raisons du transfert de l’état-major des FACI de Grand-Lahou à Abidjan en 1910

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Dans une démarche diachronique, l’historien militaire du département d’histoire de l’université Alassane Ouattara a présenté une analyse des raisons du transfert de l’état-major, quartier général des troupes coloniales, de Grand-Lahou à Abidjan, vers la fin de la première décennie du XXe siècle, devant un public composé de membres de la communauté scientifique et de représentants de la presse, le vendredi 25 octobre 2024. La conférence a eu lieu, à la salle American Corner du campus 2 de l’université Alassane Ouattara.

À cette occasion, Dr Traoré Siaka, a souligné que selon ses recherches, les origines de l’état-major des troupes coloniales en Côte d’Ivoire remontent à 1891, année de l’installation de la douane à Grand-Lahou, située à l’embouchure du fleuve Bandama. Pour faire face aux révoltes autour de cette douane, un cantonnement de tirailleurs sénégalais a été établi en 1892.

« En 1894, dans le cadre de la colonne de Kong, un corps expéditionnaire de 1 200 soldats provenant des quatre coins de l’empire débarque en Côte d’Ivoire pour rallier Satama et combattre Samory. Cette mission fait du poste militaire de Grand-Lahou la base principale des opérations et le point d’entrée vers l’intérieur de la colonie. En 1895, à l’issue de cette opération, Grand-Lahou devient le lieu de stationnement du commandant militaire de la colonie, le chef de bataillon Paul Constant Caudrelier. La garnison de Grand-Lahou abrite également les chefs des corps d’artillerie coloniale, du génie colonial, de l’intendance militaire, ainsi que le chef de service militaire et la section hors-rang. »

En ce qui concerne les enjeux stratégiques du transfert de cet état-major à Abidjan, Dr Traoré Siaka a souligné que ce processus s’est étalé sur un programme triennal. Pour les autorités militaires et politiques, les enjeux étaient multiples :

« Il s’agissait de réaliser des économies en temps et en argent. À l’époque, pour rejoindre les postes militaires à l’intérieur du pays depuis Grand-Lahou, les troupes mettaient 9 jours pour atteindre Kodiokofi (actuel Didiévi). Avec l’ouverture de la nouvelle voie ferroviaire, ce trajet ne prenait plus que 6 jours. »

« De plus, il était crucial d’améliorer les conditions de vie des troupes. À Grand-Lahou, par exemple, le logement du commandant militaire était un baraquement en bois, avec une toiture rouillée et des cloisons en bois. En revanche, à Abidjan, des bâtiments modernes seraient construits, offrant toutes les commodités nécessaires. Il était également question d’accroître la mobilité des troupes grâce à l’utilisation du train, tout en rapprochant l’autorité militaire de l’autorité politique, qui était alors basée à Bingerville, la capitale. En termes de coûts, les opérations de transfert ont coûté plus de 415 000 francs, financés par un fonds d’emprunt. »

Prince Koffi

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