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Côte d’Ivoire : Hommage à Monné Bou: Un monstre sacré, un grand maître de la peinture s’en est allé

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Sa magie continuera de danser et de frétiller sur la toile. Ses jets fabuleux et lumineux continueront de se trémousser tout en gardant leur secret. Celui qui les faisait jaillir ainsi du néant et de son génie n’est plus. Monné Bou est parti. Il a dit adieu à sa famille, à son épouse, à ses enfants et à ses amis, le dimanche 17 novembre 2024.

Ne croyez surtout pas que la mort nous l’a arraché. L’artiste a simplement rejoint l’éternité bienheureuse. Il est désormais avec le Grand Artiste, l’Architecte, le Créateur de la Vie et de l’univers. Il vit dans nos cœurs.

C’est en milieu de journée du lundi 18 novembre 2024 que la douloureuse nouvelle m’est parvenue de la famille, certainement de l’un de ses enfants. Elle était désarmante et assommante : « Bonjour monsieur Kocani. Je vous écris pour vous informer que papa nous a quittés hier après-midi. Que son âme repose en paix ».

Je n’y ai pas cru. Je ne pouvais pas y croire. Mais la vérité était implacable. L’annonce m’était parvenue via son canal personnel par lequel nous communiquions habituellement ; cela ne laissait donc pas de place au doute.

Je suis resté sans voix. Interloqué. Consterné. Puis ont commencé à défiler dans mon esprit et ma mémoire tous les bons moments que j’ai passés en sa chaleureuse compagnie. Nous n’en avions pas eu des tonnes certes, mais la connexion était si parfaite qu’ils étaient suffisamment riches en intensité qu’ils auraient pu meubler tout une existence.


Maître Monné Bou était extraordinaire de simplicité.

Lors de l’hommage qui lui a été rendu le jeudi 07 mars 2024 (« Monné Bou, Le mystère du jet 50 ans après… »), au Musée des Civilisations, sous le parrainage de Mme Françoise Remarck, ministre de la Culture et de la Francophonie, il m’avait fait l’amitié de me faire parvenir mon carton d’invitation personnalisé. Une telle estime pour ma petite personne ne pouvait que me toucher.

Et j’ai honoré le rendez-vous. Je n’étais pas seul. J’y ai convié ma mère, mon oncle et mon fils aîné.
Au-delà des marques d’affection et d’amitié, je le considèrerai toujours comme le plus grand peintre ivoirien de son temps. J’assume mon propos et chacun est libre de ses opinions.

Sa peinture, ses œuvres étaient véritablement de l’art. Elles ont toujours eu ce côté mystérieux qui semble échapper à tous les calculs et toute probabilité. Un art improbable et d’une beauté exceptionnelle et sensationnelle.

Monné Bou était fort. Très fort. Puissant !
La chronique que je lui ai dédiée dans mon recueil intitulé « La Transe des Mots, Miroir et reflets de notre temps », adaptée aussi en version sonores puis vidéo, perpétuera, je l’espère, son œuvre et sa magie. Je l’avais intitulée : « Trépidations intimes, pour Monné Bou ». Il l’avait appréciée tout en me disant qu’il ne méritait pas tant d’honneur. Et comme je ne fais les choses que par conviction, je lui ai dit : « Vous le méritez amplement et je pense même que je n’en ai pas suffisamment fait, dit ou écrit… »

Nous en avions ri.
De la Cité des Arts à Cocody à Adiaké, en passant par la Riviera 2, Il a lutté vaillamment et héroïquement contre la maladie. Lorsqu’il se sentait mieux, il reprenait de plus bel ses jets indomptables et magiques. C’était un combattant. Merci Maître pour tout. Merci pour « Figure de primipare » que vous m’avez offerte et que je garde précieusement. Merci pour tant d’affection et d’amitié. Merci pour ce que vous avez été pour la Côte d’Ivoire notre beau pays et que vous resterez.

Christian Kocani

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