Dans le cadre de son engagement pour l’élimination des pires formes de travail des enfants, l’Organisation Internationale du Travail (OIT), à travers les projets ACCEL Africa et ENACTE, a organisé un atelier de formation du 9 au 11 décembre 2024 à Yamoussoukro. Cet atelier visait à renforcer les capacités des agents vérificateurs du Conseil du Café-Cacao (CCC) sur les principes et droits fondamentaux au travail et la lutte contre le travail des enfants, dans le contexte d’un système de traçabilité sociale renforcée de la filière cacao.
En Côte d’Ivoire, où le cacao génère 15 % du PIB et emploie plus de 5 millions de personnes, les défis liés au travail des enfants restent un enjeu prioritaire. Face à une pression accrue des partenaires internationaux – notamment l’Union européenne – pour une production durable respectant les droits humains, la filière doit mettre en œuvre des dispositifs solides de traçabilité sociale. Les initiatives visent à garantir la conformité aux exigences internationales, en particulier celles de la Directive européenne sur les diligences raisonnables en matière de durabilité.
Déployés par le Conseil du Café-Cacao, en collaboration avec l’OIT, les agents vérificateurs ont pour mission d’assurer une mobilisation communautaire contre le travail des enfants, la sensibilisation sur les risques associés aux travaux interdits et la promotion des travaux autorisés dans le cacao, ainsi que la collecte de données pour alimenter le Système de Surveillance et de Traçabilité des Enfants en Côte d’Ivoire (SOSTECI). Ce système, essentiel dans la lutte contre le travail des enfants, fournit une cartographie claire et analytique des zones à risque et facilite l’élaboration de stratégies de prévention et de protection adaptées.
L’OIT, en partenariat avec les autorités ivoiriennes, accompagne les efforts nationaux pour l’élimination du travail des enfants dans les chaînes de valeur agricoles. À travers cette formation, l’organisation vise à outiller les agents vérificateurs avec des compétences sur les principes fondamentaux des droits humains et du travail, à améliorer leur maîtrise des mécanismes de traçabilité sociale et des normes de durabilité, notamment l’ARS 1000, et à promouvoir une coordination efficace entre les acteurs publics, privés et communautaires dans la lutte contre le travail des enfants.
Le séminaire a permis de former les agents vérificateurs sur la lutte contre le travail des enfants et les mécanismes nationaux comme le SOSTECI, de renforcer leurs compétences sur les normes sociales appliquées à la cacao-culture, telles que l’ARS 1000, et leur alignement avec les exigences internationales, et d’améliorer leur capacité à sensibiliser et à collaborer avec les communautés rurales pour une production durable et conforme aux standards internationaux.
Organisé par l’OIT avec le soutien du Comité National de Surveillance des actions de lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants (CNS) et du Conseil du Café-Cacao, cet atelier marque une avancée dans la quête d’une filière cacao respectueuse des droits des enfants et des exigences de durabilité. Ce séminaire s’inscrit dans une dynamique visant à renforcer les capacités nationales et à améliorer l’image du cacao ivoirien sur les marchés internationaux.