Niangoin émet des propositions pour le scrutin du 21 février.
La fièvre qui entoure la reprise des législatives a Toumodi monte. Chacun donne ses avis. A quelque jours de l’ouverture de la campagne qui va précéder ce grand rendez vous, Frédéric Tanoh Niangoin acteur important de la Société Civile bien connu en Côte d’Ivoire, président de l’Ong Alerte Conflit qui œuvre nous a-t-on dit, à l’avènement de Sociétés Pacifiques nous a fait part de ses impressions sur le sujet. Il nous a entretenu du regard qu’il porte sur les enjeux de ces élections et fait des propositions afin que tout se passe dans la paix.
» J’observe que du simple fait de sa reprise sur la base d’une réaction extraordinaire de l’un des candidats, Cette élection qui sera reprise dans la commune de Toumodi ne se présente plus comme une simple compétition électorale saine et démocratique tendant à choisir un représentant des populations à l’Assemblée Nationale, mais plutôt comme une âpre lutte d’influence et d’hégémonie engagée par deux importants Partis Politiques, le PDCI et le RHDP, à travers leurs principaux mandataires respectifs qui sont Monsieur Hervé ALLIALI Dominique Djè, Député sortant et Madame Raymonde Michèle GOUDOU-COFFIE, Ministre-Gouverneure sortante et ancien Membre de Gouvernement.
Au regard des invectives ou des passes d’armes qui nous sont servies par certains de leurs partisans, nous devons tous œuvrer pour que cette élection qui va se tenir dans une atmosphère déjà tendue ne mette pas davantage à mal la cohésion sociale déjà délétère à Toumodi depuis l’élection présidentielle de 2020.
Frédéric Tanoh Niangoin est allée plus loin: «
Voyez-vous je totalise au moins 45 années d’expériences électorales en Côte d’Ivoire et particulièrement à Toumodi, soit en tant qu’Acteur partisan dans une vie antérieure, soit en tant qu’Observateur neutre donc équidistant des Organisations Politiques, tout comme des Candidats, depuis ces 10 dernières années.
Je puis donc affirmer que même au plus fort des antagonismes ouverts et violents constatés entre les candidats ou les Partis Politiques dans un passé récent et même actuellement, la convivialité dans les bureaux de vote et les actes d’humanisme, aussi bien envers les agents de la CEI dans les bureaux de vote que les représentants des candidats, ont toujours existé.
Donner donc publiquement et indistinctement de façon désinvolte une somme de 20 000 FCFA pour 06 personnes dans un bureau de vote et de surcroit à la demande de l’une d’entre elles au vu et au su de tous, afin de se rafraichir ou de se restaurer aurait pu être considéré comme un fait banal, si la fraternité et la générosité proclamées à longueur de journée par nos acteurs politiques avaient un fondement réellement altruiste et transcendaient les considérations politiques partisanes.
De même affubler de façon triviale un candidat du nom ‘’Honorable’’ en plein scrutin pour certainement le chahuter ou l’amadouer est une pratique courante dans nos localités qui ne saurait être source de conflit électoral.
Le Conseil Constitutionnel qui a invalidé ce scrutin a donc vu juste en invitant subtilement les protagonistes à certainement plus de convivialité et de fraternité à l’avenir par ce qu’une élection quelle qu’elle soit, n’est qu’un jeu dans une démocratie visant à concrétiser la volonté des populations d’une même circonscription électorale de choisir librement une personne à qui elle décide de confier leur destin commun pour le temps d’un mandat.
Vu sous cet angle chaque Parti Politique en course à travers son candidat devra faire preuve de tolérance et de dépassement en vue de l’économie d’une autre crise politico-communautaire à Toumodi le 21 février prochain. «
Le président de l’Ong Alerte Conflit fait des propositions afin d’éviter à l’avenir d’autres conflits liés au scrutin:
» La prévention des conflits étant l’affaire de tous nous devons, autant que nous sommes : Autorités Préfectorales, Société civile, CEI, Acteurs Politiques, Guides Religieux, Chefs Traditionnels, etc, tout mettre en œuvre pour que l’élection partielle du 21 février prochain soit transparente , cela ne pourra se faire qu’en annihilant toutes les possibilités de fraudes éventuelles et en corrigeant les faiblesses ou failles systémiques révélées ou constatées à quelque niveau que ce soit lors des précédentes consultations électorales.
J’ai à ce sujet quelques propositions à faire en 5 points pour l’élection du 21 février 2026.
La première concerne l’article 37 du Code électoral qui stipule, entre autre, que nul ne peut être admis à voter s’il ne justifie de son identité. Cette vérification d’identité dévolue d’ordinaire au Secrétaire N°1, seul à vérifier l’identité de l’électeur doit être élargie aux représentants de tous les candidats présents dans chaque bureau de vote. Cela permettra à ceux-ci de s’assurer que le requérant en présence est bel et bien le détenteur de la CNI ou de la Carte d’électeur brandie. Cette précaution de contrôle collégial pourrait éviter ‘’le vote des personnes décédées’’ ou ‘’le vote par procuration’’, car le vote étant personnel, l’électeur est tenu de se présenter en personne pour exprimer son vote (article 14) du Décret N° 2025-655 du 30 juillet 2026 portant fonctionnement des bureaux de vote.
La seconde concerne l’affectation du Personnel Électoral de la CEI dans les lieux et bureaux de vote. En effet, afin d’éviter la sédentarisation et les accointances systématiques avec le corps électoral des lieux et bureaux de vote, sources possibles d’arrangements, je suggère que soient tirés au sort, en présence des candidats ou de leurs représentants, les lieux d’affectations du personnel électoral de la CEI à 3 jours du scrutin. Ce procédé permettra d’éviter les familiarités et aussi de suggestionner les électeurs.
Les trois dernières concernent les urnes, les bulletins de vote et les procès-verbaux de dépouillement.
Je suggère à ce niveau que les bulletins de vote soient paraphés par les superviseurs de chaque candidat afin de taire les rumeurs de votes anticipés. Il doit en être de même pour les procès-verbaux de dépouillement afin qu’il n’y ait aucune possibilité de falsification ou de substitution de ceux-ci, ainsi que pour les urnes dont certaines récriminations ont dénoncé des cas de substitution.
Nous voulons tous une élection législative transparente et apaisée. Aucun effort supplémentaire et aucun sacrifice ne seront donc de trop pour espérer y arriver.
Il est aussi bon de rappeler aussi que la transhumance électorale est condamnée et que par conséquent toutes les personnes qui s’y sont données à Toumodi s’avisent de prendre part au scrutin du 21 février 2026 afin d’éviter des perturbations éventuelles. «
Alassane digbeu