Les travaux de l’atelier national de validation du diagnostic et d’adoption de la stratégie de modernisation du système d’inspection du travail (SIT) de Côte d’Ivoire se sont ouverts ce lundi 22 juin 2026 à l’Hôtel Royal de Yamoussoukro. Organisée par le Ministère de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, avec l’appui du Bureau international du Travail (BIT), cette rencontre de trois jours réunit une trentaine d’acteurs du monde du travail autour des enjeux de transformation de l’inspection du travail.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’une étude conduite en 2025 par le Gouvernement ivoirien et le BIT afin d’évaluer les performances du système national d’inspection du travail et de définir les orientations stratégiques nécessaires à sa modernisation. Les conclusions préliminaires de cette étude ont mis en évidence plusieurs défis, notamment l’insuffisance des moyens logistiques et techniques, le déficit d’effectifs, la faible digitalisation des outils ainsi que la nécessité de renforcer les mécanismes de coordination institutionnelle.
Représentant le ministre de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, Adama Kamara, la représentante du ministère a souligné que cet atelier marque une étape décisive dans la construction d’une administration du travail moderne, performante et orientée vers les résultats. Elle a rappelé que l’inspection du travail constitue un pilier essentiel de la gouvernance sociale, de la protection des travailleurs, de la prévention des conflits professionnels et de l’accompagnement des transformations économiques du pays.
« Il n’existe pas de croissance véritablement durable sans paix sociale, ni de compétitivité durable sans respect des normes du travail », a-t-elle indiqué, appelant les participants à contribuer activement à l’élaboration d’une stratégie ambitieuse et réaliste.
Prenant la parole au nom de la Direction générale du Travail, Faustin Amoussou a salué l’engagement du Gouvernement et du BIT en faveur du renforcement du système d’inspection du travail. Selon lui, cette réforme constitue une opportunité historique de bâtir une inspection du travail plus moderne, digitalisée, mieux équipée et davantage adaptée aux réalités d’une économie en pleine mutation.
Les partenaires sociaux ont également exprimé leurs attentes. Au nom des cinq centrales syndicales ivoiriennes, Kimou Yaba a insisté sur la nécessité de prendre en compte les préoccupations des inspecteurs du travail, notamment celles liées à leur statut et à l’amélioration de leurs conditions d’exercice. Elle a plaidé pour que les conclusions de l’atelier débouchent sur des réformes concrètes au bénéfice de l’ensemble des travailleurs.
De son côté, Dora Dora Thierry, représentant du patronat ivoirien, a souligné l’importance de disposer d’un système d’inspection du travail efficace, transparent et prévisible. Il a salué les orientations portant sur la digitalisation des outils, le renforcement des capacités humaines et l’amélioration de la gouvernance, tout en réaffirmant l’engagement du secteur privé à accompagner le processus dans un esprit de dialogue constructif.
Durant trois jours, les participants examineront les résultats du diagnostic, enrichiront les propositions stratégiques et définiront les grandes orientations d’une feuille de route destinée à guider la modernisation du système d’inspection du travail. Les travaux porteront notamment sur la gouvernance, la digitalisation des services, le renforcement des capacités des agents, l’amélioration des moyens opérationnels et le développement des partenariats institutionnels.
À l’issue de l’atelier, les parties prenantes entendent adopter une stratégie nationale consensuelle de modernisation ainsi qu’une feuille de route préliminaire devant servir de base à l’élaboration d’un plan opérationnel détaillé. Cette réforme ambitionne de faire du système d’inspection du travail un instrument plus performant de promotion du travail décent, de protection des travailleurs et de consolidation de la paix sociale en Côte d’Ivoire.
Christ Kemondé