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L’insécurité alimentaire guette l’Afrique occidentale et centrale (étude)

Dans ces deux parties du continent noir, plus de 31 millions de personnes pourraient souffrir de la faim durant la saison de soudure de juin-août 2021 selon le Programme alimentaire mondial (Pam).

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Photo: Shutterstock

Dans ces deux parties du continent noir, plus de 31 millions de personnes pourraient souffrir de la faim durant la saison de soudure de juin-août 2021 selon le Programme alimentaire mondial (Pam).

C’est une alerte pour parer à un danger imminent. Car « ce chiffre est supérieur de plus de 30 % à celui de l’année dernière et représente le niveau le plus élevé depuis près de dix ans d’après les données du Cadre Harmonisé, une analyse conjointe de la sécurité alimentaire publiée sous les auspices du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (Cilss) ».

La possible insécurité alimentaire résulterait, à en croire le Programme alimentaire mondial (Pam), de la flambée des prix des denrées alimentaires dans ces régions en proie à des conflits et à l’impact socio-économique de la pandémie de la Covid-19.

De ce fait, l’organisation humanitaire mondiale de lutte contre la faim estime, dans un communiqué reçu ce vendredi à APA, qu’ « une action immédiate est nécessaire afin d’éviter une catastrophe  » pendant la période de soudure « précédant la prochaine récolte et au cours de laquelle les réserves alimentaires sont épuisées ».

En Afrique de l’Ouest, explique Chris Nikoi, le Directeur du Pam dans cette région, « les conflits alimentent déjà la faim et la misère. La hausse incessante des prix agit comme un multiplicateur de pauvreté, plongeant des millions de personnes dans l’insécurité alimentaire et le désespoir »

De plus, signale M. Nikoi, « même lorsque les denrées alimentaires sont disponibles, les familles n’ont pas les moyens de s’en procurer et la flambée des prix met un repas de base hors de portée de millions de familles pauvres qui avaient déjà du mal à s’en sortir ».

Dans les pays ouest-africains, note le Pam, les prix des denrées alimentaires sont en hausse. « Par rapport à la moyenne des cinq dernières années, les produits locaux ont augmenté de près de 40 % et dans certaines zones, les prix ont grimpé de plus de 200 % », précise le programme du système des Nations unies.

Poursuivant, le Programme alimentaire mondial fait savoir que « cette situation est due en partie à l’impact économique des mesures contre la propagation du coronavirus au cours de l’année dernière, mais aussi à la baisse des revenus des populations en raison de la réduction des activités commerciale, touristique et informelle ainsi que des transferts de fonds ».

En Sierra Leone, par exemple, « la dépréciation de la monnaie locale a eu des répercussions sur le prix des denrées importées ou produites localement », indique le Pam. Dans le pays dirigé par Julius Maada Bio, rapporte l’organisation onusienne, « le prix du riz, l’aliment de base, est supérieur de 60 à 70 % à la moyenne quinquennale ».

C’est pourquoi l’insécurité alimentaire aiguë y a connu un pic puisqu’elle touche 23 % de la population (1,8 million de personnes) contre seulement 2 % en 2019. « En attendant que les marchés se stabilisent, l’assistance alimentaire est peut-être la seule source d’espoir pour des millions de familles. Les besoins sont immenses et si nous ne parvenons pas à réunir les fonds (indispensables), nous ne pourrons tout simplement pas faire face. Nous ne pouvons pas laisser 2021 devenir l’année de la réduction des rations », avertit le Directeur régional du Pam.

En outre, le rapport fait remarquer que « dans le Nord du Nigeria, au Sahel central (Burkina, Mali et Niger), en Centrafrique et dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, l’escalade de la violence oblige les populations à se déplacer, à abandonner leurs champs et leurs sources de revenus ».

C’est la raison pour laquelle « près de 10 millions d’enfants, de moins de 5 ans, souffrent de malnutrition aiguë cette année dans la région et le Sahel représente la moitié de ce chiffre à lui seul ». Au vu de la situation, le Pam prévoit cette année d’aider en Afrique occidentale et centrale « près de 18 millions de personnes » dont 68 % sollicitent une assistance « d’urgence ».

Pour les six prochains mois, le Programme alimentaire mondial a chiffré ses besoins à « 770 millions de dollars » pour mener « ses opérations dans 19 pays ». En 2020, l’organisation humanitaire mondiale et ses partenaires ont aidé « près de 17 millions de personnes en Afrique de l’Ouest à travers des approches intégrées combinant des interventions alimentaires et nutritionnelles vitales mais aussi des activités qui renforcent la résilience des communautés », conclut le document.

ID/APA

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Brazzaville : CFI renforce les capacités des dirigeants de médias africains

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Depuis le 1ᵉʳ décembre 2025, une dizaine de dirigeants de médias venus de Côte d’Ivoire, du Cameroun et du Congo participent à Brazzaville à une formation organisée par Canal France International (CFI) sur les « Modèles éditoriaux et économiques des médias ».

Dans un contexte marqué par l’essor des médias numériques et les difficultés économiques persistantes du secteur, l’objectif est clair : aider les responsables de presse à bâtir des entreprises plus solides et rentables. À l’ouverture, Hortense Tollu, représentante de CFI, a rappelé l’engagement de l’agence à accompagner les médias africains vers plus de professionnalisation et d’efficacité.

Pendant cinq jours, les participants suivent un programme alliant stratégie d’entreprise, diagnostic éditorial et commercial, et construction de modèles économiques adaptés. La formation est animée par le Dr David Youant, journaliste, enseignant-chercheur et expert reconnu du management des médias.

Au terme de cette formation, les participants ont unanimement exprimé leur satisfaction quant à la qualité des différents modules abordés au cours de la formation.

Pour Jean Areguema, chef de chaîne de la radio Sahel Gotel au Cameroun, cette formation tombe à point nommé.

« Je ne savais pas ce qu’était une stratégie média. Aujourd’hui, je sais planifier, diagnostiquer et identifier des sources de revenus alternatives. C’est une opportunité capitale pour la gestion des médias qui me sont confiés. »

De son côté, Marina Kouakou, promotrice d’influencemag.ci en Côte d’Ivoire, repart avec une vision renforcée du management des rédactions

« On apprend l’importance de la stratégie éditoriale et commerciale. Le manager doit maîtriser les ressources humaines, financières et relationnelles. Il faut aussi un modèle économique diversifié pour assurer la survie de nos entreprises. »
Elle ajoute un souhait :
« Un accompagnement financier futur, même minimal, nous aiderait à mieux appliquer cette formation. »

Avec cet atelier, CFI confirme son rôle clé dans l’appui au développement des médias africains, à l’heure où la transition numérique impose de nouveaux défis aux entreprises de presse.


Christ Kémondé, envoyé spécial

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Moscou : Conférence antiterroriste BRICS+ 2025, zoom sur la plaidoirie du Dr Ahoua DON-MELLO en faveur de l’Afrique

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L’espoir est permis et cette rencontre peut être le signe de cet espoir. Après une période de lumière, ou période des grands empires, qui a duré du VIIIe siècle au XVIe siècle, les pays du Sahel, terre de Soundjata Kéita (1190 – 1255), de Kankan Moussa ( 1280 -1337), sont entrés, comme tout le continent africain, sous les lourdes dalles de l’esclavage transatlantique, de la colonisation et de la Françafrique.

Si l’histoire de l’Afrique, encore enseignée dans de nombreuses écoles du continent cache sa gloire passée pour justifier la mission « civilisatrice » de l’esclavage et de la colonisation, les 8 volumes de 800 pages chacun sur l’histoire générale de l’Afrique produits par l’UNESCO, de 1963 à 2000, avec 230 chercheurs, dont un tiers de non africains, sont venus restituer toute sa gloire passée, et aussi son déclin. Les clichés racistes créés par cette période sombre continuent d’induire des complexes de supériorité et de donneurs de leçons chez certains et des complexes d’infériorité et de résignation chez d’autres. C’est donc en se référant à ces sources, que constituent ces volumes de l’histoire générale de l’Afrique, que nous allons situer dans une perspective historique, le contexte du djihadisme pour contribuer à guérir le mal et renforcer la foi des peuples africains en un avenir glorieux.

𝗜- 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗟𝗨𝗠𝗜𝗘𝗥𝗘 𝗗𝗘𝗦 𝗚𝗥𝗔𝗡𝗗𝗦 𝗘𝗠𝗣𝗜𝗥𝗘𝗦 𝗔 𝗟’𝗢𝗕𝗦𝗖𝗨𝗥𝗜𝗧𝗘 𝗗𝗘 𝗟’𝗘𝗦𝗖𝗟𝗔𝗩𝗔𝗚𝗘 𝗖𝗢𝗟𝗢𝗡𝗜𝗔𝗟

L’histoire glorieuse des pays du Sahel commence par la naissance de l’Empire du Ghana qui fût fondé par le peuple Sarakolé entre le IIIe et le VIIIe siècle de notre ère. Cet Empire était à cheval sur le Mali actuel et la Mauritanie et avait pour capitale Koumbi-Saleh.

L’Empire du Ghana a tiré sa puissance de l’exportation du sel et de l’or vendus en partie en Europe et en Arabie. Grâce à ces produits, il étendit son territoire vers le Tekrour (actuel Sénégal) et vers le Manding (Est de La Guinée).

Mais à partir du XIe siècle, l’Empire du Ghana passa sous domination Almoravide, empire berbère qui s’étendit jusqu’au Sud de l’Europe, puis, en 1235, sous celle de l’empire du Mali avec Soundjata Kéita qui créa la charte du Mandé, considérée comme l’une des premières déclarations des droits de l’homme. Sous sa férule, l’Empire du Mali s’étendait du Sahara à la forêt, de l’Océan Atlantique à la boucle du Niger et englobait de grandes parties des territoires actuels du Mali, de la Guinée, du Sénégal, de la Gambie, du Burkina-Faso, de la Côte d’Ivoire et de la Mauritanie.

Soundjata Kéita établit la capitale de l’Empire à Niani dans la Guinée actuelle ; Tombouctou qui a suscité l’émerveillement de René Caillé, était la capitale économique et culturelle.

L’Empire du Mali réussit, dans la paix, à faire coexister diverses ethnies que sont : les Touaregs, les Wolofs, les Bambaras, les Songhaïs, les Dialonkés, les Malinkés, les Dogons, etc. Toutes ces populations avaient en effet adhéré à la Charte du Mandé.

L’économie de l’Empire du Mali reposait sur l’agriculture, l’artisanat, l’or, l’ivoire et le commerce avec le bassin méditerranéen.

L’âge d’or de l’Empire fût atteint sous le règne de Kankan Moussa, vers 1312. Pendant cette période, l’Empire du Mali s’étendit de l’Adrar des Ifoghas à l’estuaire de la Gambie.

En 1324, Kankan Moussa effectua un pèlerinage à la Mecque avec tellement d’or (environ 10 tonnes) que le cours du métal précieux aurait baissé pendant plusieurs années. Il reste d’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui l’homme le plus riche de la planète.

La puissance économique et militaire de l’Empire du Mali est un don du fleuve Niger. Grâce à elle, le rayonnement de Tombouctou, la capitale économique et culturelle de l’Empire et de son illustre Roi Kankan Moussa franchit toutes les frontières.

L’un des empereurs du Mali, Aboubakari II, qui aurait régné de 1310 à 1312, tenta d’envoyer une expédition maritime de 200 bateaux vers l’Amérique sans y parvenir. Aboubakari II, lui même, aurait décidé de relever le défi à la tête de 3 000 bateaux. Il n’en est jamais revenu.

En revanche, là où Aboubakari II a échoué, Christophe Colomb réussit. Essentiellement, à cause de l’invention de la caravelle, un bateau adapté à l’agitation de la mer.

L’échec d’Aboubakari II et la victoire de Christophe Colomb ferment la période de gloire de l’Afrique à travers l’Empire du Mali et ouvrent la période la plus sombre de son histoire qui a commencé par la déportation et la mise en esclavage des créateurs de la richesse dorée de l’Empire du Mali.

Suite à la conférence de Berlin en 1885, la France prend possession de la majorité des territoires de l’Empire du Mali, après avoir vaincu Samory Touré (1830 -1900) et El Hadj Omar Tall (1794 – 1864). Le soudan français est ainsi créé le 18 août 1890 et intégré à l’Afrique Occidentale Française (AOF) en 1895.

Dès lors, l’Empire français s’accapare des richesses aurifères qui ont contribué à la puissance de l’Empire du Mali et soumet la population aux travaux forcés pour la production du coton et de l’arachide.

En 2018, la Banque de France possède 2437 tonnes d’or qui constituent 64% de ses réserves de change tandis que le stock d’or de la BCEAO regroupant les pays du territoire de l’Empire du Mali, reste plafonné à 36.5 tonnes (4.6 tonnes par pays) ; ce qui représente à peine 10.4% de ses réserves de change.

Toute la puissance économique et financière de l’Empire du Mali passe alors d’un seul coup à l’Empire colonial français, puis à la France.

Tel est l’enjeu de la lutte pour la souveraineté des peuples du Sahel qui concerne tout le futur du continent Africain. Car, la victoire des peuples du Sahel sera semblable à la victoire de Soundjata Keita. En revanche, sa défaite sera semblable à la défaite d’Aboubakari II et de Samory Touré.

𝗜𝗜- 𝗗𝗘 𝗟’𝗢𝗕𝗦𝗖𝗨𝗥𝗜𝗧𝗘 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗖𝗢𝗟𝗢𝗡𝗜𝗦𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗔 𝗟𝗔 𝗟𝗨𝗠𝗜𝗘𝗥𝗘 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗦𝗢𝗨𝗩𝗘𝗥𝗔𝗜𝗡𝗘𝗧𝗘 𝗥𝗘𝗧𝗥𝗢𝗨𝗩𝗘𝗘

A l’issue du référendum organisé par la France sur l’Empire français, la République soudanaise est proclamée en 1958.

Modibo Keita (1915 – 1977) proclame l’indépendance de la République Soudanaise sous le nom de la République du Mali le 22 Septembre 1960.

En 1968, Modibo Keïta fut renversé par un coup d’État conduit par le lieutenant Moussa Traoré (1936 – 2020), qui instaura une dictature.

Le 26 mars 1991, celui-ci fut renversé à son tour par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré( 1948- 2020). Après une période de transition, ce dernier instaura un processus démocratique avec l’élection d’Alpha Omar Konaré en 1992, qui sera réélu en 1997.

En 2002, le général Amadou Toumani Touré, qui avait pris sa retraite de l’Armée pour se présenter, fut élu président de la République du Mali, et réélu en 2007. Le 22 mars 2012 Amadou Toumani Touré fut renversé par un putsch, mené par le capitaine Amadou Haya Sanogo dans un contexte de rébellion touarègue et d’attaques djihadistes. Après une transition, Ibrahim Boubacar Keïta fut élu président de la République en septembre 2013, puis sera réélu en 2018 au terme d’une élection contestée.

𝗜𝗜𝗜- 𝗟𝗔 𝗠𝗘𝗡𝗔𝗖𝗘 𝗗𝗝𝗜𝗛𝗔𝗗𝗜𝗦𝗧𝗘

Le gouvernement doit alors, faire face à une situation sécuritaire désastreuse induite par une rébellion et des attaques djihadistes. Comment cela est-il arrivé?

En 2011, Mouammar Kadhafi, président de la Libye depuis 1969, est renversé et assassiné. De nombreux combattants Touaregs de son armée regagnent le Mali où une nouvelle rébellion se prépare.

Fin 2011, est fondé le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) revendiquant l’indépendance.

Début 2012 est fondé Ansar Dine (les Défenseurs de la religion) avec pour objectif, l’application de la charia au Mali. Ansar Dine est allié à AQMI (Al Qaida pour le Maghreb Islamique) de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar dit le Borgne. AQMI est issu d’une scission du Groupe Islamique Armé (GIA) bras armé des islamistes pendant la guerre civile algérienne et ayant fait allégeance à Al Qaida.

En janvier 2013, les djihadistes lancent une offensive sur le sud du Mali, dont Lyad Ag Ghali est le principal initiateur. Le 9 janvier, il dirige l’assaut sur la ville de Konna, qui est conquise.

Cette attaque provoque dès le lendemain une intervention militaire de l’armée française et de plusieurs pays africains. Les djihadistes d’Ansar Dine et d’AQMI abandonnent leurs positions et se réfugient dans l’Adrar des Ifoghas, un massif montagneux dans le nord-est du Mali, près de la frontière algérienne.

Le 29 janvier 2013, une conférence de donateurs internationaux à Addis Abeba promet au total, 455 milliards de dollars, principalement pour financer l’opération militaire et la France réaffirme sa volonté de rester le temps qu’il faut. Cette déclaration est restée sans suite significative et la situation sécuritaire est devenue de plus en plus désastreuse.

Les 5 et 19 juin 2020, à l’appel de l’imam Mahmoud Dicko, des dizaines de milliers de manifestants sortent dans les rues pour réclamer la démission d’Ibrahim Boubakar Kéita.

Le 18 août 2020, vers 16 h 30, Ibrahim Boubacar Keïta et son Premier ministre, Boubou Cissé, sont arrêtés. Une transition civile s’ouvre et connait le même sort qu’Ibrahim Boubakar Kéita, qui ouvre la voie à une transition militaire, en 2021, dirigée par Assimi Goita et comme Premier Ministre Choguel Maiga.

Sous la pression de la rue qui demande le départ des troupes françaises et l’arrivée de la Russie, la France annonce le 10 Juin 2021, le départ de l’opération Barkhane déployée par la France contre le terrorisme et dénonce la présence de la société privée Russe Wagner au Mali.

Arrivée en colon en 1898 et en sauveur en Janvier 2013, l’armée française quitte définitivement le Mali le 15 août 2022 et s’ouvre dès lors, une période d’espoir d’une plus grande souveraineté pour le peuple Malien, sous la direction d’Assimi Goita.

A la suite du Mali, le Burkina Faso, en septembre 2022 et le Niger, en Juillet 2023 empruntent la même voie et créent l’AES (Alliance des Etats du Sahel) pour mutualiser leurs efforts en créant une défense commune face aux menaces d’agression. Le plus dur reste à venir pour défendre la souveraineté et retrouver la prospérité et la gloire.

L’AES est l’une des rares régions subsahariennes à produire du blé, détenant l’une des plus grandes réserves au monde d’hydrogène naturel, d’uranium et de pétrole. Avec plusieurs tonnes d’or produits par an, l’AES a les moyens de sa prospérité, à condition d’avoir la pleine souveraineté sur ses richesses comme Kankan Moussa, de rendre navigable en toute saison le fleuve Niger et d’en faire l’un des greniers et parc animalier de l’Afrique.

Les peuples de l’AES et leurs Chefs portent donc une lourde responsabilité.

Ces Chefs se rappellent certainement de cette phrase de l’hymne du Manding à l’endroit des Rois (Faama) du Manding : «Faama, le peuple te fait confiance parce que tu incarnes ses vertus ».

Peuple de l’AES, votre échec sera un échec pour tout le continent avec des conséquences semblables à l’échec d’Aboubakari II et de Samory Touré. Votre victoire, en revanche, sera un espoir pour tout le continent comme le fut la victoire de Soundjata Kéita et la prospérité du Mali de Kankan Moussa.

Mais le plus dur est là.

𝗜𝗩- 𝗟𝗔 𝗦𝗢𝗨𝗩𝗘𝗥𝗔𝗜𝗡𝗘𝗧𝗘 𝗠𝗘𝗡𝗔𝗖𝗘𝗘

La situation actuelle est marquée par une forte détérioration après des avancées notoires suite à la libération de la ville martyre de Kidal qui avait été assiégée par les djihadistes.

Les groupes les plus actifs sont aujourd’hui fragmentés mais ont étendus leurs menaces pour encercler l’AES tout en coupant les principales voies d’accès aux ports voisins et en progressant vers les pays côtiers.

Le groupe JNIM (Jama’at Nusrat al-islam wal-Musulimin) affilié à Al Qaida. Ce groupe opère notamment au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Le groupe EIGS (Etat islamique au grand Sahara. Ce groupe opère surtout au Nord du Burkina Faso, à l’Ouest du Niger dans la région du Liptako-Gourma).

Le groupe ISWAP (Islamic State West Africa Province) et Boko Haram opèrent vers le bassin du Lac Tchad, au Nord du Nigéria, Niger, Cameroun, Tchad. Leurs armements deviennent de plus en plus modernes avec des explosifs et des drones. Ils proviennent des stocks des armées nationales détournées suite à des attaques, des stocks de la Libye, des marchés illicites alimentés par des milices et des trafiquants à partir de certains pays de l’Europe.

La Russie apporte un soutien logistique et de renseignement pour détruire les capacités miliaires des djihadistes. Mais le mal est si profond et fertilisé par la pauvreté, qu’un « Plan Marshall » est nécessaire pour s’attaquer aux racines du mal par un développement accéléré et le retour de l’Etat sur toute l’étendue de l’AES.

L’impact de cette barbarie dépasse largement le cadre sécuritaire et plonge la région dans une crise humanitaire profonde. Environ 4 millions de personnes de l’AES sont déplacés vers les pays voisins. De plus, plusieurs écoles et centres de santé ont fermé dans la région. Les agriculteurs et les camions de transport de carburant sont directement pris pour cible.

Ces groupes kidnappent des élèves, tuent des agriculteurs et extorquent de l’argent pour financer leurs activités. Un effet domino désastreux sur l’ensemble de la région est plausible. A l’Est du continent, au centre et à l’Ouest, le mal est partout.

La menace exige une approche multidimensionnelle, coordonnée au niveau régional et mondial (réponse militaire, « plan Marshall », actions de développement et restauration de l’autorité de l’Etat) pour venir à bout du djihadisme. Mais l’AES n’est pas l’Ukraine ou la communauté internationale est plus préoccupée par la chute des régimes de l’AES que par l’éradication du djihadisme.

Les pays membres de BRICS+ avec l’appui de la Banque des BRICS doivent prendre l’initiative d’un « Plan Marshall » pour l’Afrique afin de donner une réponse multidimensionnelle à la menace.

L’espoir est permis et cette rencontre peut être le signe de cet espoir.

𝗙𝗮𝗶𝘁 à 𝗠𝗼𝘀𝗰𝗼𝘂, 𝗹𝗲 𝟯 dé𝗰𝗲𝗺𝗯𝗿𝗲 𝟮𝟬𝟮𝟱, 𝗣𝗮𝗿 𝗗𝗿. 𝗔𝗵𝗼𝘂𝗮 𝗗𝗢𝗡-𝗠𝗘𝗟𝗟𝗢, 𝗩𝗶𝗰𝗲-𝗣𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹’𝗔𝗹𝗹𝗶𝗮𝗻𝗰𝗲 𝗜𝗻𝘁𝗲𝗿𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗕𝗥𝗜𝗖𝗦

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Air Côte d’Ivoire : le premier vol A330-900 Néo est arrivé à Paris, symbole d’une ambition nationale

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Le premier vol long-courrier d’Air Côte d’Ivoire a atterri le mercredi 15 octobre 2025 au Terminal 2C de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, marquant un tournant historique dans l’aviation ivoirienne. Opéré avec le nouvel Airbus A330-900 Néo, l’appareil a relié Abidjan à Paris en 6 heures et 19 minutes. Une réussite saluée comme le fruit d’une vision ambitieuse du président Alassane Ouattara et d’une politique rigoureuse du ministre des Transports Amadou Koné.

Lors de la cérémonie officielle d’ouverture de la ligne Abidjan–Paris, organisée le jeudi 16 octobre 2025 à l’hôtel Marriott Opéra Ambassador à Paris, M. Dioman Coné, directeur de cabinet représentant le ministre des Transports, a salué « une étape historique pour le transport aérien ivoirien et un symbole fort de la coopération franco-ivoirienne ».
« Ce n’est pas simplement une nouvelle destination, mais un pont aérien entre deux peuples unis par l’histoire, la culture et l’amitié », a-t-il déclaré.

Rendant hommage à la vision du Président de la République, M. Coné a souligné la volonté du gouvernement de faire du transport – routier, ferroviaire, maritime et aérien – un levier stratégique du développement et de l’intégration régionale. Les nouveaux Airbus A330neo, dotés de 242 sièges, allient performance énergétique, confort et efficacité environnementale. « Ces avions sont un symbole de modernité et une fierté nationale », a-t-il ajouté.

Par la voix de son représentant, le ministre Amadou Koné a remercié le gouvernement français et le ministre Philippe Tabarot pour leur accompagnement constant. Les deux pays s’engagent à renforcer leur coopération dans la mobilité urbaine durable, la sécurité routière, la logistique ferroviaire et le transport aérien. Cette collaboration se poursuivra lors de la 10ᵉ Conférence internationale sur la mobilité durable, prévue à Abidjan en 2026.

Le représentant du ministre a salué la confiance bâtie avec Airbus et le soutien financier de la BADEA et de la BOAD, qui ont facilité l’acquisition des appareils. Il a également félicité le Général Abdoulaye Coulibaly, président du Conseil d’administration, Laurent Loukou, directeur général, ainsi que l’ensemble du personnel d’Air Côte d’Ivoire, pour leur professionnalisme et leur dévouement.

L’extension en cours de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, dont la livraison est prévue entre 2026 et 2027, permettra de doubler la capacité d’accueil et de faire de la capitale économique ivoirienne un hub aérien régional de référence.

Pour M. Dioman Coné, ce premier vol long-courrier « symbolise une Afrique confiante, innovante et ouverte sur le monde ». « Ce vol Abidjan-Paris est plus qu’une liaison aérienne : c’est une promesse d’avenir. »

Le président du Conseil d’administration, Général Abdoulaye Coulibaly, a souligné que cette ligne « consolide les relations historiques, économiques et culturelles entre la Côte d’Ivoire et la France ». De son côté, Hervé Abou, directeur pays d’Air Côte d’Ivoire en France, a annoncé l’ouverture prochaine des bureaux de la compagnie dans le 8ᵉ arrondissement de Paris. « Nous ne sommes pas seulement une compagnie premium africaine, nous sommes une compagnie tournée vers le monde », a-t-il affirmé.

Depuis sa création en 2012, Air Côte d’Ivoire s’est fixé deux grandes étapes : 2013–2024, devenir le leader régional en Afrique de l’Ouest et du Centre, avec 25 destinations africaines ; 2025–2031, s’ouvrir à l’international en devenant la porte d’entrée et de sortie de la région vers le monde.

Face aux doutes sur la capacité d’une compagnie africaine à s’imposer à l’international, le directeur général Laurent Loukou a livré une analyse lucide : « Sur 4 milliards de passagers dans le monde, 180 millions sont africains, dont 16 millions pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Pourquoi rester concentrés sur 3 millions de passagers interrégionaux, alors que 82 % des voyageurs africains volent avec des compagnies européennes ? » Selon lui, Air Côte d’Ivoire fait le choix de prendre sa part du marché mondial.

Avec un capital initial de 2,5 milliards FCFA, la compagnie affiche aujourd’hui un chiffre d’affaires de 190 milliards FCFA et un bilan de 500 milliards FCFA. Elle emploie 700 personnes directement et 4 000 indirectement. Avant l’arrivée de l’A330, Air Côte d’Ivoire avait transporté 7,5 millions de passagers sur 26 destinations, avec 52 % de parts de marché.

La compagnie ambitionne d’ici 2032 une flotte de 20 avions, 9 millions de passagers cumulés, un chiffre d’affaires de 2 059 milliards FCFA et 35 destinations, dont plusieurs intercontinentales.

La ligne Abidjan–Paris démarre avec six vols hebdomadaires, puis deviendra quotidienne dès le 1ᵉʳ décembre 2025. Les tarifs se veulent attractifs : First Class à 5 000 000 FCFA, Business Class à 1 400 000 FCFA, Premium Éco à 720 000 FCFA et Économique à 380 000 FCFA.

Avec cette ouverture de ligne vers Paris, Air Côte d’Ivoire entre dans une nouvelle ère de croissance et de rayonnement international. La compagnie incarne la fierté nationale, tout en affirmant la place de la Côte d’Ivoire comme acteur majeur du transport aérien africain.

Christ Kémondé


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