L’espoir est permis et cette rencontre peut être le signe de cet espoir. Après une période de lumière, ou période des grands empires, qui a duré du VIIIe siècle au XVIe siècle, les pays du Sahel, terre de Soundjata Kéita (1190 – 1255), de Kankan Moussa ( 1280 -1337), sont entrés, comme tout le continent africain, sous les lourdes dalles de l’esclavage transatlantique, de la colonisation et de la Françafrique.
Si l’histoire de l’Afrique, encore enseignée dans de nombreuses écoles du continent cache sa gloire passée pour justifier la mission « civilisatrice » de l’esclavage et de la colonisation, les 8 volumes de 800 pages chacun sur l’histoire générale de l’Afrique produits par l’UNESCO, de 1963 à 2000, avec 230 chercheurs, dont un tiers de non africains, sont venus restituer toute sa gloire passée, et aussi son déclin. Les clichés racistes créés par cette période sombre continuent d’induire des complexes de supériorité et de donneurs de leçons chez certains et des complexes d’infériorité et de résignation chez d’autres. C’est donc en se référant à ces sources, que constituent ces volumes de l’histoire générale de l’Afrique, que nous allons situer dans une perspective historique, le contexte du djihadisme pour contribuer à guérir le mal et renforcer la foi des peuples africains en un avenir glorieux.
L’histoire glorieuse des pays du Sahel commence par la naissance de l’Empire du Ghana qui fût fondé par le peuple Sarakolé entre le IIIe et le VIIIe siècle de notre ère. Cet Empire était à cheval sur le Mali actuel et la Mauritanie et avait pour capitale Koumbi-Saleh.
L’Empire du Ghana a tiré sa puissance de l’exportation du sel et de l’or vendus en partie en Europe et en Arabie. Grâce à ces produits, il étendit son territoire vers le Tekrour (actuel Sénégal) et vers le Manding (Est de La Guinée).
Mais à partir du XIe siècle, l’Empire du Ghana passa sous domination Almoravide, empire berbère qui s’étendit jusqu’au Sud de l’Europe, puis, en 1235, sous celle de l’empire du Mali avec Soundjata Kéita qui créa la charte du Mandé, considérée comme l’une des premières déclarations des droits de l’homme. Sous sa férule, l’Empire du Mali s’étendait du Sahara à la forêt, de l’Océan Atlantique à la boucle du Niger et englobait de grandes parties des territoires actuels du Mali, de la Guinée, du Sénégal, de la Gambie, du Burkina-Faso, de la Côte d’Ivoire et de la Mauritanie.
Soundjata Kéita établit la capitale de l’Empire à Niani dans la Guinée actuelle ; Tombouctou qui a suscité l’émerveillement de René Caillé, était la capitale économique et culturelle.
L’Empire du Mali réussit, dans la paix, à faire coexister diverses ethnies que sont : les Touaregs, les Wolofs, les Bambaras, les Songhaïs, les Dialonkés, les Malinkés, les Dogons, etc. Toutes ces populations avaient en effet adhéré à la Charte du Mandé.
L’économie de l’Empire du Mali reposait sur l’agriculture, l’artisanat, l’or, l’ivoire et le commerce avec le bassin méditerranéen.
L’âge d’or de l’Empire fût atteint sous le règne de Kankan Moussa, vers 1312. Pendant cette période, l’Empire du Mali s’étendit de l’Adrar des Ifoghas à l’estuaire de la Gambie.
En 1324, Kankan Moussa effectua un pèlerinage à la Mecque avec tellement d’or (environ 10 tonnes) que le cours du métal précieux aurait baissé pendant plusieurs années. Il reste d’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui l’homme le plus riche de la planète.
La puissance économique et militaire de l’Empire du Mali est un don du fleuve Niger. Grâce à elle, le rayonnement de Tombouctou, la capitale économique et culturelle de l’Empire et de son illustre Roi Kankan Moussa franchit toutes les frontières.
L’un des empereurs du Mali, Aboubakari II, qui aurait régné de 1310 à 1312, tenta d’envoyer une expédition maritime de 200 bateaux vers l’Amérique sans y parvenir. Aboubakari II, lui même, aurait décidé de relever le défi à la tête de 3 000 bateaux. Il n’en est jamais revenu.
En revanche, là où Aboubakari II a échoué, Christophe Colomb réussit. Essentiellement, à cause de l’invention de la caravelle, un bateau adapté à l’agitation de la mer.
L’échec d’Aboubakari II et la victoire de Christophe Colomb ferment la période de gloire de l’Afrique à travers l’Empire du Mali et ouvrent la période la plus sombre de son histoire qui a commencé par la déportation et la mise en esclavage des créateurs de la richesse dorée de l’Empire du Mali.
Suite à la conférence de Berlin en 1885, la France prend possession de la majorité des territoires de l’Empire du Mali, après avoir vaincu Samory Touré (1830 -1900) et El Hadj Omar Tall (1794 – 1864). Le soudan français est ainsi créé le 18 août 1890 et intégré à l’Afrique Occidentale Française (AOF) en 1895.
Dès lors, l’Empire français s’accapare des richesses aurifères qui ont contribué à la puissance de l’Empire du Mali et soumet la population aux travaux forcés pour la production du coton et de l’arachide.
En 2018, la Banque de France possède 2437 tonnes d’or qui constituent 64% de ses réserves de change tandis que le stock d’or de la BCEAO regroupant les pays du territoire de l’Empire du Mali, reste plafonné à 36.5 tonnes (4.6 tonnes par pays) ; ce qui représente à peine 10.4% de ses réserves de change.
Toute la puissance économique et financière de l’Empire du Mali passe alors d’un seul coup à l’Empire colonial français, puis à la France.
Tel est l’enjeu de la lutte pour la souveraineté des peuples du Sahel qui concerne tout le futur du continent Africain. Car, la victoire des peuples du Sahel sera semblable à la victoire de Soundjata Keita. En revanche, sa défaite sera semblable à la défaite d’Aboubakari II et de Samory Touré.
A l’issue du référendum organisé par la France sur l’Empire français, la République soudanaise est proclamée en 1958.
Modibo Keita (1915 – 1977) proclame l’indépendance de la République Soudanaise sous le nom de la République du Mali le 22 Septembre 1960.
En 1968, Modibo Keïta fut renversé par un coup d’État conduit par le lieutenant Moussa Traoré (1936 – 2020), qui instaura une dictature.
Le 26 mars 1991, celui-ci fut renversé à son tour par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré( 1948- 2020). Après une période de transition, ce dernier instaura un processus démocratique avec l’élection d’Alpha Omar Konaré en 1992, qui sera réélu en 1997.
En 2002, le général Amadou Toumani Touré, qui avait pris sa retraite de l’Armée pour se présenter, fut élu président de la République du Mali, et réélu en 2007. Le 22 mars 2012 Amadou Toumani Touré fut renversé par un putsch, mené par le capitaine Amadou Haya Sanogo dans un contexte de rébellion touarègue et d’attaques djihadistes. Après une transition, Ibrahim Boubacar Keïta fut élu président de la République en septembre 2013, puis sera réélu en 2018 au terme d’une élection contestée.
𝗜𝗜𝗜- 𝗟𝗔 𝗠𝗘𝗡𝗔𝗖𝗘 𝗗𝗝𝗜𝗛𝗔𝗗𝗜𝗦𝗧𝗘
Le gouvernement doit alors, faire face à une situation sécuritaire désastreuse induite par une rébellion et des attaques djihadistes. Comment cela est-il arrivé?
En 2011, Mouammar Kadhafi, président de la Libye depuis 1969, est renversé et assassiné. De nombreux combattants Touaregs de son armée regagnent le Mali où une nouvelle rébellion se prépare.
Fin 2011, est fondé le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) revendiquant l’indépendance.
Début 2012 est fondé Ansar Dine (les Défenseurs de la religion) avec pour objectif, l’application de la charia au Mali. Ansar Dine est allié à AQMI (Al Qaida pour le Maghreb Islamique) de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar dit le Borgne. AQMI est issu d’une scission du Groupe Islamique Armé (GIA) bras armé des islamistes pendant la guerre civile algérienne et ayant fait allégeance à Al Qaida.
En janvier 2013, les djihadistes lancent une offensive sur le sud du Mali, dont Lyad Ag Ghali est le principal initiateur. Le 9 janvier, il dirige l’assaut sur la ville de Konna, qui est conquise.
Cette attaque provoque dès le lendemain une intervention militaire de l’armée française et de plusieurs pays africains. Les djihadistes d’Ansar Dine et d’AQMI abandonnent leurs positions et se réfugient dans l’Adrar des Ifoghas, un massif montagneux dans le nord-est du Mali, près de la frontière algérienne.
Le 29 janvier 2013, une conférence de donateurs internationaux à Addis Abeba promet au total, 455 milliards de dollars, principalement pour financer l’opération militaire et la France réaffirme sa volonté de rester le temps qu’il faut. Cette déclaration est restée sans suite significative et la situation sécuritaire est devenue de plus en plus désastreuse.
Les 5 et 19 juin 2020, à l’appel de l’imam Mahmoud Dicko, des dizaines de milliers de manifestants sortent dans les rues pour réclamer la démission d’Ibrahim Boubakar Kéita.
Le 18 août 2020, vers 16 h 30, Ibrahim Boubacar Keïta et son Premier ministre, Boubou Cissé, sont arrêtés. Une transition civile s’ouvre et connait le même sort qu’Ibrahim Boubakar Kéita, qui ouvre la voie à une transition militaire, en 2021, dirigée par Assimi Goita et comme Premier Ministre Choguel Maiga.
Sous la pression de la rue qui demande le départ des troupes françaises et l’arrivée de la Russie, la France annonce le 10 Juin 2021, le départ de l’opération Barkhane déployée par la France contre le terrorisme et dénonce la présence de la société privée Russe Wagner au Mali.
Arrivée en colon en 1898 et en sauveur en Janvier 2013, l’armée française quitte définitivement le Mali le 15 août 2022 et s’ouvre dès lors, une période d’espoir d’une plus grande souveraineté pour le peuple Malien, sous la direction d’Assimi Goita.
A la suite du Mali, le Burkina Faso, en septembre 2022 et le Niger, en Juillet 2023 empruntent la même voie et créent l’AES (Alliance des Etats du Sahel) pour mutualiser leurs efforts en créant une défense commune face aux menaces d’agression. Le plus dur reste à venir pour défendre la souveraineté et retrouver la prospérité et la gloire.
L’AES est l’une des rares régions subsahariennes à produire du blé, détenant l’une des plus grandes réserves au monde d’hydrogène naturel, d’uranium et de pétrole. Avec plusieurs tonnes d’or produits par an, l’AES a les moyens de sa prospérité, à condition d’avoir la pleine souveraineté sur ses richesses comme Kankan Moussa, de rendre navigable en toute saison le fleuve Niger et d’en faire l’un des greniers et parc animalier de l’Afrique.
Les peuples de l’AES et leurs Chefs portent donc une lourde responsabilité.
Ces Chefs se rappellent certainement de cette phrase de l’hymne du Manding à l’endroit des Rois (Faama) du Manding : «Faama, le peuple te fait confiance parce que tu incarnes ses vertus ».
Peuple de l’AES, votre échec sera un échec pour tout le continent avec des conséquences semblables à l’échec d’Aboubakari II et de Samory Touré. Votre victoire, en revanche, sera un espoir pour tout le continent comme le fut la victoire de Soundjata Kéita et la prospérité du Mali de Kankan Moussa.
Mais le plus dur est là.
𝗜𝗩- 𝗟𝗔 𝗦𝗢𝗨𝗩𝗘𝗥𝗔𝗜𝗡𝗘𝗧𝗘 𝗠𝗘𝗡𝗔𝗖𝗘𝗘
La situation actuelle est marquée par une forte détérioration après des avancées notoires suite à la libération de la ville martyre de Kidal qui avait été assiégée par les djihadistes.
Les groupes les plus actifs sont aujourd’hui fragmentés mais ont étendus leurs menaces pour encercler l’AES tout en coupant les principales voies d’accès aux ports voisins et en progressant vers les pays côtiers.
Le groupe JNIM (Jama’at Nusrat al-islam wal-Musulimin) affilié à Al Qaida. Ce groupe opère notamment au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Le groupe EIGS (Etat islamique au grand Sahara. Ce groupe opère surtout au Nord du Burkina Faso, à l’Ouest du Niger dans la région du Liptako-Gourma).
Le groupe ISWAP (Islamic State West Africa Province) et Boko Haram opèrent vers le bassin du Lac Tchad, au Nord du Nigéria, Niger, Cameroun, Tchad. Leurs armements deviennent de plus en plus modernes avec des explosifs et des drones. Ils proviennent des stocks des armées nationales détournées suite à des attaques, des stocks de la Libye, des marchés illicites alimentés par des milices et des trafiquants à partir de certains pays de l’Europe.
La Russie apporte un soutien logistique et de renseignement pour détruire les capacités miliaires des djihadistes. Mais le mal est si profond et fertilisé par la pauvreté, qu’un « Plan Marshall » est nécessaire pour s’attaquer aux racines du mal par un développement accéléré et le retour de l’Etat sur toute l’étendue de l’AES.
L’impact de cette barbarie dépasse largement le cadre sécuritaire et plonge la région dans une crise humanitaire profonde. Environ 4 millions de personnes de l’AES sont déplacés vers les pays voisins. De plus, plusieurs écoles et centres de santé ont fermé dans la région. Les agriculteurs et les camions de transport de carburant sont directement pris pour cible.
Ces groupes kidnappent des élèves, tuent des agriculteurs et extorquent de l’argent pour financer leurs activités. Un effet domino désastreux sur l’ensemble de la région est plausible. A l’Est du continent, au centre et à l’Ouest, le mal est partout.
La menace exige une approche multidimensionnelle, coordonnée au niveau régional et mondial (réponse militaire, « plan Marshall », actions de développement et restauration de l’autorité de l’Etat) pour venir à bout du djihadisme. Mais l’AES n’est pas l’Ukraine ou la communauté internationale est plus préoccupée par la chute des régimes de l’AES que par l’éradication du djihadisme.
Les pays membres de BRICS+ avec l’appui de la Banque des BRICS doivent prendre l’initiative d’un « Plan Marshall » pour l’Afrique afin de donner une réponse multidimensionnelle à la menace.
L’espoir est permis et cette rencontre peut être le signe de cet espoir.
La Commune de Daloa entend donner un nouvel élan à sa coopération avec la ville italienne de Turin. Conduite par le maire Gbeuly Stéphane Auguste, par ailleurs vice-président de l’Union des villes et communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI), la délégation de la cité des Antilopes a participé, jeudi à Turin, aux États généraux « Alimentation, villes et coopération internationale », organisés dans le cadre de la XVIᵉ édition de Terra Madre Salone del Gusto.
Composée notamment des 1er, 2e et 6e Adjoints au Maire, du Secrétaire général et du Directeur des Affaires socioculturelles, la délégation de Daloa a pris part aux échanges autour des principaux défis du développement territorial. Agriculture, sécurité alimentaire, protection de l’environnement, biodiversité et développement local figuraient au cœur des discussions.
Cette rencontre a également permis à la Municipalité de Daloa de renforcer ses relations avec Turin et d’identifier de nouveaux axes de coopération. L’agriculture, la gestion des déchets, la formation et l’insertion des jeunes, l’innovation municipale, la culture ainsi que le développement économique local ont notamment été retenus comme des secteurs à fort potentiel.
Pour le maire Gbeuly Stéphane Auguste, le partenariat entre Daloa et Turin doit désormais franchir une nouvelle étape en privilégiant des initiatives directement bénéfiques aux populations.
« Ce jumelage doit être un levier concret de développement, fondé sur le partage d’expériences, le transfert de savoir-faire et la construction de projets dans des secteurs essentiels », a-t-il déclaré.
À travers cette démarche, le premier magistrat de Daloa affiche la volonté de faire évoluer la coopération entre les deux collectivités d’un cadre institutionnel vers des actions concrètes, susceptibles de contribuer au développement économique et social de la cité des Antilopes.
La participation de Daloa aux États généraux de Turin marque ainsi une nouvelle étape dans sa stratégie d’ouverture internationale, avec l’ambition de faire de la coopération décentralisée un instrument au service de l’innovation et du développement local.
Dans un entretien accordé à la rédaction de Sahel d’Afrique, Ange David Yembassa, président du parti MEGA Centrafrique, ancien cadre du ministère des Eaux, des Forêts, de la Pêche et de la Chasse, et expert en développement et en management de projet en Afrique, a livré son analyse sur la crise profonde que traverse la Centrafrique.
Selon lui, le pays « survit sous perfusion », dépendant de l’aide internationale pour répondre aux besoins essentiels de sa population.
Les propos de Yembassa
Au cours de l’interview, Ange David Yembassa a insisté sur plusieurs points :
• La pénurie généralisée : « Les marchés sont vides, les familles n’arrivent plus à se nourrir correctement. »
• La dépendance extérieure : « L’État ne fonctionne que grâce aux aides, ce qui fragilise notre souveraineté. »
• Les conditions pour l’avenir : « Nous exigeons des réformes structurelles, une transparence accrue et une ouverture politique réelle. »
Ces déclarations traduisent une volonté de repositionner la Centrafrique sur une trajectoire de stabilité, tout en mettant en lumière la profondeur de la crise.
Une société résiliente mais épuisée
Au-delà des débats politiques, la population vit au quotidien les conséquences de cette fragilité. Les témoignages recueillis par Sahel d’Afrique révèlent une société résiliente, mais lassée par les promesses non tenues. Les citoyens réclament une gouvernance capable de répondre aux urgences immédiates tout en préparant un avenir durable.
La Centrafrique illustre aujourd’hui les défis d’un État en crise : survivre dans la pénurie, dépendre de l’aide extérieure et tenter de reconstruire un avenir crédible. Les propos d’Ange David Yembassa posent des conditions claires, mais la véritable question reste celle de la capacité collective à transformer ces revendications en solutions concrètes
Après le point de dépendance extérieure, je vous prie d’ajouter un autre point :. Le système politique en oeuvre dans le pays manque d’intelligence économique pour pondre des mesures économiques capables de nourrir, soigner et éduquer le peuple et d’entrer dans la mondialisation
FRANCE/ PARIS / MÉAMBLY SALUE L’APPEL DU PRÉSIDENT ADO AUX ENTREPRENEURS
“À nos entrepreneurs, notre pays a besoin de votre audace, de votre capacité d’innovation et de votre volonté d’investir pour créer davantage de richesses et d’emplois”. Alassane Ouattara(Message à la nation du 6 août 2026).
L’homme politique et homme d’affaires, Méambly Tié Évariste salue le message du Président Alassane Ouattara adressé aux entrepreneurs ivoiriens et appelle à une politique nationale ambitieuse de soutien à l’entrepreneuriat.
À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de notre pays, le Président de la République, S.E.M. Alassane Ouattara, a adressé un message fort aux entrepreneurs ivoiriens. J’y vois un appel à l’action et une véritable mission confiée à notre génération.
À mes yeux, il s’agit du premier message d’une telle portée spécifiquement adressé à la jeunesse entrepreneuriale à l’occasion de la célébration de notre indépendance depuis son accession à la magistrature suprême. C’est un signal politique important qui mérite d’être salué. Toutefois, au-delà des mots, ce message doit désormais se traduire par des actions concrètes, des institutions performantes et des mécanismes de financement efficaces, capables de transformer cette vision en résultats tangibles.
Nous, jeunes cadres dotés de compétences, d’expérience et d’acquis managériaux, devons désormais nous engager pleinement dans la création de richesses, d’entreprises et d’emplois. C’est ainsi que se construit une économie forte, souveraine et durable.
“La création d’un Fonds souverain dédié à l’entrepeneuriat”.
Je propose ainsi la création d’un Fonds souverain pour l’entrepreneuriat ivoirien, doté d’un financement annuel équivalant à 0,5% du budget national, soit environ 65 milliards de FCFA par an. Sur les cinq prochaines années, ce fonds mobiliserait près de 325 milliards de FCFA au service de la création, du financement et de l’accompagnement des entrepreneurs ivoiriens. Un tel investissement constituerait un levier stratégique pour faire émerger des champions nationaux, accélérer l’industrialisation, renforcer la compétitivité de nos entreprises et créer durablement des emplois.
“Accélérer l’industrialisation de nos régions”.
Je formule également le vœu que cette dynamique débouche sur une véritable politique nationale d’industrialisation territoriale. Notre pays compte 31 régions, chacune disposant de ressources, de savoir-faire et de potentialités spécifiques. Nous pourrions ainsi envisager la création de deux unités industrielles ou pôles économiques par région, adaptés aux réalités locales, afin de transformer nos matières premières, créer des emplois de proximité et développer des chaînes de valeur régionales.
Cette vision pourrait également s’appuyer sur :
le développement du commerce de proximité et de l’entrepreneuriat local ;
le renforcement du transport régional afin de faciliter les échanges économiques ;
la promotion des industries culturelles et créatives ;
l’autonomisation économique des femmes et des jeunes ;
une meilleure adéquation entre la formation et les besoins du marché de l’emploi ;
un vaste programme de réhabilitation des pistes rurales afin de désenclaver les zones de production, de réduire les coûts de transport et de favoriser l’investissement dans les territoires.
Une telle stratégie permettrait de faire émerger de véritables écosystèmes économiques régionaux, de valoriser les potentialités propres à chaque territoire, de réduire les disparités de développement entre les régions et de faire de l’entrepreneuriat un puissant levier de cohésion sociale et de croissance inclusive.
L’heure est venue d’ouvrir davantage les marchés publics et privés aux entrepreneurs nationaux, de soutenir les PME, d’encourager l’innovation et de faire de la transformation locale de nos richesses une priorité nationale.
J’invite également tous ceux qui exercent des responsabilités politiques à ne jamais perdre de vue leur vocation première : entreprendre, produire et créer de la richesse. Les fonctions politiques constituent un engagement au service de la Nation, mais elles ne doivent pas éloigner durablement de l’économie réelle, qui demeure le principal moteur du développement.
Je remercie le Président Alassane Ouattara pour cet appel porteur d’espérance.
Je formule le vœu que cette vision marque le début d’une nouvelle étape de notre développement économique, fondée sur l’entrepreneuriat, l’industrialisation, l’innovation et la création massive d’emplois pour la jeunesse ivoirienne.
Je reste convaincu qu’une initiative ambitieuse en faveur de la jeunesse et de l’entrepreneuriat ivoirien peut largement dépasser les clivages politiques( rhdp pdci .ppaci .fpi mgc.. ) et rassembler autour d’une priorité essentielle : offrir à chaque jeune les moyens de construire son avenir et de participer pleinement à la création de richesse nationale
Depuis Paris, où je prépare sereinement ma soutenance de doctorat en sciences de gestion, je souhaite apporter, à travers mes travaux de recherche, mes publications et mon expérience de terrain, une contribution concrète à la réflexion sur les politiques publiques de développement, l’entrepreneuriat, l’industrialisation et la performance des organisations au service de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique.
La prospérité d’une Nation se construit par le travail, l’investissement, l’innovation et l’audace de ses entrepreneurs. Faisons de la Côte d’Ivoire une grande puissance économique africaine où chaque région devient un pôle de création de richesses, d’emplois et d’opportunités.
MÉAMBLY Tié Evariste,
Doctorant en sciences de gestion (soutenance en préparation à Paris) Ancien Député de la Nation Ancien Président du Conseil régional du Guémon.
Auteur de trois (03) ouvrages:
Vaincre ou l’art de transformer l’adversité en engagement ; Partenariat public-privé et financement des infrastructures routières en milieu rural : le modèle DBFOM à l’épreuve de la décentralisation inachevée en Côte d’Ivoire ; Plan d’affaires pour la commercialisation d’un programme immobilier : cas des Résidences Méambly en Côte d’Ivoire (à paraître).