Dans une correspondance aux accents à la fois politiques, institutionnels et judiciaires, l’ancien député de Facobly et ex-président du Conseil régional du Guémon, Évariste Méambly Tié, interpelle publiquement le maire de la commune de Facobly, Moïse Gnamké. Il dénonce une confusion des rôles, rappelle des engagements financiers passés, évoque de graves accusations de gestion et annonce d’éventuelles poursuites judiciaires en cas de non-réponse.
L’ancien député de Facobly, Évariste Méambly Tié, est monté au créneau. Dans une déclaration adressée au maire de la commune de Facobly, Moïse Gnamké, l’ex-parlementaire parle d’un « dernier ultimatum » et remet en cause, avec fermeté, ce qu’il considère comme une confusion entretenue entre l’autorité municipale et l’ensemble du territoire départemental.
Évariste Méambly rappelle d’abord une donnée institutionnelle fondamentale : la commune de Facobly ne regroupe que dix-sept (17) villages, tandis que le département de Facobly en compte cinquante-quatre (54), incluant villages et campements. À ce titre, souligne-t-il, la commune de Facobly ne saurait à elle seule incarner ou représenter l’ensemble du département.
L’ancien élu précise que le territoire départemental comprend également les communes de Tiény-Séably, Guézon et Sémién, auxquelles viendra bientôt s’ajouter une quatrième, conformément au découpage administratif en vigueur. En revanche, insiste-t-il, il n’existe qu’un seul député pour l’ensemble du département, fonction qu’il dit avoir exercée à deux reprises, tout comme l’honorable SEA Jean Honoré, actuellement en poste.
Dans la même logique, Évariste Méambly évoque son passage à la tête du Conseil régional du Guémon, rappelant que cette institution couvre plus de cinq cents (500) villages et campements. Une manière, selon lui, de replacer le débat dans le cadre exact de la représentation territoriale et des responsabilités institutionnelles.
L’ancien président du Conseil régional affirme avoir observé, dans un esprit d’apaisement, une suspension temporaire de toute action à l’encontre du maire, à la suite de l’intervention d’un aîné commun, ancien supérieur hiérarchique de Moïse Gnamké pendant neuf années. Il indique que ce dernier aurait sollicité pardon et médiation, démarche qu’il dit avoir respectée par considération pour l’âge, le parcours et les usages.
Cependant, Évariste Méambly estime aujourd’hui que le temps de la retenue est arrivé à son terme. Il annonce que toute action judiciaire future se fondera sur des dossiers déjà constitués, évoquant notamment des faits présumés de détournement de matériaux de construction — fer et ciment — ainsi que la perception indue de pas-de-porte. Ces faits impliqueraient, selon lui, le maire de Facobly et un certain Olivier Bah, actuellement en France.
Il affirme que ces accusations font l’objet d’enquêtes de la Police économique et qu’elles seraient appuyées par des reçus fournis par des commerçants d’Adjamé. À ce sujet, il précise que le maire d’Adjamé, Farikou Soumahoro, serait intervenu comme intermédiaire auprès de ces commerçants. Dans un souci d’apaisement, Évariste Méambly indique avoir accepté des compensations par voie de défalcation sur ses propres créances.
À défaut de reconnaissance des faits exposés, l’ancien député se dit prêt à prendre formellement à témoin le maire d’Adjamé, à la tête d’une commune de plus de deux millions d’habitants, afin d’éclairer l’opinion sur cette affaire, qu’il compare à la gestion d’une commune de dix-sept villages, estimée à environ huit mille habitants.
Sur le plan judiciaire, Évariste Méambly affirme que l’ensemble des preuves est déjà versé au dossier devant le Tribunal de commerce d’Abidjan, juridiction qui, selon lui, lui reconnaît depuis 2014 le droit d’engager des poursuites afin de recouvrer ses fonds.
L’ancien député revient également sur des faits politiques qu’il qualifie de précis et vérifiables. Il rappelle avoir participé à huit consultations électorales, dont quatre victorieuses et quatre perdues. À chacune de ces occasions, affirme-t-il, Moïse Gnamké l’aurait sollicité pour le financement de projets au bénéfice exclusif du village de Kiriao.
À ce titre, Évariste Méambly indique avoir financé à hauteur de vingt-cinq millions (25 000 000) de francs CFA la construction du centre de santé de Kiriao, ainsi que deux millions (2 000 000) de francs CFA pour sa quote-part à l’ONEP, soit un total de vingt-sept millions (27 000 000) de francs CFA intégralement versés.
Malgré ces investissements, il affirme avoir perdu l’ensemble de ses huit élections dans le village de Kiriao, alors même que Moïse Gnamké occupait, selon lui, le poste de directeur de campagne. Une situation qu’il juge d’autant plus troublante qu’en 2021, alors qu’il était directeur de campagne du président Alassane Ouattara, il n’aurait obtenu qu’un score symbolique dans ce même village, où il avait pourtant lancé officiellement la campagne présidentielle.
Il souligne également l’absence du maire lors de cette échéance, ce dernier lui ayant indiqué s’être déclaré indépendant lors de l’élection présidentielle de 2020. Dès lors, Évariste Méambly s’interroge sur la cohérence de la posture actuelle de Moïse Gnamké, qui revendique aujourd’hui un score de 450 voix en faveur du candidat SEA Jean Honoré à Kiriao.
En conclusion, l’ancien député met formellement en demeure le maire de Facobly de régler l’ensemble des engagements le liant à lui, conformément aux faits, documents et preuves qu’il dit détenir. À défaut d’une réponse écrite, claire et vérifiable dans des délais raisonnables, il prévient qu’il engagera toutes les procédures judiciaires appropriées, saisira les autorités administratives compétentes et portera l’affaire sur la place publique, dans le respect des lois de la République.
Évariste Méambly Tié signe cette déclaration en sa qualité d’ancien député de Facobly, deux mandats, et d’ancien président du Conseil régional du Guémon.
CK