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Culture

Côte d’Ivoire / Akawa : menacé de destitution, le chef du village sort du silence et interpelle les autorités

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La tension monte à Akawa, localité du canton N’Dranouan, dans la sous-préfecture de Bouaké. Accusé et publiquement contesté, le chef du village, Nanan Moungoh II, a décidé de briser le silence. Face à ce qu’il qualifie de « manœuvres de déstabilisation », il appelle les autorités administratives à agir rapidement pour éviter une crise communautaire.

Tout part d’une réunion tenue le 4 avril 2026 sur la place publique du village, au cours de laquelle des membres de la Mutuelle de développement d’Akawa-Mahounou (MUDAM) auraient évoqué sa destitution. Une annonce que le 13e chef d’Akawa rejette catégoriquement, dénonçant une initiative sans fondement et potentiellement dangereuse pour la cohésion sociale.

Un mois après ces faits, soit le 4 mai 2026, Nanan Moungoh II a convoqué la presse à son domicile pour livrer sa version des faits. Entouré de plusieurs chefs traditionnels et notables — dont Yeboua Loukou (chef de M’Brezue), N’Dri Konan Lambert (chef d’Assandré), Koffi Koffi Kan (adjoint au chef d’Akawa) et Yao Brou, présidente des femmes — il a tenu à afficher une image d’unité face à la crise.

D’entrée, le chef a rappelé la légitimité de son accession au trône :
« J’ai été investi chef du village d’Akawa le 14 novembre 2014 par une lettre de nomination du sous-préfet. On ne devient pas chef par simple volonté. Akawa est un village fondé par la reine Ablah Pokou. Je suis un héritier de cette lignée », a-t-il affirmé avec fermeté.

Dans la foulée, il a directement mis en cause certains responsables de la mutuelle, notamment son président N’Guessan Kouamé Francis et son secrétaire général Konan Yao Marc. Selon lui, leurs actions alimentent un climat de suspicion et de division au sein de la population.

« Cette mutuelle n’a jamais existé dans notre histoire commune avec Mahounou. Pourtant, elle se permet aujourd’hui de répandre des rumeurs sur ma prétendue destitution. Pire, elle m’accuse à tort de lotissement illégal et d’encourager l’orpaillage pour m’enrichir », a-t-il dénoncé.

Revenant sur la question du lotissement, au cœur des tensions, le chef d’Akawa explique qu’il s’agissait d’un projet structurant visant à agrandir le village et à sécuriser les terres face aux activités minières, notamment la recherche de coltan.

« Nous avons voulu protéger nos terres et organiser l’extension du village. Mais ce projet a été saboté. Des jeunes, manipulés selon lui, ont détruit les bornes. Pendant ce temps, les mêmes personnes initient leurs propres lotissements », a-t-il regretté.

Pour Nanan Moungoh II, la MUDAM constitue aujourd’hui un obstacle au développement local. Il remet en cause sa légitimité et son efficacité :
« Une mutuelle ne peut pas gérer deux villages sans générer de conflits. Cette structure freine nos initiatives sans apporter de solutions concrètes. Ce groupuscule ne peut en aucun cas me destituer », a-t-il martelé.

Face à la gravité de la situation, le chef traditionnel appelle à une intervention urgente de l’administration. Il redoute une escalade des tensions si aucune mesure n’est prise.

« Je demande l’ouverture d’une enquête pour situer les responsabilités. Si rien n’est fait, cette situation peut dégénérer. J’interpelle le sous-préfet et le préfet afin qu’ils agissent avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il insisté.

En conclusion, le chef d’Akawa a lancé un appel au calme et à la cohésion sociale, invitant les populations à privilégier le dialogue plutôt que la confrontation.

« Nous sommes une même communauté. Nos divergences ne doivent pas nous diviser. Mon combat reste le développement d’Akawa. Nous avons besoin d’infrastructures scolaires et de logements pour enseignants afin d’assurer un avenir meilleur à nos enfants », a-t-il conclu.

Dans un contexte déjà marqué par des tensions latentes, cette sortie médiatique de Nanan Moungoh II sonne comme un signal d’alerte. Reste désormais à savoir si les autorités administratives saisiront la mesure de la situation pour éviter une fracture au sein de cette communauté.

Prince Koffi

Culture

Duékoué : le chef central Dan contesté par les ressortissants de Danané et de Zouan-hounien

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La dynastie manoise hermétiquement instaurée depuis plusieurs décennies à Duékoué, au sommet des organisations traditionno-communautaires des Yacouba ou DAN installés dans la région du Guémon, ne sied plus aux Danites, originaires des départements de Danané et de Zouan-hounien. D’où la récusation pure et simple le dimanche 6 septembre 2026 par les ressortissants de Danané et Zouan-hounien, de M. Bouh, qui serait appelé à être investi « abusivement  » les mois à venir par le ministre Mabri Albert Toakeusse Abdala. Une cérémonie dont le parrainage reviendrait au ministre délégué Sérey Doh Célestin, conformément aux échanges eus courant août 2026, à Bangolo avec la communauté manoise vivant à Duékoué.

La genèse de la situation qui prévaut depuis plusieurs décennies

Dans la région du Guémon, le mode opératoire du choix du garant central de la tradition du peuple DAN ou Yacouba ne fait point l’unanimité. Situation empirée, depuis la mort du chef central, l’honorable Kossa. Ce, malgré les interpellations des manois par le sage Ouoya Huberson, actuel chef central des DAN ressortissants des départements de Danané et Zouan-hounien vivant dans le Guémon.

Pis, la part belle est faite aux Danites du département de Man dans le bureau exécutif constitué, avec trois postes de vice-présidents, les sous-préfectures de Logoualé et de Sangouiné étant abusivement considérés comme des départements de pleins exercices.

À ces tares s’ajoutent la dynastie manoise hérigée des mains de maître au sommet des associations des femmes et des jeunes dont les deux responsables, en plus d’être issus du département de Man, sont de la même famille : le président régional des jeunes étant le petit frère de la présidente régionale des femmes.

De telles praxis dites « égocentriques dans le fonctionnement des organisations traditionno-communautaires » par un membre du corps préfectoral, ont inéluctablement conduit les DAN ressortissants des départements de Danané et Zouan-hounien à prendre leur destin en main le 5 juin dernier, pour désigner selon les us et coutumes de leurs ancêtres, leurs leaders communautaires.

Les noms des chefs traditionnels DAN ressortissants de Danané et Zouan-hounien dans le Guémon

Ainsi, ont été désignés à l’unanimité par le collège des sages dirigé par le patriarche Troh et ovationnés par les filles et fils DAN ressortissants de Danané et Zouan-hounien vivant dans le Guémon, les garants de la tradition dont les noms suivent :

  • L’honorable Ouoya K. Huberson, chef central des DAN ressortissants de Danané et Zouan-hounien et résidant dans le Guémon,
  • L’honorable Yomi Kapeu, chef des DAN ressortissants de Danané, résidant dans le Guémon,
  • By Alphonse, chef des DAN ressortissants de Zouan-hounien, résidant dans le Guémon.

Le cri de coeur des DAN ressortissants de Danané et Zouan-hounien, vivant dans le Guémon

« Quand on se perd en brousse, on rebrousse chemin », ont débuté les filles et fils du Nimba (Ndlr: Départements de Danané et Zouan-hounien). « Nous ne sommes pas venus en bascote pour transporter les affaires de tous ceux qui ont très peu d’égard pour nous. Nous existons, donc sommes », ont décrié le dimanche 6 septembre 2026 dernier en choeur cette forte colonie des Danites ressortissants de Danané et Zouan-hounien, vivant dans le Guémon, arbitre électorale du Guémon, lors d’une réunion qui a mobilisé plus de 500 personnes au domicile privé de l’honorable Yomi Kapeu à Duékoué.

Une bataille qui acte la création de la région du Nimba

Sous les dehors de cette bataille traditionno-communautaire se profile à l’horizon celle de la scicion de la région du Tonkpi en deux régions. Toute chose qui donnera naissance à la région du Nimba dont certaines commodités administratives ont déjà été créées notamment la DRENA du Nimba et bien d’autres services.

Tout est désormais clair et net dans le Guémon : les DAN ressortissants des Départements de Man, Biankouma et Sipilou, puis ceux des Départements de Danané et de Zouan-hounien ne tiennent plus le même langage traditionnel. Dès lors, la cérémonie d’intronisation en vue pour installer le chef central des DAN ressortissants du Tonkpi et vivant dans le Guémon ne saurait outre mesure les incomber, tous, à l’unanimité.

Ouncado PIERROT

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Culture

Guiglo: l’écrivain Goulivas Jean dédicace son deuxième ouvrage consacré à la mémoire et à la transmission

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L’écrivain Goulivas Jean, connu sous le nom d’auteur Ancien Goulivas, a procédé, samedi 8 août 2026, à la dédicace de son deuxième ouvrage intitulé « Souvenirs de Jean Ouloassé », au Conseil régional du Cavally, à Guiglo.

La cérémonie s’est déroulée en présence de nombreux parents, amis et connaissances de l’auteur, ainsi que de Mme Assiè Lucie, directrice régionale de la Culture et de la Francophonie du Cavally, qui a reçu des mains de l’écrivain un exemplaire dédicacé de son œuvre.


Prenant part à cette cérémonie consacrée à la promotion de la littérature et à la transmission de la mémoire, Mme Assiè Lucie a salué cette initiative qui contribue à la valorisation de l’écriture et à la conservation de l’histoire et du patrimoine culturel.
À travers « Souvenirs de Jean Ouloassé », Goulivas Jean entend laisser un héritage à ses enfants et à la jeunesse ivoirienne, en les invitant à s’intéresser davantage à leur histoire familiale, culturelle et communautaire.
« Vous devez connaître votre propre histoire. Vous devez vous nourrir de la sagesse de vos aînés. Posez les questions sur l’histoire de votre famille, de votre tribu, de votre lignée. Ainsi vous ne serez pas perdu dans ce grand village planétaire », recommande l’auteur.
L’écrivain souhaite également, à travers son parcours, encourager les personnes du troisième âge à continuer à apprendre, à se réaliser et surtout à transmettre leur expérience aux générations futures.
« Ne dites pas qu’il est trop tard et que votre âge est avancé. Tant qu’il y a la vie, réalisez-vous, apprenez de nouvelles choses et transmettez à travers vos écrits qui resteront quand vous serez partis », exhorte-t-il.
Cette dédicace constitue ainsi un moment de partage autour de la littérature, de la mémoire et de la transmission intergénérationnelle, avec l’ambition de contribuer à la préservation de l’histoire et des valeurs culturelles du Cavally.

M S

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Culture

Bouaflé / Zoro Bi Ballo : « Le développement local passe par la valorisation de nos communautés »

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Le 11 juillet 2026, Invité d’honneur de la première édition du Ywolê Festival, le président de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance et président élu du Conseil régional de la Marahoué, Épiphane Zoro Bi Ballo, a réaffirmé son engagement en faveur d’un développement local fondé sur la promotion des valeurs culturelles et le renforcement des capacités des communautés.

La cérémonie, organisée à Degbezéré, dans le département de Bouaflé, a rassemblé autorités administratives, chefs traditionnels, cadres et partenaires institutionnels. Elle a été marquée par la remise officielle d’une ambulance au village de Ouanzanou ainsi que par la distribution de plusieurs équipements de production au profit des coopératives des 33 villages Ywolê.

Tricycles, broyeuses, décortiqueuses de riz et divers matériels ont été remis aux bénéficiaires afin de soutenir leurs activités génératrices de revenus et de favoriser leur autonomisation économique.

Prenant la parole, Épiphane Zoro Bi Ballo a salué une initiative qui, selon lui, traduit une vision du développement axée sur des actions concrètes au bénéfice des populations. Il a félicité la promotrice du festival, Marie-Laure Adjoua, pour son engagement en faveur de la promotion du patrimoine Ywolê et du développement de la Marahoué.

Il a également exprimé sa gratitude aux partenaires ayant contribué à la réussite de cette première édition, notamment la Direction générale de l’Emploi, dont l’appui a permis la mise en œuvre de plusieurs actions en faveur des communautés.

Au-delà de son caractère festif, le Ywolê Festival s’affirme comme un cadre de valorisation de l’identité culturelle Ywolê, de renforcement de la cohésion sociale et de promotion du développement à la base. Les prestations artistiques et traditionnelles qui ont rythmé la cérémonie ont donné un cachet particulier à cette première édition, appelée à devenir un rendez-vous majeur dans la région de la Marahoué.

Christ Kémondé

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