Depuis plusieurs jours, des publications diffusées sur le profil Facebook dénommé « Jean Pierre Du Pont » s’emploient à relayer des récits, insinuations et commentaires portant atteinte à l’honneur et à la dignité de Madame , veuve du Président .
Face à ces écrits, il convient de rappeler une vérité fondamentale : Madame Marie-Thérèse Houphouët-Boigny est une personnalité historique dont la contribution au rayonnement de la Côte d’Ivoire demeure reconnue bien au-delà des frontières nationales. Depuis la disparition du Père de la Nation, elle a choisi une vie discrète, éloignée des polémiques et des projecteurs, faisant preuve d’une retenue et d’une dignité exemplaires.
Il est dès lors profondément regrettable que certains individus s’autorisent à alimenter des spéculations sur sa vie privée, à reprendre d’anciennes rumeurs ou à présenter des anecdotes controversées comme des vérités établies. Plus grave encore, certaines formulations employées dans ces publications tendent à dégrader l’image d’une femme dont le parcours commande le respect et la considération.
Madame Marie-Thérèse Houphouët-Boigny n’est pas seulement l’épouse du premier Président de la République de Côte d’Ivoire. Elle demeure, dans la mémoire collective nationale, une figure emblématique de l’histoire ivoirienne. À ce titre, elle mérite le même respect que celui accordé aux grandes personnalités qui ont contribué à bâtir la nation.
Au-delà de son cas personnel, c’est la question du respect dû aux figures historiques de notre pays qui est posée. La liberté d’expression, pilier essentiel de toute démocratie, ne saurait être confondue avec le droit de diffamer, d’humilier ou de porter atteinte à l’honneur d’autrui. La responsabilité qui accompagne la parole publique, notamment sur les réseaux sociaux, impose la rigueur, la prudence et le respect de la dignité humaine.
Par ailleurs, alors que la Côte d’Ivoire et l’Afrique sont confrontées à des défis majeurs — coût de la vie, chômage des jeunes, changements climatiques, développement économique, cohésion sociale et accès au logement — il est légitime de s’interroger sur l’intérêt public de débats centrés sur l’intimité supposée d’une dame âgée qui ne participe plus à la vie politique et aspire simplement à vivre paisiblement.
Les autorités compétentes, notamment le Procureur de la République et la , gagneraient à demeurer vigilants face à toute publication susceptible de porter atteinte à l’honneur des personnes ou de troubler la paix sociale par la diffusion d’informations non vérifiées.
La corporation des médias, régie par des textes ainsi que par les principes d’éthique et de déontologie du journalisme, rappelle constamment l’exigence de responsabilité dans l’usage de la parole publique. Journalistes, blogueurs, influenceurs et acteurs des réseaux sociaux sont appelés à faire preuve de discernement et de retenue, loin des dérives auxquelles certains profils semblent malheureusement s’abandonner.
Les Africains, les Ivoiriens et tous ceux qui restent attachés aux valeurs de respect et de reconnaissance doivent exprimer leur solidarité à Madame Marie-Thérèse Houphouët-Boigny. Son parcours, sa discrétion et sa dignité inspirent aujourd’hui encore de nombreuses femmes et constituent un héritage moral précieux pour les générations futures.
Comment peut-on s’acharner à porter atteinte à la dignité et à l’honorabilité d’une femme dont l’histoire est connue de tous, et dont la personnalité inspire confiance et admiration ? S’attaquer gratuitement à une telle figure nationale ne saurait être considéré comme anodin. De tels comportements méritent d’être pris au sérieux afin d’éviter qu’ils ne se banalisent et ne contribuent à une dégradation du débat public.
L’honneur d’une nation se mesure aussi à la manière dont elle traite celles et ceux qui ont marqué son histoire. Respecter Marie-Thérèse Houphouët-Boigny, c’est aussi respecter une part de la mémoire collective de la Côte d’Ivoire.
Christ Kemondé, Journaliste Analyste