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EXCISION EN AFRIQUE : QUAND UNE PRATIQUE TRADITIONNELLE DEVIENT UN FACTEUR SILENCIEUX DE MIGRATION DES JEUNES FILLES

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Par Christ Kémondé


Dans la conscience collective liée aux grandes migrations africaines, notamment celles des jeunes filles qui entreprennent des traversées périlleuses de la mer pour tenter de rejoindre un hypothétique eldorado, une réalité complexe demeure souvent peu explorée : celle des violences sociales et culturelles qu’elles cherchent parfois à fuir.

Si la pauvreté, le chômage, les conflits, la recherche d’un avenir meilleur ou les difficultés économiques sont régulièrement évoqués pour expliquer ces départs, certains parcours cachent également des drames intimes liés aux traditions et aux pressions communautaires. Parmi ces réalités figure l’excision, une pratique traditionnelle qui continue d’affecter des millions de filles et de femmes à travers le monde.

Loin de justifier les migrations clandestines et les « voyages de la mort », il convient toutefois d’interroger les causes profondes qui poussent certaines jeunes filles à vouloir échapper à leur environnement social. Dans plusieurs communautés africaines, l’excision demeure encore associée à des croyances anciennes, à des normes sociales et à des représentations culturelles qui placent les jeunes filles sous une forte pression familiale.

La question mérite donc d’être analysée au-delà des simples statistiques migratoires. Derrière certains départs se cachent parfois des histoires personnelles de peur, de traumatisme, de refus d’une violence annoncée ou de volonté de protéger son intégrité physique.


DES CHIFFRES QUI RAPPELLENT L’AMPLEUR DU PHÉNOMÈNE

Au-delà des témoignages et des faits divers, les données disponibles montrent que les mutilations génitales féminines (MGF) demeurent une réalité préoccupante en Côte d’Ivoire et dans plusieurs pays africains.

Selon les estimations des Nations Unies et de l’UNICEF, plus de 230 millions de filles et de femmes dans le monde vivent aujourd’hui avec les conséquences d’une mutilation génitale féminine. L’Afrique concentre une grande partie des victimes, même si cette pratique existe également dans certaines régions du Moyen-Orient et d’Asie.

En Côte d’Ivoire, les différentes Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS) montrent une évolution progressive de la situation grâce aux campagnes de sensibilisation, aux actions des organisations de défense des droits des femmes, à l’engagement des chefs traditionnels et religieux ainsi qu’au renforcement du cadre juridique.

Cependant, cette baisse globale cache d’importantes disparités régionales. Certaines zones du Nord, du Nord-Ouest, de l’Ouest, du Centre et du Sud-Ouest demeurent davantage touchées en raison du poids des traditions et de certaines pratiques communautaires.

Les autorités ivoiriennes, avec l’appui notamment de l’UNICEF, de l’UNFPA et des organisations de la société civile, développent plusieurs programmes de prévention, de prise en charge des survivantes et de lutte contre les auteurs de ces actes.

Mais malgré ces avancées, des cas continuent d’être signalés chaque année. Ce qui démontre que la lutte contre les mutilations génitales féminines reste un combat actuel.


L’ACTUALITÉ IVOIRIENNE RAPPELLE QUE LE DANGER DEMEURE

L’année 2026 a rappelé avec force que l’excision n’appartient pas uniquement à l’histoire ancienne. Elle demeure une réalité clandestine dans certaines communautés.

L’affaire des cinq fillettes excisées à Bongouanou a profondément marqué l’opinion publique ivoirienne. Cette affaire a révélé que, malgré les campagnes de sensibilisation et l’interdiction légale de cette pratique, certaines cérémonies continuent d’être organisées dans la discrétion, parfois à l’insu des autorités.

Ce cas a relancé le débat national sur la responsabilité collective dans la protection des enfants. Car derrière chaque acte d’excision se trouve une chaîne de responsabilités : les personnes qui pratiquent l’acte, celles qui l’organisent, mais aussi parfois les pressions familiales et communautaires qui poussent les parents à prendre une décision contraire à l’intérêt de l’enfant.

Dans plusieurs localités ivoiriennes, notamment dans certaines régions où la tradition reste fortement ancrée, des associations et des services sociaux rapportent encore des situations où des familles doivent protéger leurs filles contre des pressions visant à les soumettre à cette pratique.

À Diabo, dans le Centre de la Côte d’Ivoire, comme dans d’autres localités, certains témoignages font état de familles contraintes de quitter leur communauté pour préserver leurs filles. Ces situations illustrent une conséquence souvent méconnue des mutilations génitales féminines : la peur peut provoquer des déplacements internes, voire encourager certaines personnes à chercher refuge ailleurs.

Ainsi, certaines migrations féminines ne peuvent pas être analysées uniquement sous l’angle économique. Elles peuvent aussi être liées à la volonté d’échapper à des violences physiques, psychologiques ou sociales.


BRÈVE HISTOIRE DE L’EXCISION EN AFRIQUE — ENTRE CROYANCES ANCESTRALES ET PRESSION SOCIALE

L’excision est une pratique ancienne dont les origines exactes restent difficiles à établir avec précision. Présente dans plusieurs régions du monde avant même certaines périodes historiques documentées, elle s’est progressivement enracinée dans différentes sociétés à travers des considérations sociales, culturelles et parfois religieuses, même si elle n’est prescrite par aucune grande religion.

Dans plusieurs communautés africaines, l’excision a longtemps été présentée comme un rite de passage permettant à la jeune fille d’accéder au statut de femme. Elle était parfois associée à des notions de pureté, de respectabilité, d’honneur familial ou encore de préparation au mariage.

Dans certaines sociétés traditionnelles, la croyance selon laquelle une fille non excisée serait considérée comme « impure », « indigne » ou incapable de respecter les valeurs communautaires a longtemps entretenu la pratique.

En Côte d’Ivoire, certaines communautés, notamment dans des zones de l’Ouest et du Nord-Ouest, ont été historiquement concernées par ces pratiques. Chez certains peuples, des mythes et des récits transmis de génération en génération ont contribué à maintenir la pression sociale autour de l’excision.

Chez les Dan ou Yacouba de l’Ouest ivoirien, par exemple, certains anciens récits associaient autrefois la jeune fille non excisée à une image négative. Ces représentations, aujourd’hui largement combattues par les campagnes de sensibilisation, ont contribué à créer un environnement où le refus de l’excision pouvait être vécu comme une rupture avec la communauté.

Ainsi, pendant longtemps, la peur d’être rejetée, humiliée ou considérée comme différente poussait certaines jeunes filles à accepter une pratique qu’elles ne comprenaient pas toujours, ou qu’elles subissaient sous la contrainte familiale.


LES « PROPRIÉTAIRES DU COUTEAU » : UNE FIGURE TRADITIONNELLE DÉSORMAIS CONTESTÉE

Dans certaines traditions ouest-africaines, les personnes chargées de pratiquer l’excision occupaient autrefois une place particulière dans la société.

Chez certains peuples, elles étaient considérées comme des détentrices d’un savoir traditionnel transmis par héritage. Dans l’espace culturel yacouba, le terme « Zolé » ou « Lagalé », souvent traduit dans le langage courant par « propriétaire du couteau », renvoie à cette figure traditionnelle.

Ces femmes, autrefois respectées dans certains villages, étaient parfois investies d’un rôle social important. Elles intervenaient lors des cérémonies initiatiques et détenaient une forme d’autorité communautaire.

Mais aujourd’hui, le regard porté sur cette fonction a profondément changé. Les connaissances médicales et les témoignages des survivantes ont révélé les conséquences graves de ces pratiques : douleurs chroniques, traumatismes psychologiques, complications médicales et atteintes profondes à l’intégrité physique des victimes.

Les conditions dans lesquelles certaines excisions étaient réalisées rendaient également les risques encore plus importants : utilisation d’instruments non stérilisés, absence de prise en charge médicale, environnement non adapté et manque d’informations sur les conséquences sanitaires.

Les « nattes » traditionnelles où se déroulaient autrefois certaines cérémonies, parfois organisées dans des lieux isolés comme les forêts ou des espaces communautaires fermés, sont devenues aujourd’hui le symbole d’une époque où la souffrance des jeunes filles était souvent réduite au silence.


L’EXCISION : UNE VIOLENCE PHYSIQUE, PSYCHOLOGIQUE ET SOCIALE

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les mutilations génitales féminines regroupent toutes les interventions qui consistent à enlever partiellement ou totalement les organes génitaux externes féminins ou à provoquer d’autres lésions des organes génitaux féminins pour des raisons non médicales.

Cette définition rappelle un élément essentiel : l’excision n’a aucune justification médicale.

La pratique expose les victimes à de nombreuses conséquences, parmi lesquelles :

  • des douleurs importantes et des traumatismes immédiats ;
  • des hémorragies pouvant mettre la vie de la victime en danger ;
  • des infections graves, notamment lorsque les conditions d’hygiène ne sont pas respectées ;
  • des complications urinaires ou gynécologiques ;
  • des difficultés lors des grossesses et des accouchements ;
  • des traumatismes psychologiques durables.

Au-delà du corps, c’est également la dignité et la liberté de la personne qui sont touchées. Beaucoup de survivantes témoignent d’un sentiment de peur, de honte ou d’injustice lié au fait d’avoir subi une intervention irréversible sans véritable consentement.

L’une des grandes difficultés de la lutte contre les mutilations génitales féminines réside dans son caractère profondément social. Une jeune fille peut parfois être protégée par ses parents proches, mais rester exposée aux pressions d’autres membres de la famille ou de la communauté.

C’est cette dimension collective qui explique pourquoi certaines victimes ou familles choisissent parfois l’éloignement, le changement de région ou même l’émigration pour protéger les filles.


EXCISION ET MIGRATIONS — UN DRAME SILENCIEUX DERRIÈRE CERTAINS DÉPARTS

Dans l’analyse des grands mouvements migratoires africains, les causes économiques occupent souvent le premier plan. La pauvreté, le chômage, la recherche d’une vie meilleure et l’espoir d’un avenir plus stable sont régulièrement présentés comme les principales raisons qui poussent des milliers de jeunes à prendre les routes de l’exil.

Mais derrière certains parcours migratoires se cachent des histoires plus profondes, parfois difficiles à raconter. Parmi elles figure la volonté d’échapper à certaines violences sociales et culturelles, dont les mutilations génitales féminines.

Loin de nous l’idée de cautionner les traversées clandestines, les réseaux criminels ou les « voyages de la mort » qui exposent les migrants à des dangers extrêmes, il demeure nécessaire d’avoir une lecture plus complète des motivations de certaines candidates au départ.

Toutes les jeunes filles qui quittent leur pays ne fuient pas uniquement la misère économique. Certaines cherchent également à échapper à un environnement dans lequel leur corps, leur avenir ou leurs choix personnels sont soumis à des décisions collectives qui ne tiennent pas toujours compte de leur volonté.

Dans certains contextes, l’excision devient alors un facteur invisible de mobilité. Une jeune fille peut chercher refuge dans une autre région, dans une autre ville ou dans un autre pays pour éviter une cérémonie annoncée, une pression familiale ou une menace communautaire.


DES FAMILLES QUI CHERCHENT À PROTÉGER LEURS FILLES

L’une des dimensions les moins connues du phénomène est celle des déplacements motivés par la protection des enfants.

Dans certaines communautés, des parents opposés à l’excision peuvent se retrouver isolés face à la pression de membres de leur entourage. Le refus de soumettre leur fille à la pratique peut provoquer des tensions familiales, des conflits communautaires ou des ruptures sociales.

Ces situations montrent que la lutte contre l’excision ne concerne pas uniquement les victimes directes. Elle concerne aussi les familles qui tentent de résister à une norme sociale ancienne.

En Côte d’Ivoire, les témoignages recueillis dans certaines localités montrent que des parents préfèrent parfois éloigner leurs filles, les envoyer chez des proches ou changer de cadre de vie afin de les protéger.

Ces déplacements internes, souvent silencieux, rappellent que les violences basées sur le genre peuvent également influencer les trajectoires de mobilité des populations.


EN AFRIQUE, LE POIDS DU SILENCE AUTOUR DES VIOLENCES FAITES AUX FILLES

Pendant longtemps, l’excision a été entourée d’un grand silence. Parler publiquement de cette pratique pouvait être considéré comme une attaque contre la culture ou les traditions.

Ce silence a contribué à maintenir la souffrance de nombreuses survivantes dans l’ombre.

Aujourd’hui, la parole se libère progressivement grâce aux associations féminines, aux organisations internationales, aux médias et aux témoignages des victimes elles-mêmes.

Cette évolution permet de comprendre que lutter contre l’excision ne signifie pas rejeter les cultures africaines. Il s’agit plutôt de distinguer ce qui relève de l’identité culturelle de ce qui porte atteinte à la dignité humaine.

Aucune tradition ne peut justifier une violence imposée à une personne sans son consentement, particulièrement lorsqu’il s’agit d’enfants.


UN NOUVEAU REGARD SUR LES « VOYAGES DE LA MORT »

Les images de jeunes Africains et Africaines tentant de traverser les mers au péril de leur vie provoquent souvent une condamnation immédiate. Ces départs sont parfois analysés uniquement sous l’angle du rêve européen ou de la recherche d’argent.

Cette lecture, bien qu’elle explique une partie du phénomène, ne doit pas empêcher une analyse plus humaine et plus profonde.

Certaines candidates au départ portent peut-être des blessures invisibles. Derrière certains voyages se cachent parfois des histoires de violences familiales, de mariages forcés, de discriminations ou de peur d’une pratique traditionnelle comme l’excision.

Comprendre ces réalités ne revient pas à encourager ces migrations dangereuses. Au contraire, cela permet d’agir plus efficacement sur les causes profondes afin d’offrir aux jeunes filles des alternatives sûres dans leurs propres communautés.

La protection des filles doit donc passer par un changement de regard : elles ne doivent pas seulement être considérées comme des migrantes économiques, mais aussi comme des personnes pouvant fuir des situations de vulnérabilité.


L’EXCISION, UNE QUESTION DE DROITS HUMAINS

Au-delà des frontières africaines, la communauté internationale considère désormais les mutilations génitales féminines comme une violation grave des droits fondamentaux.

Le débat n’est plus seulement culturel ou traditionnel. Il touche aux principes universels de dignité, d’intégrité physique, de santé et de liberté individuelle.

Une société qui protège ses filles est une société qui prépare son avenir.

C’est pourquoi la lutte contre l’excision doit continuer à associer les lois, l’éducation, la sensibilisation et le dialogue communautaire.

Les chefs traditionnels, les leaders religieux, les parents, les enseignants, les professionnels de santé et les médias ont tous un rôle essentiel à jouer.

Car derrière chaque fille protégée se trouve une génération future libérée d’une violence héritée du passé.


LES INSTRUMENTS JURIDIQUES ET LA MOBILISATION INTERNATIONALE CONTRE LES MUTILATIONS GÉNITALES FÉMININES

Face à la persistance des mutilations génitales féminines, la communauté internationale a progressivement construit un ensemble de textes et d’engagements visant à protéger les filles et les femmes contre cette pratique.

L’évolution du regard porté sur l’excision marque un changement profond dans les sociétés. Longtemps considérée par certains comme une affaire privée ou communautaire, elle est désormais reconnue comme une atteinte aux droits humains fondamentaux.

Les États africains, dont la Côte d’Ivoire, se sont engagés à travers plusieurs conventions internationales à lutter contre toutes les formes de violences faites aux femmes et aux enfants.


LES GRANDES CONVENTIONS INTERNATIONALES DE RÉFÉRENCE

Parmi les instruments majeurs figurent :

La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF)

Ratifiée par plusieurs États africains, dont la Côte d’Ivoire, cette convention considère les violences fondées sur le genre comme une forme de discrimination.

Elle engage les États à prendre toutes les mesures nécessaires pour éliminer les pratiques traditionnelles préjudiciables aux femmes et aux filles.


La Convention internationale relative aux droits de l’enfant

Ratifiée par la Côte d’Ivoire, elle rappelle que chaque enfant a droit à la protection contre toutes les formes de violences physiques ou mentales.

Son article 24 invite notamment les États à prendre des mesures efficaces pour abolir les pratiques traditionnelles portant atteinte à la santé des enfants.


La Résolution des Nations Unies sur l’intensification de l’action mondiale visant à éliminer les mutilations génitales féminines

Adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies, cette résolution appelle les États à renforcer leurs politiques de prévention, de sensibilisation et de répression contre les MGF.


La Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD) de 1994

Cette conférence a constitué une étape importante en reconnaissant les mutilations génitales féminines comme une violation des droits des femmes et des filles.

Elle a placé la santé reproductive, l’autonomie des femmes et la protection contre les violences au cœur des politiques internationales.


La Plateforme d’action de Beijing (1995)

Cette plateforme assimile les pratiques traditionnelles nuisibles, dont les mutilations génitales féminines, aux formes de violence faites aux femmes.

Elle appelle les gouvernements à adopter des lois, des programmes éducatifs et des stratégies nationales pour mettre fin à ces pratiques.


LA CÔTE D’IVOIRE : UN CADRE JURIDIQUE QUI RÉPRIME L’EXCISION

En Côte d’Ivoire, l’excision est interdite par la loi.

La législation ivoirienne prévoit des sanctions contre les auteurs, les complices et toutes les personnes qui participent à la réalisation de mutilations génitales féminines.

Cette répression vise notamment les personnes qui pratiquent l’excision, mais également celles qui encouragent, organisent ou facilitent ces actes.

Cependant, l’expérience montre que la loi seule ne suffit pas.

Dans plusieurs communautés, la clandestinité demeure un obstacle majeur. Certaines familles continuent d’organiser des cérémonies cachées, souvent pendant les périodes de vacances scolaires ou lors des rassemblements familiaux.

La lutte contre l’excision nécessite donc une approche globale associant la justice, l’éducation, la sensibilisation et le dialogue avec les communautés.


RECOMMANDATIONS POUR UNE LUTTE PLUS EFFICACE

Pour parvenir à une élimination durable des mutilations génitales féminines, plusieurs actions doivent être renforcées :


1. Intensifier la sensibilisation communautaire

Les campagnes doivent davantage toucher les zones rurales et les communautés où la pression sociale reste forte.

La sensibilisation ne doit pas uniquement viser les jeunes filles, mais également les parents, les anciens, les leaders traditionnels et religieux.


2. Renforcer la vulgarisation des lois

Beaucoup de personnes ignorent encore les sanctions prévues par la législation.

Une meilleure connaissance des textes permettrait de réduire les actes clandestins et d’encourager les dénonciations.


3. Protéger les victimes et les filles menacées

Les mécanismes d’alerte et de protection doivent être renforcés afin de permettre aux familles ou aux jeunes filles en danger de demander de l’aide.


4. Donner davantage la parole aux survivantes

Les femmes ayant vécu l’excision doivent être placées au cœur de la lutte.

Leurs témoignages permettent de déconstruire les idées reçues et de montrer les conséquences réelles de cette pratique.


5. Impliquer davantage les hommes

La lutte contre l’excision ne doit pas être considérée comme une affaire uniquement féminine.

Les pères, frères, chefs communautaires et responsables religieux ont un rôle essentiel dans le changement des mentalités.


PLAIDOYER : POURQUOI LA SOCIÉTÉ DOIT CHANGER DE REGARD

L’excision n’est pas seulement une question de tradition. Elle est une question de dignité humaine.

Lorsqu’une enfant subit une intervention irréversible sur son corps sans pouvoir exprimer un véritable consentement, c’est son droit fondamental à l’intégrité physique qui est atteint.

La société doit donc poursuivre son évolution.

Respecter les cultures africaines ne signifie pas accepter toutes les pratiques héritées du passé. Les traditions évoluent avec les connaissances, les réalités sociales et la protection des générations futures.

L’Afrique possède des valeurs fortes de solidarité, de respect et de protection de l’enfant. Ces valeurs doivent aujourd’hui conduire à abandonner définitivement les pratiques qui causent souffrances et traumatismes.


PROTÉGER LES FILLES POUR PRÉPARER L’AVENIR

L’excision demeure un combat majeur du XXIᵉ siècle.

Derrière les statistiques se trouvent des visages, des histoires et des vies de jeunes filles qui aspirent simplement à grandir libres, en bonne santé et respectées.

L’affaire de Bongouanou en Côte d’Ivoire rappelle que la vigilance doit rester permanente.

La lutte contre les mutilations génitales féminines ne peut réussir que par une mobilisation collective : celle de l’État, de la justice, des familles, des communautés, des médias et de chaque citoyen.

Car protéger une fille aujourd’hui, c’est protéger la femme et la société de demain.


Christ Kémondé





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Yamoussoukro: le District autonome intensifie ses actions en faveur de l’emploi des jeunes, de l’autonomisation des femmes et du développement local durable

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Sous Augustin Thiam, plus de 5 000 jeunes reprennent espoir grâce aux projets d’insertion

À Yamoussoukro, la lutte contre le chômage des jeunes n’est plus seulement un discours institutionnel. Elle se traduit désormais par des actions concrètes, visibles sur le terrain et perceptibles dans plusieurs villages de la capitale politique ivoirienne.

Les 13 et 14 mai 2026, la Direction de l’Agriculture et du Développement Rural (DADR) et la Cellule Projet du District Autonome de Yamoussoukro ont effectué une mission de terrain dans plusieurs localités afin de présenter les résultats des programmes d’insertion socio-professionnelle engagés sous la gouvernance du Ministre, Gouverneur Augustin Thiam.

Conduite par Jean-Pierre Assoumou, Directeur de la DADR et Coordonnateur Général de la Cellule Projet, cette mission avait pour objectif de mettre en lumière les acquis des programmes PEJEDEC et C2D Emploi Jeunes, devenus aujourd’hui de véritables instruments de transformation sociale dans le District.


Une politique sociale portée par la vision du Ministre, Gouverneur

Depuis plusieurs années, le Ministre, Gouverneur Augustin Thiam a placé la jeunesse au cœur de la stratégie de développement du District autonome de Yamoussoukro. Face à la montée du chômage et de la précarité chez les jeunes, le District a choisi de miser sur la formation, l’entrepreneuriat et l’accompagnement économique.

Cette politique s’appuie notamment sur le Projet Emploi Jeunes et Développement des Compétences (PEJEDEC), financé avec l’appui de la Banque mondiale, ainsi que sur le Contrat de Désendettement et de Développement (C2D) Emploi Jeunes, soutenu par l’État de Côte d’Ivoire et plusieurs partenaires techniques et financiers


Plus de 5 000 jeunes déjà insérés dans le tissu économique

Les chiffres présentés par la Cellule Projet traduisent l’ampleur des actions entreprises.

Depuis le démarrage des programmes PEJEDEC et C2D Emploi Jeunes, ce sont plus de 5 231 jeunes qui ont été formés et insérés dans le tissu socio-économique du District autonome de Yamoussoukro. Une performance saluée par les partenaires et les autorités administratives.

Selon Jean-Pierre Assoumou, les femmes représentent près de 68 % des bénéficiaires, preuve de la volonté du District de promouvoir l’inclusion sociale et l’autonomisation économique féminine.

Il souligne que l’objectif du programme est de permettre aux jeunes de devenir autonomes et acteurs du développement local. Aujourd’hui, l’action du District s’inscrit dans une dynamique durable d’insertion et d’accompagnement.


Le Centre de formation Moyé, symbole de la nouvelle dynamique

Parmi les acquis majeurs mis en avant au cours de cette mission figure le Centre de formation Moyé, situé dans un village périphérique de Yamoussoukro.

Ce centre, présenté comme un véritable incubateur de compétences, assure des formations pratiques dans plusieurs filières agricoles, artisanales et entrepreneuriales adaptées aux réalités économiques locales.

Selon le coordonnateur général du projet, la première cohorte de jeunes formés au Centre Moyé est aujourd’hui installée à 100 %.

Tous les jeunes de la première cohorte ont été installés, ce qui démontre que les formations débouchent effectivement sur des activités réelles et productives.

Une deuxième cohorte de 40 apprenants poursuit actuellement sa formation au sein du centre.


Agriculture, artisanat et entrepreneuriat au cœur des formations

Le District autonome de Yamoussoukro forme et accompagne les jeunes dans plusieurs secteurs porteurs tels que l’agriculture, l’élevage, la transformation agroalimentaire, les métiers de l’artisanat, la coiffure, la couture, la pâtisserie, le commerce, ainsi que dans des activités innovantes comme la production de compost et la confection de briques en terre stabilisée.

Au-delà des formations, plusieurs bénéficiaires reçoivent également des financements directs pour développer leurs activités génératrices de revenus.


Un fonds de garantie pour lever les obstacles au financement

L’une des innovations majeures du District reste la mise en place d’un fonds de garantie de 150 millions de francs CFA auprès d’une institution de microfinance afin de faciliter l’accès des jeunes entrepreneurs au crédit.

À cela s’ajoute un fonds annuel d’environ 30 millions FCFA destiné au suivi et à l’accompagnement des bénéficiaires.

Cette initiative répond à l’une des principales difficultés rencontrées par les jeunes porteurs de projets, notamment dans le secteur agricole où les établissements financiers restent souvent prudents face aux risques liés aux investissements.


Une vision axée sur l’avenir de la jeunesse

Engagé depuis plusieurs années dans les politiques de promotion de l’emploi jeune, le Ministre, Gouverneur Augustin Thiam insiste régulièrement sur la nécessité d’accompagner durablement la jeunesse ivoirienne à travers des programmes structurants de formation, d’insertion et de financement.

Le District autonome de Yamoussoukro entend ainsi poursuivre ses efforts afin d’offrir davantage d’opportunités économiques aux jeunes et renforcer le développement local.


Une gouvernance de proximité saluée par les populations

Sur le terrain, plusieurs bénéficiaires rencontrés lors de la mission des 13 et 14 mai témoignent aujourd’hui d’une amélioration de leurs conditions de vie grâce aux projets du District.

Dans plusieurs villages de Yamoussoukro, des jeunes autrefois sans activité exercent désormais dans l’agriculture, l’élevage, la transformation agroalimentaire ou les métiers de service.

Cette approche de proximité, associée à l’accompagnement technique et financier, contribue progressivement à réduire la précarité et à renforcer la cohésion sociale dans le District autonome de Yamoussoukro.


À travers les programmes PEJEDEC, C2D Emploi Jeunes et le Centre de formation Moyé , le District Autonome de Yamoussoukro confirme sa volonté de faire de l’emploi des jeunes un levier majeur du développement local.

Sous l’impulsion de Thiam Augustin, des milliers de jeunes et de femmes bénéficient aujourd’hui de formations qualifiantes, de financements et d’opportunités concrètes d’insertion.

Au-delà des chiffres, ces actions traduisent surtout une ambition claire, celle de bâtir une jeunesse autonome, productive et capable de participer activement à la transformation économique et sociale de Yamoussoukro.

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Chronique / Un homme, de multiples fonctions : la gouvernance ivoirienne sous les projecteurs

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La concentration de multiples postes politiques et économiques entre les mains d’une seule personne est un phénomène qui soulève des questions fondamentales sur la bonne gouvernance en Côte d’Ivoire. À l’heure où la transparence et la responsabilité des dirigeants sont des enjeux cruciaux, l’exemple de la Côte d’Ivoire où une seule personne cumule les postes de Ministre-président de conseil régional, député-maire, ou sénateur et dirigeant d’une entreprise publique, suscite un débat passionné.

Examinons en profondeur les implications de ces cumuls de postes sur la gouvernance ivoirienne, en nous demandant s’il est possible de parler de bonne gouvernance malgré ces arrangements, surtout à la lumière des exigences de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance en matière de déclaration de biens.

La concentration des pouvoirs

La concentration des pouvoirs entre les mains d’une seule personne est un phénomène qui soulève des questions fondamentales sur la bonne gouvernance en Côte d’Ivoire. L’exemple d’un individu occupant simultanément les postes de Ministre-président de conseil régional, député-maire, député, maire, et dirigeant d’une entreprise publique suscite des débats. Cette situation soulève des inquiétudes quant à la séparation des pouvoirs, à la reddition de comptes et à la capacité du système à fonctionner de manière démocratique et transparente.

La bonne gouvernance repose sur des principes fondamentaux tels que la transparence, la responsabilité, la participation citoyenne et l’État de droit. Les cumuls de postes peuvent être perçus comme un obstacle à la réalisation de ces objectifs. La capacité des citoyens à participer pleinement à la gouvernance locale et nationale, par le biais de représentants diversifiés et dûment responsables, est compromise lorsque plusieurs fonctions clés sont exercées par une seule personne. De plus, la transparence et la responsabilité des décideurs sont mises à l’épreuve lorsque des conflits d’intérêts potentiels sont présents en raison de ces cumuls de postes.

La Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance( HABG) exige des dirigeants, la déclaration de leurs biens afin de prévenir la corruption, les abus de pouvoir et les conflits d’intérêts. Bien que cette mesure constitue un pas dans la bonne direction, elle soulève la question de savoir si elle est suffisante pour garantir la transparence et la responsabilité dans un contexte de cumul de postes. La déclaration de biens peut fournir une certaine visibilité sur le patrimoine des dirigeants, mais elle ne garantit pas la prévention des conflits d’intérêts inhérents aux cumuls de postes.

Pour assurer une gouvernance efficace et éthique, il est nécessaire de garantir une séparation claire des rôles au sein des institutions publiques et des entreprises d’État. Le cumul de postes peut compromettre cette séparation en confondant les intérêts publics et privés, et en créant des situations où des décisions prises dans un domaine peuvent influencer de manière inappropriée un autre domaine. La bonne gouvernance exige une répartition adéquate des responsabilités et des contre-pouvoirs pour éviter les abus et favoriser une prise de décision équilibrée et éclairée.

Au-delà des questions politiques et de gouvernance, les cumuls de postes peuvent également avoir un impact sur le développement économique. En tant que dirigeant d’une entreprise publique, l’individu en question pourrait être en mesure d’influencer les politiques et les ressources publiques de manière à favoriser ses propres intérêts

Les enjeux de la bonne gouvernance

Les enjeux de la bonne gouvernance en Côte d’Ivoire sont d’une importance cruciale pour le développement socio-économique et politique du pays. La transparence, la responsabilité, la participation citoyenne, l’État de droit et la séparation des pouvoirs sont des éléments essentiels pour assurer un fonctionnement efficace des institutions publiques, prévenir la corruption, favoriser le développement économique durable et protéger les droits fondamentaux des citoyens.

La transparence est un élément clé de la bonne gouvernance. Les citoyens doivent avoir accès à l’information sur les décisions prises par les autorités publiques, ainsi que sur l’utilisation des ressources publiques. Une transparence accrue favorise la confiance des citoyens dans leurs institutions et permet un contrôle démocratique sur l’action publique. En Côte d’Ivoire, la transparence revêt une importance particulière pour consolider la stabilité politique et sociale après des années de troubles et de conflits.

La responsabilité des dirigeants est un autre enjeu majeur. Les représentants élus et les fonctionnaires doivent être tenus responsables de leurs actions et de l’utilisation des ressources publiques. Cela implique la reddition de comptes devant les citoyens, les médias et les institutions de contrôle, ainsi que des mécanismes efficaces pour sanctionner les abus de pouvoir et la corruption. Une culture de responsabilité renforce la légitimité des institutions et favorise un climat de confiance entre le gouvernement et la population.

La participation citoyenne est également un aspect essentiel de la bonne gouvernance. Les citoyens doivent pouvoir participer activement à la prise de décision politique, que ce soit par le biais d’élections libres et équitables, de consultations publiques ou de mécanismes de démocratie participative. En favorisant la participation des citoyens, la gouvernance devient plus représentative et répond davantage aux besoins et aux préoccupations de la population.

L’État de droit est un pilier fondamental sur lequel repose la bonne gouvernance. Cela implique que les lois s’appliquent de manière égale à tous les citoyens, y compris les dirigeants politiques et économiques, et que les institutions judiciaires sont indépendantes et impartiales. En assurant l’État de droit, la gouvernance renforce la confiance dans le système judiciaire et garantit la protection des droits individuels.

Enfin, la séparation des pouvoirs est un principe clé pour éviter les abus de pouvoir et garantir un équilibre entre les différentes branches du gouvernement. En assurant que le pouvoir exécutif, législatif et judiciaire fonctionnent de manière indépendante, la gouvernance se prémunit contre la concentration excessive de pouvoirs entre les mains d’une seule entité ou personne.

Exigences de transparence et déclaration de biens

Dans les méandres de la politique ivoirienne, un homme se trouve au cœur de multiples fonctions, jonglant habilement entre les responsabilités de la gouvernance. La scène est éclairée, les projecteurs se braquent sur la quête de transparence et la déclaration de biens, une exigence légitime dans un pays en quête de stabilité et de progrès.

La Haute Autorité de la Bonne Gouvernance (HABG), telle une sentinelle vigilante, s’est donnée pour mission de veiller à la bonne conduite des affaires politiques et économiques en Côte d’Ivoire. Armée de sa lance de transparence et de son bouclier anti-corruption, elle exige des dirigeants politiques et des têtes des entreprises publiques de dévoiler l’étendue de leurs richesses, comme si elles étaient des stars de cinéma devant un public avide de connaître les dessous de leur succès.

Pourtant, dans ce théâtre politique, certains acteurs se sont transformés en maîtres de l’art de l’esquive. Tel des ninjas de la bureaucratie, ils font preuve d’une agilité remarquable pour échapper aux exigences de la HABG. Leur résistance face à la transparence ressemble à un jeu de cache-cache digne des plus grandes cours de récréation.

Mais comment peut-on résister à la lumière éblouissante de la transparence ? Il est difficile de dissimuler ses cartes quand le jeu se déroule sous les feux des projecteurs. Pourtant, ces maîtres de l’esquive semblent croire qu’ils peuvent se fondre dans l’ombre des non-dits, comme des caméléons politiques, changeant de couleur au gré des enjeux.

La comédie de la résistance à la transparence est jouée sur une scène où les rires se mêlent aux soupirs. Mais au-delà de l’humour, c’est la crédibilité de la gouvernance ivoirienne qui est en jeu. La transparence n’est pas un caprice, mais une nécessité pour asseoir la confiance des citoyens et des partenaires internationaux. Il est grand temps que les acteurs politiques et économiques comprennent que la bonne gouvernance n’est pas une pièce de théâtre, mais un pilier essentiel du développement durable.

Alors que la saga de la transparence se poursuit, les projecteurs restent braqués sur ces acteurs aux multiples fonctions. Le public, avide de vérité, attend de voir comment cette pièce se terminera. Espérons seulement que la morale de l’histoire mettra en lumière l’importance de la transparence et de la bonne gouvernance, et que les maîtres de l’esquive finiront par prendre leur rôle au sérieux.

La nécessité d’une séparation claire des pouvoirs

Il était une fois, dans le royaume ensoleillé de la Côte d’Ivoire, un homme aux multiples fonctions, un véritable couteau suisse de la gouvernance ivoirienne. Tel un artiste de cirque jonglant avec des boules de pouvoir, il cumulait les rôles avec une agilité déconcertante. Ministre par-ci, député par-là, maire à ses heures perdues, il était partout à la fois, tel un super-héros politique à la retraite.

Cependant, malgré l’adulation de ses partisans, certains observateurs commençaient à s’interroger sur la pertinence de cette omniprésence. La nécessité d’une séparation claire des pouvoirs se faisait de plus en plus pressante. Car, avouons-le, jongler avec autant de casquettes risquait de provoquer un sacré mal de crâne, même pour un politicien chevronné.

Imaginez un instant ce pauvre homme, si débordé qu’il en oubliait parfois dans quelle fonction il se trouvait. « Ai-je signé ce « décret » en tant que ministre ou en tant que maire ? » se demandait-il en scrutant ses propres écritures. Il était devenu son propre casse-tête chinois, un mystère à élucider pour les historiens politiques du futur.

Mais blagues à part, la nécessité d’une séparation claire des pouvoirs s’impose pour assurer un fonctionnement sain de toute démocratie. En concentrant autant de pouvoirs entre ses mains, notre homme aux mille fonctions risquait de porter atteinte à l’équilibre des institutions et à la sérénité de la vie politique ivoirienne. La séparation des pouvoirs, c’est un peu comme les ingrédients dans une recette : inutile d’avoir trop de sel dans un plat, sinon ça gâche tout le goût.

Face à cette situation, une réforme en profondeur s’impose pour clarifier les rôles de chacun et éviter que le pays ne ressemble à un gigantesque numéro de claquettes politiques. Car, reconnaissons-le, jongler avec les pouvoirs, c’est bien joli au cirque, mais en politique, c’est souvent synonyme de confusion, d’abus et de dysfonctionnements.

La gouvernance ivoirienne sous les projecteurs révèle un besoin urgent de réorganisation et de clarification des rôles. Il est grand temps que notre homme aux mille fonctions range ses casquettes dans le placard et laisse place à une répartition plus équilibrée des responsabilités. Car, après tout, même les super-héros ont besoin d’un peu de repos de temps en temps.

Les répercussions sur le développement économique

Depuis plusieurs années, la gouvernance ivoirienne a été le théâtre d’un phénomène marquant : le cumul de multiples fonctions par un seul individu. Cette pratique, bien que devenue une norme , soulève beaucoup de questions quant à son impact sur le développement du pays. En effet, les répercussions des cumuls de poste sur le développement de la Côte d’Ivoire sont multiples et méritent une analyse approfondie.

Tout d’abord, le cumul de postes clés par une seule personne peut entraîner une concentration excessive de pouvoir. Cela peut conduire à un manque de contrôle et d’équilibre, mettant ainsi en péril la démocratie et la gouvernance transparente. Lorsqu’une personne occupe simultanément des postes de responsabilité au sein du gouvernement, d’entreprises d’État et d’organisations influentes, elle peut être en mesure d’exercer une influence disproportionnée sur les décisions politiques, économiques et sociales du pays. Cette concentration de pouvoir peut favoriser la corruption, l’abus de pouvoir et le clientélisme, sapant ainsi les fondements d’une gouvernance saine et équitable.

Par ailleurs, les cumuls de poste peuvent avoir un impact négatif sur l’efficacité et la performance des institutions. En effet, une personne occupant plusieurs fonctions importantes peut se retrouver dans une situation de conflit d’intérêts, ce qui peut compromettre son objectivité et sa capacité à prendre des décisions dans l’intérêt général. De plus, cela peut entraîner un manque de disponibilité et de concentration sur chacune de ses responsabilités, ce qui nuit à la qualité de la gouvernance et à la mise en œuvre de politiques publiques efficaces.

En outre, les cumuls de poste peuvent entraver le développement de nouvelles compétences et de nouvelles perspectives au sein des institutions. En favorisant la monopolisation de certaines positions par un petit groupe de personnes, cette pratique limite les opportunités pour de nouveaux leaders d’ émerger et d’apporter des idées novatrices. Cela peut contribuer à un manque de diversité dans la prise de décision, ce qui nuit à la capacité du gouvernement à répondre de manière adéquate aux défis complexes et en constante évolution auxquels est confrontée la Côte d’Ivoire.

Les cumuls de poste dans la gouvernance ivoirienne soulèvent des préoccupations légitimes quant à leur impact sur le développement du pays. Pour assurer une gouvernance efficace, transparente et équitable, il est essentiel de prendre des mesures pour limiter le cumul excessif de postes clés et pour promouvoir la diversité, la compétence et l’intégrité au sein des institutions. En favorisant une répartition équilibrée des responsabilités et en encourageant la rotation des leaders, la Côte d’Ivoire pourra renforcer ses institutions et promouvoir un développement durable et inclusif pour l’ensemble de sa population

Le phénomène du cumul de multiples fonctions au sein de la gouvernance ivoirienne souligne la nécessité pressante de promouvoir une répartition équilibrée du pouvoir, de renforcer l’indépendance des institutions et de favoriser la diversité et la compétence au sein des postes clés. En agissant en ce sens, la Côte d’Ivoire pourra consolider sa gouvernance, favoriser un développement durable et équitable, et répondre aux défis complexes du 21e siècle.

François M’BRA II, Journaliste Consultant Formateur, Point Focal de International Press Institute ( IPI) en Côte d’Ivoire .

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L’ombre de l’exclusion – Le déni des droits fondamentaux des personnes handicapées

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L’inclusion et le respect des droits fondamentaux sont des principes essentiels pour une société équitable et progressiste. Malheureusement, de nombreuses personnes handicapées continuent d’être victimes d’exclusion, se voyant refuser l’accès à des domaines clés tels que l’éducation, la santé, l’emploi et même le mariage. Ce dossier met en lumière les défis auxquels sont confrontées les personnes handicapées dans ces domaines cruciaux et souligne la nécessité urgente de remédier à cette situation afin de garantir l’égalité des chances pour tous.

Une porte fermée aux opportunités


L’éducation est un droit fondamental et universel, reconnu par la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Cependant, malgré ces engagements internationaux, de nombreuses personnes handicapées sont confrontées à des obstacles systémiques et à une discrimination qui limite leur accès à l’éducation. Ce manquement au respect du droit à l’éducation des personnes handicapées constitue une porte fermée aux opportunités pour ces individus, les privant ainsi d’un développement personnel, social et professionnel épanouissant.


L’une des premières barrières auxquelles sont confrontées les personnes handicapées dans leur quête d’éducation est l’accessibilité physique des établissements scolaires. Les infrastructures non adaptées aux besoins spécifiques des personnes handicapées, telles que l’absence de rampes d’accès, de toilettes adaptées ou d’ascenseurs, rendent impossible, l’accès aux salles de classes pour de nombreux individus. Cette situation les exclut de facto du système éducatif et nuit à leur droit fondamental à l’éducation.


Outre les barrières physiques, les personnes handicapées sont souvent confrontées à des obstacles pédagogiques et à des pratiques discriminatoires au sein des établissements scolaires. Les méthodes d’enseignement traditionnelles ne prennent pas toujours en compte les besoins spécifiques des personnes handicapées, ce qui limite leur participation et leur apprentissage.

« Les personnes handicapées ont les mêmes droits que tous les autres citoyens du monde. Malheureusement, nous constatons avec amertume, assez d’attitudes discriminatoires à leur égard. Nous devons tous nous engager à sensibiliser à ces problèmes et travailler à les résoudre afin de garantir que toutes les personnes, y compris celles en situation de handicap, aient un accès équitable à l’éducation et aux autres secteurs de notre société, en tenant compte des différentes spécificités des types de handicaps » a appelé Rosine Kouadio, Président de l’ONG Internationale Handi-Senso-Plus (HSP)


Les préjugés et la stigmatisation persistante envers les personnes handicapées peuvent entraîner une exclusion sociale et une discrimination au sein de l’environnement scolaire ; une situation qui crée un climat peu propice à leur épanouissement et à leur développement.
Une autre facette du non-respect du droit à l’éducation des personnes handicapées réside dans les lacunes en matière d’accompagnement et de soutien. Les ressources spécialisées, telles que les interprètes en langue des signes, les aides à la communication ou les professionnels formés à l’encadrement des personnes handicapées, sont souvent insuffisantes ou inexistantes dans de nombreux établissements scolaires. Cette situation entrave non seulement l’accès à l’éducation, mais également la participation active et la réussite scolaire des personnes handicapées.


Le non-respect du droit à l’éducation des personnes handicapées a des conséquences à long terme sur leur vie quotidienne et leurs perspectives. L’éducation joue un rôle crucial dans l’autonomisation des individus et leur permet de développer leurs compétences, leur estime de soi et leur indépendance. En étant privées d’une éducation de qualité, les personnes handicapées sont souvent confrontées à des barrières plus importantes pour s’intégrer pleinement dans la société et pour accéder à l’emploi. Cela perpétue un cercle vicieux de discrimination et de désavantage social.

Difficultés d’accès aux soins
L’accès aux soins de santé est un droit fondamental pour tous les individus, indépendamment de leur condition physique ou mentale. Malheureusement, les personnes handicapées font face à de nombreuses difficultés pour accéder aux soins dont elles ont besoin. Cette réalité pose un défi majeur pour les systèmes de santé et appelle à une réflexion approfondie sur les mesures à prendre pour améliorer l’accès aux soins des personnes handicapées.


L’une des principales difficultés auxquelles sont confrontées les personnes handicapées est l’existence de barrières physiques et architecturales. De nombreux établissements de santé ne sont pas équipés pour accueillir des patients en situation de handicap, ce qui limite leur accès aux soins. Les rampes d’accès, les ascenseurs adaptés, les salles de consultation accessibles et les toilettes adaptées sont souvent absents ou insuffisants. Les personnes en fauteuil roulant ou avec des difficultés de mobilité se trouvent ainsi confrontées à des obstacles majeurs pour recevoir les soins dont elles ont besoin.
Un autre défi important est le manque de sensibilisation et de formation du personnel médical à la prise en charge des personnes handicapées. Les professionnels de la santé peuvent manquer de connaissances spécifiques sur les besoins et les droits des personnes handicapées, ce qui peut entraîner des discriminations et un manque de compréhension des problématiques particulières auxquelles elles sont confrontées. Cette situation peut conduire à des diagnostics erronés, à des traitements inadaptés ou à des retards dans la prise en charge.
« Nous sommes très souvent confrontées à des difficultés financières qui limitent notre accès aux soins. Les équipements médicaux spécialisés, les médicaments et les services de réadaptation sont coûteux, ce qui rend difficile notre accessibilité, pour les personnes à faibles revenus ou sans assurance maladie. En plus, les inégalités socio-économiques aggravent nos difficultés, parce que la quasi-totalité des personnes handicapées sont issues de milieux défavorisés et a moins de ressources pour faire face à aux besoins en matière de santé » a indiqué Coulibaly Daouda, Président de la Coordination des Associations des Personnes Handicapées de la Vallée du Bandama (CAPHVB)
Le manque de coordination et de soutien dans le parcours de soins constitue également une difficulté importante pour les personnes handicapées. Les différents professionnels de la santé impliqués dans la prise en charge d’une personne handicapée peuvent manquer de communication et de coordination, ce qui peut entraîner des retards dans les soins, des duplications d’examens ou des erreurs médicales. De plus, les personnes handicapées ont souvent besoin d’une prise en charge multidisciplinaire, impliquant différents spécialistes et services de réadaptation. Cependant, cette coordination fait souvent défaut, ce qui rend le parcours de soins complexe et difficile à naviguer pour les personnes handicapées et leurs familles.
La stigmatisation et la discrimination envers les personnes handicapées sont des obstacles supplémentaires à leur accès aux soins. Les préjugés et les attitudes négatives à leur égard peuvent influencer la qualité des soins qu’ils reçoivent, en limitant parfois leurs options de traitement ou en les traitant de manière paternaliste. Ces attitudes discriminatoires peuvent dissuader les personnes handicapées de rechercher les soins dont elles ont besoin, par crainte d’être mal traitées ou jugées.
L’accès aux soins des personnes handicapées demeure un défi majeur dans de nombreux systèmes de santé. Les barrières physiques, le manque de sensibilisation et de formation du personnel médical, les coûts financiers, le manque de coordination dans le parcours de soins et la stigmatisation sont autant de difficultés qui entravent l’accès aux soins des personnes handicapées. Il est essentiel de mettre en place des mesures concrètes pour surmonter ces obstacles, telles que l’adaptation des infrastructures, la sensibilisation et la formation des professionnels de la santé, la mise en place de politiques de santé inclusives, et la lutte contre la stigmatisation et la discrimination. L’accès équitable aux soins de santé pour tous, indépendamment de leur handicap, doit être une priorité afin de garantir le respect des droits fondamentaux des personnes handicapées et leur bien-être global

Une exclusion économique persistante
L’exclusion économique persistante des personnes handicapées constitue une problématique majeure et inacceptable dans nos sociétés modernes. Malgré les progrès réalisés en matière de droits et d’inclusion, les personnes handicapées continuent de faire face à des obstacles considérables sur le plan économique. Cette exclusion prolongée limite leurs opportunités d’emploi, leur accès à la formation et à la mobilité sociale, compromettant ainsi leur autonomie et leur bien-être. 


Les personnes handicapées sont souvent confrontées à des préjugés et à des stéréotypes négatifs de la part des employeurs et de la société en général. Ces préjugés peuvent conduire à des discriminations à l’embauche, à des salaires inférieurs et à des opportunités d’avancement limitées. Les employeurs peuvent craindre que les personnes handicapées ne soient pas en mesure de répondre aux exigences du poste, ce qui crée une barrière supplémentaire pour leur intégration économique.
De nombreux lieux de travail et infrastructures ne sont pas conçus pour être accessibles aux personnes handicapées. Les obstacles physiques tels que les escaliers sans rampe d’accès ou les portes étroites rendent difficile, voire impossible, leur accès aux locaux professionnels. De plus, l’accès aux technologies de l’information et de la communication peut être limité, ce qui restreint l’accès à des opportunités d’emploi en ligne ou à distance.
Dans de nombreux pays, les politiques et les réglementations en matière d’emploi et d’accessibilité ne sont pas suffisamment développées pour garantir l’inclusion économique des personnes handicapées. Le manque de mesures incitatives pour les employeurs, de programmes de formation adaptés et de soutien financier peut contribuer à leur exclusion économique.
L’exclusion économique des personnes handicapées peut conduire à des situations de pauvreté et de dépendance. En raison de l’accès limité à l’emploi et aux ressources financières, de nombreuses personnes handicapées dépendent des allocations sociales, ce qui limite leur autonomie et leur capacité à participer pleinement à la société.
L’exclusion économique a un impact significatif sur la santé mentale et le bien-être des personnes handicapées. Le manque d’opportunités professionnelles et la stigmatisation sociale peuvent entraîner des sentiments d’inutilité, d’isolement et de dévalorisation.

Une injustice amoureuse

‘‘ La société a tendance à percevoir les personnes handicapées comme étant asexuées ou incapables de participer pleinement à une relation amoureuse. Cette idée préconçue est profondément injuste, car elle nie aux personnes handicapées le droit fondamental d’exprimer et de vivre leur sexualité de manière épanouissante. Les besoins amoureux et sexuels sont universels, et les personnes handicapées ne font pas exception à cette règle ’’
L’injustice amoureuse vécue par les personnes handicapées est un sujet pertinent et complexe qui mérite une réflexion approfondie. Les personnes handicapées sont confrontées à de nombreux obstacles lorsqu’il s’agit de trouver et de maintenir une relation amoureuse épanouissante. Cette injustice repose sur des préjugés profondément enracinés dans notre société, qui marginalisent et limitent les opportunités des personnes handicapées sur le plan amoureux.


Tout d’abord, la société a tendance à percevoir les personnes handicapées comme étant asexuées ou incapables de participer pleinement à une relation amoureuse. Cette idée préconçue est profondément injuste, car elle nie aux personnes handicapées le droit fondamental d’exprimer et de vivre leur sexualité de manière épanouissante. Les besoins amoureux et sexuels sont universels, et les personnes handicapées ne font pas exception à cette règle. Cependant, elles sont souvent confrontées à des stéréotypes et à des jugements qui les privent de leur droit à une vie amoureuse satisfaisante.


De plus, les personnes handicapées sont souvent confrontées à des barrières physiques et environnementales qui limitent leur accès aux lieux de rencontre et aux activités sociales. Les infrastructures publiques et privées ne sont souvent pas adaptées pour les personnes handicapées, ce qui rend difficile leur participation aux activités sociales et leur rencontre avec de potentiels partenaires. Cette exclusion systémique crée une inégalité flagrante et empêche de nombreuses personnes handicapées de trouver l’amour et de construire des relations significatives.


En outre, les préjugés et la discrimination jouent un rôle majeur dans l’injustice amoureuse vécue par les personnes handicapées. Les attitudes négatives envers le handicap sont toujours présentes dans notre société, ce qui conduit à une marginalisation et à une exclusion des personnes handicapées dans le domaine de l’amour. Les individus handicapés sont souvent perçus comme étant moins attractifs ou moins dignes d’amour, ce qui crée des obstacles émotionnels et psychologiques dans leurs relations potentielles. Ces préjugés injustes créent un climat défavorable où les personnes handicapées sont souvent négligées ou rejetées dans le domaine amoureux.
Les injustices persistent malgré les efforts déployés pour promouvoir l’inclusion et les droits fondamentaux. Il est donc impératif que les gouvernements, les institutions et la société dans son ensemble prennent des mesures concrètes pour surmonter les obstacles et garantir une pleine participation des personnes handicapées à tous les aspects de la vie sociale. L’inclusion et le respect des droits fondamentaux des personnes handicapées sont essentiels pour la construction d’une société juste et égalitaire pour tous.


François M’BRA II

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