La Directrice pays du Bureau international du Travail (BIT), Ndeye Coumba Diop, a lancé un appel fort aux partenaires sociaux à l’occasion de la première édition des « Rendez-vous de l’OIT avec ses partenaires sociaux en Côte d’Ivoire », tenue les 12 et 13 octobre 2026 à Yamoussoukro. Au cœur de son intervention, une invitation à changer de posture pour faire du dialogue social un véritable levier de transformation du monde du travail.
« Comment passer de bénéficiaires à partenaires ? C’est la transformation qu’on doit faire. » Cette interrogation, formulée par Ndeye Coumba Diop, a donné le ton de son intervention. Pour la responsable du Bureau pays de l’OIT, les organisations de travailleurs et d’employeurs ne doivent plus seulement se considérer comme des bénéficiaires des programmes et des actions de l’institution, mais comme des partenaires stratégiques capables de contribuer activement à leur conception, à leur mise en œuvre et à leur suivi.
Couvrant la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Togo, le Bureau pays de l’OIT entend, à travers cette plateforme, renforcer les échanges avec les organisations représentatives des travailleurs et des employeurs. L’objectif est de dépasser les rencontres ponctuelles d’information pour instaurer un dialogue régulier, constructif et orienté vers des résultats concrets.
Pour Ndeye Coumba Diop, les partenaires sociaux disposent d’atouts essentiels : leur proximité avec les travailleurs et les entreprises, leur capacité de mobilisation, leurs réseaux et leur connaissance des réalités du terrain. Ces forces doivent être davantage mises à contribution afin d’améliorer la pertinence des politiques et des interventions en faveur du travail décent.
La Directrice pays a également rappelé que l’action de l’OIT ne peut produire pleinement ses effets sans l’implication de ses partenaires sociaux. Elle a insisté sur la nécessité de construire une relation fondée sur la confiance, la responsabilité partagée et la recherche de solutions communes.
Au-delà des échanges et des déclarations de principe, Ndeye Coumba Diop a insisté sur la nécessité de traduire le dialogue social en décisions et en réalisations mesurables. L’enjeu est de transformer l’écoute en décisions, les décisions en actions et les actions en progrès tangibles pour les travailleurs comme pour les employeurs.
Cette orientation concerne plusieurs priorités du monde du travail, notamment l’emploi des jeunes et des femmes, le renforcement de la protection sociale, le développement des compétences, la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle et la promotion du dialogue social.
L’OIT accompagne également les efforts visant à faire respecter les normes internationales du travail et les droits fondamentaux au travail, notamment la liberté syndicale, la négociation collective, l’élimination du travail forcé et du travail des enfants, ainsi que la lutte contre les discriminations. Une attention particulière doit aussi être accordée aux travailleurs migrants, aux travailleurs ruraux et aux personnes exerçant dans l’économie informelle.
Pour la Directrice pays du BIT, ces défis exigent une mobilisation collective. Les organisations de travailleurs et d’employeurs sont appelées à prendre toute leur place dans les discussions, à faire remonter les préoccupations de leurs mandants et à contribuer à l’élaboration de réponses adaptées aux réalités économiques et sociales.
La première édition des « Rendez-vous de l’OIT avec ses partenaires sociaux » doit ainsi servir de cadre à une réflexion commune sur les priorités et les moyens d’action. Les échanges sont appelés à alimenter le Programme pays pour le travail décent (PPTD), en cohérence avec le Plan national de développement (PND) 2026-2030 et le Cadre de coopération des Nations unies pour le développement durable 2026-2030.
À travers cette démarche, l’OIT souhaite consolider un partenariat qui ne se limite pas à la consultation, mais qui favorise la co-construction des politiques et des initiatives. L’ambition est de faire émerger des propositions concrètes, portées collectivement et susceptibles d’améliorer durablement les conditions de travail ainsi que les relations professionnelles en Côte d’Ivoire.
Le message de Ndeye Coumba Diop est donc sans équivoque : les partenaires sociaux doivent aller au-delà de leur rôle traditionnel de bénéficiaires pour devenir des acteurs pleinement engagés dans la définition et la réalisation des objectifs du travail décent.
À Yamoussoukro, la Directrice pays du BIT a ainsi placé la responsabilité partagée au centre de sa vision. Pour elle, l’efficacité de l’action en faveur du monde du travail dépendra de la capacité de l’OIT et de ses partenaires à dialoguer, à décider et surtout à agir ensemble.
Afin de contribuer à l’amélioration des politiques de défense et de sécurité en Afrique de l’Ouest, le département d’histoire de l’Université Alassane Ouattara (UAO) de Bouaké en collaboration avec le laboratoire d’analyses et de recherches sur les sociétés et civilisations (LARSOC)organise, du 28 au 30 octobre 2026, un colloque international consacré aux enjeux sécuritaires dans la sous-région.
L’annonce de ce cet évènement a eu lieu, le jeudi 15 octobre 2026 lors d’une conférence de presse organisée par les membres du comité d’organisation. Cette rencontre scientifique, qui est à sa première édition se tiendra au campus 2 de l’institution universitaire, et entend réunir des enseignants-chercheurs, des doctorants, des experts et des professionnels des forces de défense et de sécurité autour de réflexions susceptibles de contribuer au développement et à la stabilité des États. Face aux défis sécuritaires auxquels sont confrontés plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, l’Université Alassane Ouattara entend apporter sa contribution à la recherche de solutions durables. Placé sous le thème « La défense et la sécurité en Afrique de l’Ouest », ce colloque vise notamment à analyser les politiques sécuritaires mises en œuvre dans la sous-région, à identifier leurs limites et à proposer des pistes d’amélioration adaptées aux réalités du terrain. L’objectif est de faire de la sécurité non pas un frein, mais un véritable levier du développement économique et social.
Selon le docteur Traoré Siaka, enseignant-chercheur au département d’histoire et président du comité d’organisation, cette initiative répond à la nécessité de rapprocher les réflexions universitaires des réalités vécues par les acteurs de la sécurité. « La sécurité est l’un des piliers du développement », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de mettre les résultats de la recherche scientifique au service des pouvoirs publics afin de contribuer à une meilleure orientation des politiques sécuritaires.
L’une des principales particularités de cette rencontre réside dans la participation des professionnels des forces de défense et de sécurité aux côtés des universitaires. Pour cette première édition, des experts de la gendarmerie nationale, de la police nationale et des forces armées de Côte d’Ivoire sont attendus pour animer des panels et échanger avec les chercheurs. Cette démarche vise à favoriser un dialogue entre les connaissances scientifiques et les expériences opérationnelles, dans l’optique d’une meilleure compréhension des problématiques sécuritaires. Il s’agira également de confronter les doctrines et les pratiques professionnelles aux analyses des chercheurs, afin de dégager des recommandations susceptibles d’améliorer les réponses apportées aux différentes menaces. Au total, 90 communications ont été retenues à l’issue d’un processus de sélection ayant porté sur plus de 150 propositions. Elles seront présentées par des enseignants-chercheurs, des doctorants et des experts de la défense et de la sécurité, issus de Côte d’Ivoire, de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, ainsi que d’Europe et du Canada. Les travaux s’articuleront autour de cinq axes principaux : la gouvernance, la défense et la sécurité en Côte d’Ivoire et en Afrique de l’Ouest face aux crises du XXIe siècle ; les crises sécuritaires et la recomposition des espaces socio-économiques ; les réponses non militaires et le développement sécuritaire ; les expériences antiques et médiévales en dialogue avec les défis sécuritaires ouest-africains contemporains ; ainsi que les conséquences socio-économiques et humanitaires des crises sécuritaires en Afrique de l’Ouest.
De son côté, Dr Elisabeth Yao, maître assistant au dépassement d’histoire, a lancé un appel aux autorités locales afin de les soutenir dans l’organisation de ce grand rendez-vous scientifique. Elle a remercié les coordonnateurs du colloque dont l’honorable Paul Dakuyo, Député de Bouaké commune et le Sénateur Traoré Bamoudien pour leur soutien.
Le Cabinet de recherche en philosophie et en haute spiritualité (CRPHS) a officiellement ouvert ses portes le samedi 10 octobre 2026, au quartier Nicla de Guiglo. Cette nouvelle structure ambitionne de rapprocher la philosophie et la spiritualité afin de contribuer à l’épanouissement intellectuel et spirituel des populations.
La commune de Guiglo enrichit son paysage intellectuel et spirituel avec l’ouverture du Cabinet de recherche en philosophie et en haute spiritualité (CRPHS). Initiée par Gogbé Simon, qui en assure également la direction, cette structure entend offrir aux populations un cadre de réflexion, d’apprentissage et de ressourcement philosophique et spirituel. La cérémonie inaugurale s’est déroulée au quartier Nicla, en présence de plusieurs personnalités, notamment le sixième adjoint au maire de Guiglo, Ouattara Do Mamadou, et le pasteur Droh Alain. À travers cette initiative, le fondateur du cabinet entend sortir la philosophie du cadre strictement scolaire pour la rendre accessible à un public plus large. Pour lui, la réflexion philosophique et la quête spirituelle constituent deux dimensions complémentaires du développement humain. « Il y a longtemps que la philosophie est restée cloîtrée dans les classes. Je veux la faire sortir des salles de classe. Au-delà, l’âme a besoin d’être nourrie spirituellement », a expliqué Gogbé Simon, soulignant ainsi la vision qui sous-tend la création de cette structure. Le CRPHS se veut donc un espace ouvert aux personnes désireuses d’approfondir leurs connaissances philosophiques et spirituelles, tout en développant leur capacité de réflexion sur les questions existentielles et sociales. Un outil au service du développement de Guiglo Présent à cette cérémonie, le sixième adjoint au maire de Guiglo, Ouattara Do Mamadou, a exprimé sa satisfaction quant à l’implantation de cette nouvelle structure dans la commune. Il a notamment insisté sur l’importance de la formation intellectuelle et spirituelle dans la construction d’une société harmonieuse. « L’ouverture de ce cabinet vient opportunément nous rappeler une vérité fondamentale : il n’y a pas de développement matériel durable sans un développement spirituel et intellectuel solide. Nos populations ont besoin de philosophie et de spiritualité pour vivre en harmonie avec elles-mêmes et dans la société », a-t-il soutenu. L’élu municipal a également invité les populations, toutes générations confondues, à fréquenter ce cabinet afin de tirer profit des enseignements et des réflexions qui y seront proposés. La cérémonie a été marquée par une prière de bénédiction prononcée par le pasteur Droh Alain, avant l’ouverture officielle des locaux. Avec la mise en place du CRPHS, son initiateur nourrit l’ambition de faire de Guiglo un espace où la réflexion philosophique et la quête spirituelle contribuent davantage à la formation de citoyens éclairés et à la promotion du vivre-ensemble. Tino De Béthanie
CI-ENERGIES entend améliorer les conditions de vie des populations affectées par le projet d’aménagement hydroélectrique de Gribo-Popoli, à travers un ensemble d’infrastructures sociales évaluées à 1,02 milliard de FCFA. C’est l’un des principaux enjeux de la rencontre de concertation tenue, mercredi, à la préfecture de Méagui, dans le cadre de la mise en œuvre du Plan de gestion environnementale et sociale (PGES) du projet.
Cette rencontre a permis aux responsables de CI-ENERGIES, aux services techniques de l’État et aux représentants des communautés concernées d’échanger sur les engagements sociaux prévus et les modalités de leur réalisation. Dans le département de Méagui, quatre localités sont concernées par ce programme : Gastonpleu, Amonkro, Gnakoragui et Mossikro.
Le PGES poursuit deux objectifs essentiels : proposer des mesures destinées à éviter, réduire ou compenser les impacts du projet sur l’environnement, tout en contribuant à l’amélioration du cadre de vie des populations affectées.
Dans cette perspective, plusieurs réalisations sont envisagées. Au niveau de l’électricité, Gastonpleu et Amonkro sont concernés par le raccordement au réseau électrique, tandis qu’une extension du réseau est prévue à Gnakoragui.
En matière d’accès à l’eau potable, la construction de forages est annoncée à Gastonpleu, Amonkro et Gnakoragui. À Mossikro, il est prévu la réalisation d’un forage d’adduction en eau potable.
Le volet éducation prévoit, quant à lui, la construction de sept salles de classe pour les localités de Gastonpleu et Amonkro, ainsi que de six salles de classe à Gnakoragui. À cela s’ajoute, pour cette dernière localité, la construction d’un foyer polyvalent intégrant des bureaux pour la chefferie. Dans le domaine sanitaire, un don de matériels et d’équipements est également prévu au profit de l’Hôpital général de Méagui.
Au cours des échanges, les responsables de CI-ENERGIES ont expliqué que les besoins identifiés lors des études d’impact environnemental et social doivent être actualisés, plusieurs années s’étant écoulées depuis leur réalisation. Cette démarche nécessite une concertation avec les services techniques compétents, notamment ceux de la Santé et de l’Éducation nationale, afin de tenir compte de l’évolution des besoins sur le terrain.
Selon les explications fournies, le chronogramme détaillé des réalisations sera établi à la suite de ce travail de diagnostic et des échanges avec les différentes parties prenantes. Certaines interventions, notamment celles relatives à l’extension et au raccordement au réseau électrique, sont toutefois déjà en cours.
CI-ENERGIES a également précisé que d’éventuelles modifications des réalisations initialement envisagées ne remettraient pas en cause la vocation des budgets affectés. Ainsi, les ressources prévues pour un secteur resteraient consacrées à des actions relevant de ce même domaine, en fonction des besoins actualisés. Dans l’éducation, par exemple, le financement initialement destiné à des salles de classe pourrait être réorienté vers la construction de logements pour les enseignants ou l’acquisition d’équipements scolaires.
La mise en œuvre des infrastructures nécessitera par ailleurs la participation des communautés, notamment pour l’identification et la mise à disposition des espaces devant accueillir les différentes constructions.
Si les précisions apportées ont permis de clarifier les prochaines étapes, les représentants des populations ont surtout exprimé leur souhait de voir les engagements annoncés se traduire rapidement en réalisations concrètes.
Ils ont particulièrement insisté sur les difficultés rencontrées par les élèves, les problèmes d’accès à l’eau potable et l’attente liée à la mise en service effective des raccordements électriques.
L’accès à l’eau demeure une préoccupation majeure pour les habitants, notamment pour les femmes qui, selon les témoignages recueillis au cours de la rencontre, parcourent de longues distances pour s’approvisionner dans les marigots. Une situation qui devient plus difficile en saison sèche.
Sur le plan éducatif, les représentants des communautés ont plaidé pour une accélération de la construction des salles de classe promises, afin d’offrir aux enfants de meilleures conditions d’apprentissage.
Concernant l’électricité, ils ont indiqué que les travaux de raccordement engagés ne se sont pas encore traduits par un accès effectif au service dans certaines localités. Ils ont ainsi appelé à l’achèvement des démarches dans les meilleurs délais.
Les populations ont également insisté sur la nécessité de respecter les engagements pris, afin que les retombées sociales du projet bénéficient effectivement aux communautés concernées.
À travers cette rencontre, CI-ENERGIES entend renforcer le dialogue avec les populations impactées et préparer la mise en œuvre des mesures prévues dans le PGES. Avec une enveloppe annoncée de 1,02 milliard de FCFA, les attentes sont désormais tournées vers l’actualisation des besoins, l’établissement du chronogramme et la concrétisation des infrastructures destinées à améliorer durablement les conditions de vie à Gastonpleu, Amonkro, Gnakoragui et Mossikro.